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Plus d’un million de morts liées à la résistance aux antibiotiques en 2019

Des bactéries dans un laboratoire.

Les bactéries sont de plus en plus résistantes aux antibiotiques.

Photo : iStock

Radio-Canada

Environ 1,3 million de personnes sont décédées dans le monde en 2019 à la suite d'infections causées par des bactéries résistantes aux antibiotiques, montre l’étude la plus exhaustive menée sur la question à ce jour.

La résistance aux antimicrobiens se développe lorsque des microorganismes comme des bactéries, des virus ou des champignons résistent aux antimicrobiens qui devraient habituellement les tuer. Cette résistance se renforce lorsque des antimicrobiens sont utilisés de manière inutile chez les humains.

Les antibiotiques, chargés de traiter les infections causées par des bactéries, sont les antimicrobiens les plus communs.

L'étude publiée dans The Lancet (Nouvelle fenêtre) (en anglais) est le fruit d'une collaboration internationale menée dans 204 pays et dirigée par des scientifiques américains de l'Université de Washington. Ces travaux ont permis d’analyser 23 agents pathogènes et 88 combinaisons agent pathogène-médicament.

Ces chercheurs estiment que jusqu'à 5 millions de personnes sont mortes en 2019 de maladies dans lesquelles la résistance aux antimicrobiens a joué un rôle. De ce nombre, elle a été directement associée à 1,27 million de décès.

Régionalement, nous estimons que le taux de mortalité tous âges confondus attribuable à la résistance était le plus élevé en Afrique subsaharienne, avec 27,3 décès pour 100 000, et le plus faible en Australasie (Australie, Nouvelle-Zélande), avec 6,5 décès pour 100 000 personnes, note la collaboration.

Les infections des voies respiratoires inférieures représentent plus de 1,5 million de décès associés à la résistance en 2019, et sont les plus mortelles.

Ces nouvelles données révèlent l'ampleur réelle de la résistance aux antimicrobiens dans le monde et constituent un signal clair que nous devons agir maintenant pour combattre la menace, note dans un communiqué le Pr Chris Murray, de l’Université de Washington.

Six principaux agents pathogènes sont responsables du grand nombre de décès associés à la résistance aux antimicrobiens, notamment l'Escherichia coli, Staphylococcus aureus et Streptococcus pneumoniae.

Repères

  • Entre 1980 et 2000, pas moins de 63 antibiotiques ont été approuvés pour un usage clinique.
  • Entre 2000 et 2018, seuls 15 antibiotiques ont été approuvés.
  • Des vaccins ne sont disponibles que pour deux des sept bactéries les plus résistantes aux médicaments (pour Streptococcus pneumoniae et Mycobacterium tuberculosis).

Si tout le monde est exposé à la résistance aux antibiotiques, nos données montrent que les jeunes enfants sont particulièrement touchés. En 2019, un décès sur cinq attribuable à la résistance est survenu chez des enfants de moins de cinq ans, souvent à cause d'infections auparavant traitables, notent les chercheurs dans le communiqué.

Jusqu’à aujourd’hui, des estimations de l'impact de la résistance aux antimicrobiens sur la santé ont été publiées pour plusieurs pays et régions pour un petit nombre de combinaisons d'agents pathogènes et de médicaments. Aucune estimation à l’échelle planétaire n'avait été réalisée avec un large éventail d'agents pathogènes et de combinaisons de médicaments.

Les chercheurs estiment qu’il est urgent d’investir dans de nouveaux traitements et d'améliorer les mesures de contrôle des infections. Ils rappellent que l'utilisation optimisée des antibiotiques reste la mesure essentielle pour contrôler la résistance aux antimicrobiens.

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