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Marc-Antoine Essiambre poursuit son combat judiciaire

La plage de Carleton-sur-Mer est l'un des endroits de la baie des Chaleurs où l'eau est plus chaude.

L'accident de Marc-Antoine Essiambre est survenu à la plage municipale de Carleton-sur-Mer en 2010 (archives).

Photo : Radio-Canada / Léa Beauchesne

Marc-Antoine Essiambre, ce jeune homme devenu partiellement quadriplégique à la suite d’un accident survenu à la plage municipale de Carleton-sur-Mer en 2010, entame de nouvelles démarches judiciaires. Alors que la Cour d’appel a rejeté sa requête en octobre, il demande désormais le retrait de la décision initiale, rendue il y a plus de deux ans.

La Cour supérieure indiquait, dans son jugement rendu le 15 août 2019, que les blessures subies par le jeune homme, âgé de 15 ans au moment des événements, n’étaient pas liées à une activité organisée ni à la qualité de l’eau, mais plutôt à un plongeon décidé par lui-même sur un coup de tête.

Ainsi, dans cette décision, le juge Simon Hébert lavait de toute responsabilité les trois organismes en cause dans cette affaire, soit la Ville de Carleton-sur-Mer, Justice alternative Gaspésie-Sud et la Coopérative de solidarité Écovoile Baie-des-Chaleurs.

« Tout aussi centrale à la question de négligence et de responsabilité était l'existence d'une roche ou autre obstacle à l'endroit de l'accident et la connaissance ou l'ignorance des défendeurs à cet égard. »

— Une citation de  Extrait du pourvoi des demandeurs en rétractation de jugement

Selon les demandeurs, les défendeurs, particulièrement la Ville de Carleton-sur-Mer, n'ont jamais admis l'existence de la roche/obstacle et ont administré une preuve qu'ils en ignoraient l'existence, peut-on lire dans les documents de cour.

Le 26 août 2010, Marc-Antoine Essiambre a plongé tête première dans l'eau à la plage municipale de Carleton-sur-Mer. Il avait alors subi une fracture à la colonne vertébrale qui l’a rendu paraplégique et partiellement quadriplégique.

L’adolescent était sur place pour participer à une activité de kayak organisée par Justice alternative Gaspésie-Sud et Écovoile Baie-des-Chaleurs. Il reprochait à Carleton-sur-Mer ainsi qu’aux deux autres organismes de ne pas avoir indiqué la présence d'obstacles dans l'eau et de ne pas avoir assuré une surveillance adéquate des lieux.

Sa requête s’élevait à 8 millions $.

Un ancien employé témoigne

Un ancien employé municipal, Jean-Pierre Quinton, s'est récemment manifesté à la suite d'une publication faite sur Facebook par le père de Marc-Antoine Essiambre, Rémi Essiambre.

Dans une déclaration solennelle jointe au dossier, M. Quinton rapporte qu'il avait lui-même prévenu le directeur des loisirs et du tourisme de l'époque, Guy Savoie, de la présence d’un rocher dans l'eau face à Écovoile.

Selon lui, cette mise en garde a été faite avant l'accident qui a blessé grièvement Marc-Antoine Essiambre.

Dans la requête, on peut ainsi lire que la Ville avait été avisée que cet obstacle représentait un risque de blessures pour les baigneurs et qu'elle avait été prévenue que la prudence commandait d'enlever cette roche avant qu'un accident ne survienne.

« Je sais personnellement que d'autres personnes se sont heurtées sur cette roche en se baignant et moi-même je me suis frappé la cheville sur cette roche aux environs de 2006-2007. »

— Une citation de  Extrait de la déclaration solennelle de l'ex-employé municipal Jean-Pierre Quinton.

La date du retour en cour dans ce dossier n'est pas encore connue.

Peu de réactions

Le recours, intenté avant les Fêtes, suscite peu de réactions pour le moment.

On a hâte de tourner la page sur ces tristes événements-là, mais le processus suit son cours. Les avocats de nos assureurs vont poursuivre les démarches, explique le maire de Carleton-sur-Mer, Mathieu Lapointe. L'élu n'a pas souhaité commenter davantage l'affaire puisqu'elle est toujours devant les tribunaux.

La firme d'avocats représentant Marc-Antoine Essiambre et sa famille, Tremblay Bois Mignault Lemay, n'a pas non plus accordé d'entrevue à Radio-Canada.

Un recours peu fréquent

Une requête comme celle déposée par les avocats représentant Marc-Antoine Essiambre et les membres de sa famille constitue un recours peu commun, puisqu’elle ne peut être faite que pour des motifs limités.

Le pourvoi en rétractation de jugement est notamment utilisé lorsque de nouvelles preuves sont découvertes à la suite d’un jugement et que ces nouveaux éléments auraient pu induire un verdict différent s’ils avaient été connus plus tôt.

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