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Les rebelles du Yémen tirent des missiles contre les Émirats et l’Arabie

Des bâtiments détruits par des bombardements.

Des bâtiments détruits par des frappes aériennes de la coalition dirigée par l'Arabie saoudite lors d'une autre attaque, celle-là à Sanaa, le 18 janvier 2022.

Photo : Associated Press / Hani Mohammed

Agence France-Presse

Les rebelles houthis au Yémen ont tiré lundi des missiles balistiques contre les Émirats arabes unis et l'Arabie saoudite, en réponse à une frappe aérienne qui a causé la mort de plus de 70 personnes à Saada, dans le nord du pays, vendredi.

L'Arabie saoudite et les Émirats font partie d'une coalition qui intervient depuis 2015 au Yémen pour appuyer militairement le pouvoir face aux Houthis, soutenus par l'Iran, grand rival régional du royaume saoudien.

Les trois pays se trouvent dans la péninsule arabique. Le Yémen est frontalier de l'Arabie saoudite, et la capitale des Émirats, Abou Dhabi, est située à quelque 1500 kilomètres de Sanaa, la capitale yéménite contrôlée par les Houthis.

Riyad et Abou Dhabi ont condamné lundi les attaques des rebelles.

Lancés à quelques heures d'intervalle, les nouveaux tirs des Houthis sont intervenus après une frappe aérienne attribuée à la coalition contre une prison à Saada, bastion des Houthis dans le nord du Yémen.

Les Houthis ont revendiqué les tirs et menacé d'intensifier leurs attaques. Les rebelles ont dit qu'ils pourraient cibler les institutions militaires et économiques des Émirats si ceux-ci continuaient leur ingérence au Yémen.

« Nous sommes prêts à répondre à l'escalade par l'escalade. »

— Une citation de  Yahya Saree, porte-parole militaire des rebelles, dans une déclaration télévisée

Les Émirats et l'Arabie saoudite appellent les États-Unis à replacer les rebelles sur la liste américaine des organisations terroristes, dont ils avaient été retirés l'année dernière pour éviter de compliquer le travail des humanitaires au Yémen.

La coalition a en revanche nié toute responsabilité dans la frappe contre la prison à Saada. Les ONG internationales et les rebelles ont accusé la coalition, maître de l'espace aérien du Yémen.

Des patients sont couchés sur des civières dans un hôpital.

La frappe aérienne contre la prison de Saada, le 21 janvier, a fait plus de 70 morts et plusieurs blessés.

Photo : Getty Images / AFP

Washington met en garde contre une « escalade préoccupante »

Washington a qualifié lundi d'escalade préoccupante les tirs de missiles rebelles, tandis que l'ambassadeur des Émirats dans la capitale américaine, Youssef Al-Otaiba, a déclaré dans un tweet que la coopération étroite entre son pays et les États-Unis avait aidé à repousser une nouvelle série d'attaques terroristes des Houthis [lundi] matin aux Émirats.

« Les défenses antiaériennes des Émirats ont intercepté et détruit deux missiles balistiques lancés par le groupe terroriste houthi. [...] L'attaque n'a pas fait de victimes, et les débris des missiles détruits sont tombés autour d'Abou Dhabi. »

— Une citation de  Le ministère de la Défense des Émirats arabes unis

Selon le porte-parole du commandement central de l'armée américaine (CENTCOM), les forces américaines stationnées sur la base aérienne d'Al-Dhafra, à Abou Dhabi, ont aidé les Émirats à intercepter les deux missiles balistiques lancés aux premières heures du matin le 24 janvier 2022 par les Houthis en tirant plusieurs missiles Patriot.

Les forces américaines étaient en état d'alerte au moment de l'attaque, la deuxième en une semaine. Nous sommes prêts à répondre en cas de nouvelles attaques contre la base d'Al-Dhafra, où près de 2000 soldats et membres du personnel militaire sont stationnés, selon le communiqué du CENTCOM.

Toujours à Abou Dhabi, l'ambassade des États-Unis, pays allié des Émirats et de l'Arabie saoudite, a appelé les Américains à observer un haut niveau de vigilance.

Récents échanges de tirs

Quelques heures plus tôt, en pleine nuit, les autorités saoudiennes ont fait état de deux personnes blessées par un missile balistique tiré par les Houthis contre la ville de Jazane. Un autre missile tiré vers Dhahran Al-Janoub a été intercepté.

En réaction, la coalition a indiqué avoir détruit une plateforme de lancement de missiles balistiques dans la région d'Al-Jawf dans le nord du Yémen, contrôlé en grande partie par les Houthis.

Le lundi 17 janvier, les Houthis ont revendiqué une attaque de drones et de missiles contre des installations pétrolières et l'aéroport d'Abou Dhabi, qui a fait trois morts.

Ils ont ensuite menacé de lancer de nouvelles attaques contre les Émirats en appelant les civils et les compagnies étrangères à éviter les sites vitaux dans ce pays.

Les Houthis ont mené ces dernières années de multiples opérations contre l'Arabie saoudite, mais l'attaque du 17 janvier était la première reconnue par les Émirats sur leur sol.

Elle a été suivie par une série de frappes aériennes de la coalition contre des régions tenues par les rebelles au Yémen.

L'une des frappes a fait 14 morts à Sanaa, et une autre trois morts – des enfants –à Hodeida, par où transite la majeure partie de l'aide internationale destinée au Yémen.

La multiplication des attaques des Houthis contre les Émirats, richissime pays du Golfe qui tient à sa réputation d'oasis de paix au Moyen-Orient, ouvre une nouvelle page dans la guerre du Yémen déclenchée en 2014.

En plus de sept ans de guerre, toutes les parties au conflit ont été accusées de crimes de guerre par des experts de l'ONU. Mise en cause pour de multiples bavures, la coalition a reconnu des erreurs, mais accuse les rebelles d'utiliser les civils comme boucliers humains.

L'ONU tente en vain depuis plusieurs années de mettre fin à ce conflit dévastateur qui a fait, selon elle, 377 000  morts et poussé une population de 30 millions d'habitants au bord de la famine au Yémen, pays le plus pauvre de la péninsule arabique.

L'Iran dément fournir des armes aux Houthis comme l'en accusent Saoudiens et Américains.

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