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L’Américain accusé d’avoir effectué le passage de clandestins remis en liberté

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Steve Shand, arrêté aux États-Unis et accusé de passage de clandestins, a comparu en vidéoconférence lundi.

Photo :  Facebook

Radio-Canada

Steve Shand, 47 ans, a comparu en visioconférence devant une juge du Minnesota lundi après-midi. Cette dernière, Hildy Bowbeer, a autorisé sa remise en liberté.

L’homme est accusé d’avoir fait passer clandestinement des migrants à la frontière canado-américaine. Ce stratagème périlleux a coûté la vie à quatre personnes, dont un bébé.

Résident de Deltona, en Floride, Steve Shand fait face à des accusations d’avoir transporté ou d’avoir tenté de transporter des étrangers se trouvant illégalement au Canada.

L'homme demeure toutefois en détention, le temps que les autorités organisent son transport vers son État d'origine. Il doit également signer les documents sur les conditions de sa libération en attendant la suite des procédures judiciaires.

M. Shand doit remettre tous ses documents de voyage et rester dans son État, à l'exception de possibles déplacements au Minnesota pour comparaître en cour.

À l'heure actuelle, aucune autre date d'audience n'a été annoncée.

Steve Shand a également renoncé à son droit à une audience préliminaire.

En plus de sa libération conditionnelle, il devra, entre autres, se soumettre à une évaluation de son état mental dans les 60 prochains jours. Il sera également placé sous la supervision de la justice en Floride, qui devra approuver l'endroit où il compte habiter.

Il ne pourra pas être en possession d'armes à feu ou d'armes et ne pas entrer en contact avec les proches des victimes ou des témoins.

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Un champ près d'Emerson, au Manitob,a à environ 2 kilomètres de l'endroit où les corps ont été retrouvés.

Photo : Radio-Canada / Trevor Lyons

Une famille décimée

Les victimes, possiblement une famille originaire d’Inde, sont mortes de froid. Elles ont été retrouvées à quelques mètres de la frontière, du côté canadien, près de la ville d’Emerson, au Manitoba.

Les enquêteurs pensent que les victimes faisaient partie d’un groupe plus important de migrants qui tentaient de se rendre aux États-Unis en passant par le Canada.

Leurs corps ont été retrouvés mercredi, peu après que des agents du contrôle frontalier des États-Unis eurent intercepté, du côté américain, une camionnette transportant notamment deux ressortissants indiens sans-papiers.

À peu près au même moment, des agents ont rencontré un autre groupe de cinq migrants, dont un qui les a informés que leur groupe avait marché dans la neige et dans un froid glacial pendant 11 heures.

Des procédures d'expulsion en cours

Un porte-parole du Service des douanes et de la protection des frontières des États-Unis, Kris Grogan, a indiqué par courriel lundi soir que tous les migrants qui sont entrés de manière illégale aux États-Unis font l'objet d'une procédure administrative d'expulsion et/ou d'une procédure d'expulsion en vertu de la Loi américaine sur l'immigration et la nationalité.

Une seule femme a été admise à l'hôpital le 19 janvier à cause de ses blessures. J'ai entendu dire qu'elle allait mieux.

Un homme a reçu des soins à la suite de ses blessures puis libéré le même jour, a ajouté M. Grogan.

Opération de grande ampleur

Le département américain de la Justice affirme que les décès sont probablement liés à des opérations de passage de clandestins, un phénomène qui fait partie du quotidien autour de la frontière au sud des États-Unis, mais très rare au nord.

Steve Shand a été intercepté dans une zone rurale, sur une route de terre, éloignée de tous services, résidences ou points d’entrée au Canada, indiquent des documents judiciaires.

Il se déplaçait en voiture à travers de la poudrerie. La météo était extrêmement mauvaise, avec des vents forts, de la poudrerie et des températures inférieures à -34 °C.

La preuve présentée dans les documents montre également que le groupe n’était pas le premier à avoir réalisé ce chemin périlleux. Deux fois en décembre et une fois en janvier, les agents du contrôle douanier ont retrouvé des traces de bottes dans la neige, soit avant que la camionnette de Steve Shand ne soit arrêtée.

Le 12 janvier, des agents ont trouvé des empreintes qui correspondaient à la marque des bottes portées par cinq des sept personnes arrêtées, indiquent les documents.

Vers le 12 décembre et le 22 décembre deux groupes de quatre personnes ont semblé avoir traversé la frontière américaine à pied et avoir été pris en charge par quelqu'un dans un véhicule.

Lors du premier incident, des agents de la GRC ont trouvé un sac à dos à un endroit au Manitoba que l'on croit être le point de chute et qui contenait une étiquette indiquant le prix en roupies indiennes.

Un dossier judiciaire de la Floride datant de 2018 révèle que Steve Shand, un citoyen américain naturalisé originaire de la Jamaïque, a fait faillite ou en a fait la demande, il y a plus de trois ans. Il avait déclaré avoir des actifs d'une valeur de 193 343 $ et un passif de près de 160 000 $.

Il s’y décrivait comme un chauffeur d'Uber. Ses actifs de l’époque étaient constitués de deux véhicules, soit une Toyota SUV 2016 et une Honda Civic 2014, ainsi que d’une résidence unifamiliale d’une valeur de 161 957 $, située au centre de la Floride où il vivait. 

Les fonctionnaires consulaires se sont rencontrés la fin de semaine dernière, à Winnipeg, pour faire le suivi de l’enquête. Ils se sont également entraidés afin d'identifier les migrants et de retrouver les membres de leur famille. Dimanche, les victimes n’avaient pas encore été identifiées publiquement.

Avec les informations de La Presse canadienne et de Julien Sahuquillo

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