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Baisse de 52 % des demandes d’admission aux programmes en français de la Laurentienne

Université Laurentienne

Les compressions à l'Université Laurentienne ont un impact important sur les communautés francophones ontariennes, selon plusieurs observateurs.

Photo : Radio-Canada / Yvon Theriault

Les demandes d'admission pour les programmes en français en provenance des élèves du secondaire ontariens ont diminué de moitié par rapport à l’année précédente, selon un rapport présenté la semaine dernière au Sénat de l’Université Laurentienne.

Dans son rapport, le recteur de l’établissement, Robert Haché, note que les programmes en anglais se portent un peu mieux, avec une baisse de 42 % pour la même période.

Pour l'ensemble des programmes, sans distinction pour la langue, la baisse des demandes d'admission est d'environ 43 %.

Les étudiants internationaux et ceux qui n’arrivent pas directement du secondaire n’ont pas de date limite et la plupart des demandes pour ces catégories arrivent plus tard, souligne le recteur.

M. Haché indique que la baisse est décevante, mais pas inattendue, en raison de la restructuration en cours à l'Université depuis bientôt un an.

L’Université Laurentienne est sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies depuis le 1er février 2021.

L’établissement a demandé la semaine dernière une nouvelle prolongation de la période de protection, au-delà du 31 janvier.

Il ajoute que le bureau des admissions et les équipes de recrutement concentreront leurs efforts pour s’assurer qu’un grand nombre d’étudiants qui ont fait une demande d’admission confirment leur inscription.

Perte de confiance

La diminution des demandes d’admission ne surprend pas François Hastir, directeur général du Regroupement étudiant franco-ontarien (RÉFO).

On le voyait venir, considérant la crise et la façon dont les programmes francophones ont été particulièrement impactés, déclare-t-il.

Il affirme qu’en plus des nombreux programmes en français qui ont été supprimés, ceux qui existent encore ont une offre de choix de cours moins intéressante.

« On peut très bien comprendre que dans ce contexte-là, les étudiantes et les étudiants n’ont pas nécessairement envie de choisir l’Université Laurentienne comme premier choix. »

— Une citation de  François Hastir, directeur général du Regroupement étudiant franco-ontarien

Les étudiantes et étudiants, et la communauté n’ont plus confiance en cette institution pour défendre la vitalité franco-ontarienne, je pense que les chiffres le démontrent très clairement, constate M. Hastir.

Un homme devant des écrans d'ordinateurs

François Hastir, directeur général du Regroupement étudiant franco-ontarien

Photo : Radio-Canada

C’est pour ça qu’il est très important qu’on s’en aille vers une autre option, ajoute-t-il. On a devant nous une autre institution, qui est l’Université de Sudbury, qui répond aux besoins de la communauté et qui demande de recevoir des fonds pour démarrer ses activités.

Le message est le même du côté de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO).

L'avenir de l'enseignement universitaire de langue française dans le Moyen-Nord passe désormais par l'Université de Sudbury, a déclaré le président de l’AFO, Carol Jolin, dans un communiqué paru lundi, pressant le gouvernement d’agir.

« Le message est clair : notre jeunesse franco-ontarienne a perdu confiance en la Laurentian University. »

— Une citation de  Carol Jolin, président de l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario

Depuis février 2021, le gouvernement de Doug Ford indique ne pas pouvoir intervenir tant que la Laurentienne est sous la protection des tribunaux. En décembre, la province fait volte-face et annonce son intention de devenir le débiteur-exploitant de l'établissement d'éducation.

Celui-ci s’inquiète des impacts supplémentaires d’une prolongation de la restructuration. La Laurentienne compte d'ailleurs demander cette semaine une troisième prolongation de cette période jusqu'au 31 mai 2022.

« C’est d’autant plus inquiétant que, parce que plus on attend dans ce dossier-là, plus ça va prendre de temps pour réparer les dommages. »

— Une citation de  François Hastir, directeur général du Regroupement étudiant franco-ontarien

Le directeur général du RÉFO cite la perte de plusieurs professeurs et experts, mais aussi le risque de voir moins de jeunes francophones de la région étudier en français au niveau postsecondaire.

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