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Environnement de travail toxique à la police d’Ottawa : « beaucoup de travail à faire »

Une voiture du Service de police d'Ottawa, photographiée dans la rue en hiver.

Une voiture du Service de police d'Ottawa, photographiée dans la rue en hiver (archives)

Photo : La Presse canadienne / Justin Tang

Radio-Canada

La direction du service de police de la capitale fédérale assure que « tout est fait » pour s'attaquer aux multiples problèmes qui enveniment le climat au sein de la police.

Diane Deans, présidente de la Commission des services policiers d’Ottawa, affirme que les autorités ont pris les devants. Elle soutient que du travail a déjà été accompli, et que des engagements ont été pris avant même la présentation des conclusions d’un rapport accablant sur les relations de travail internes.

« Beaucoup de temps, d’argent et d’énergie ont été investis jusqu’à présent dans cette démarche parce que nous sommes convaincus que nous devons faire mieux, et nous voulons nous améliorer. »

— Une citation de  Diane Deans, présidente de la Commission des services policiers d’Ottawa

Le statu quo n’est pas acceptable, soutient le chef de la police d’Ottawa Peter Sloly. Aucun employé ne devrait travailler dans un environnement qu’il juge malsain, dit-il.

Le chef de la police déclare que le service a fait appel à toute l’aide nécessaire pour changer la culture interne et mieux former les policiers et le personnel civil.

Peter Sloly pose devant un drapeau de la police d'Ottawa.

Le chef du Service de police d'Ottawa, Peter Sloly (Archives)

Photo : Radio-Canada / Jean Delisle

Il précise qu’un groupe de travail incluant des experts, des avocats et des victimes, a déjà été mis en place pour éradiquer cette culture. De la formation est aussi donnée au sein des membres du SPO pour encourager la dénonciation.

Le grand patron du service de police promet que les efforts vont se poursuivre tant que nous n’aurons pas atteint le haut niveau souhaité .

« Tous [les employés] devraient se sentir soutenus, appuyés, protégés et respectés au travail. »

— Une citation de  Peter Sloly, chef de la police d'Ottawa

La direction du corps policier dit également être bien au fait de la frustration de la communauté, qui souhaite établir avec elle un meilleur dialogue. Elle indique que des démarches sont entreprises pour déterminer comment améliorer la communication.

Diane Deans explique se pencher là-dessus. Elle est consciente que les réunions de la Commission des services policiers ne sont pas propices à des échanges en profondeur avec la communauté. C’est pourquoi elle songe à plusieurs alternatives, notamment à la préparation de tables rondes pouvant permettre des débats entre les parties.

Inquiétude et exaspération

Josée Guindon, gestionnaire du Centre d'aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS) francophone d’Ottawa, s’indigne. Elle affirme que jamais la police d’Ottawa n’a contacté [son organisme] pour soutenir les policières et autres travailleurs victimes d’agression sexuelle.

Elle s'inquiète aussi. Inclure des survivants dans un processus de consultation et de résolution de problème et de recherche d’un plan d’action, c’est excellent dit-elle. Sauf que ça dépend à quel stade la survivante est rendue.

Josée Guindon précise que la survivante ne peut faire partie d’un tel groupe de consultation si elle a encore besoin d’aide.

L'intervenante rappelle que son organisme parle à la police chaque semaine. Et à chaque semaine on fait des recommandations. C’est toujours dans un sens : on ne reçoit rien de la police. Elle conclut en disant qu’il est temps que le service de police passe à l’action.

Rapport accablant

Le rapport d'évaluation en milieu de travail, rendu public la semaine dernière, a été commandé conjointement par la Commission de services policiers et par le Service de police d'Ottawa (SPO) dans le cadre de leurs efforts pour lutter contre la violence et le harcèlement sexuel au travail.

Le cabinet Rubin Thomlinson LLP a été embauché pour mener cette enquête, en 2020.

Le cabinet d'avocats a mené 116 entretiens avec des officiers et des employés civils. Cette analyse a mené à la présentation de 18 recommandations.

Les conclusions sont troublantes : les employés du SPO ont déclaré à un enquêteur indépendant que la culture en milieu de travail de la police continue de les pénaliser pour avoir signalé le mauvais comportement de leurs collègues, que les femmes sont considérées comme des objets sexuels et que les agents racialisés sont injustement considérés pour des comportements similaires à ceux de leurs homologues blancs.

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