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Des mineurs pris au piège par une attaque djihadiste contre une prison syrienne

Deux membres des Forces démocratiques syriennes (FDS) traversent une rue à la course à Hassaké, en Syrie, le dimanche 23 janvier 2022.

La progression des Forces démocratiques syriennes (FDS) et de la coalition menée par les États-Unis est ralentie par la présence de mineurs dans la prison de Ghwayran.

Photo : Getty Images / -

Agence France-Presse

Les combattants kurdes ont été déployés lundi en vue d'un assaut contre une prison attaquée par des djihadistes à Hassaké, en Syrie, suscitant de vives inquiétudes quant au sort de centaines de mineurs encore détenus.

Le 20 janvier, plus d'une centaine de djihadistes du groupe armé État islamique (EI) ont pris d'assaut la prison de Ghwayran avec des camions piégés et des armes lourdes. De violents affrontements ont suivi pendant plusieurs jours autour et au sein même de cette prison du nord-est syrien.

Selon un nouveau bilan établi lundi par l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), 154 personnes ont été tuées en cinq jours de combats entre forces kurdes et djihadistes, soit 102 djihadistes, 45 combattants kurdes et sept civils.

Près de 45 000 personnes ont fui leur domicile après l'assaut de la prison et les intenses combats qui ont suivi, selon l'ONU.

Fer de lance de la lutte contre l'EI, les Forces démocratiques syriennes (FDS), dominées par les Kurdes, et la coalition emmenée par les États-Unis ont consolidé leurs positions autour de la prison, en vue de mener un assaut, selon l'OSDH.

Mais leur progression est entravée par la présence de mineurs dans la prison, pris en otages et utilisés comme boucliers humains par les djihadistes, d'après un communiqué des FDS. Auparavant détenus dans un centre de réhabilitation, ces mineurs sont désormais enfermés dans un dortoir, ont-elles assuré.

Certains de ces mineurs, au nombre de 850, n'ont que 12 ans, selon le Fonds des Nations unies pour l'enfance (UNICEF), qui a appelé à les protéger et souligné le risque que les enfants soient blessés ou recrutés de force par l'EI.

Pour Sara Kayyali, chercheuse à Human Rights Watch (HRW), des enfants sont en effet pris au piège dans la prison, la plupart âgés entre 12 et 18 ans.

La chercheuse a indiqué avoir reçu un message vocal d'un mineur blessé à Ghwayran disant qu'il y a des cadavres partout.

« Les enfants encourent un risque considérable des deux côtés.  »

— Une citation de  Sara Kayyali, chercheuse Human Rights Watch (HRW)

La prison de Ghwayran, une ancienne école reconvertie en centre pénitentiaire il y a trois ans lors de la défaite de l'EI, était largement surpeuplée avant l'assaut, avec au moins 3500 djihadistes parmi les détenus selon l'OSDH.

Selon Nicholas Heras, du Newlines Institute à Washington, les évasions de prison représentent la meilleure opportunité pour l'EI de retrouver sa force et la prison de Ghwayran est une bonne cible car elle est surpeuplée.

Les Kurdes, qui contrôlent des régions du nord et nord-est de la Syrie, réclament en vain depuis des années le rapatriement de quelque 12 000 djihadistes de plus de 50 nationalités – européennes et autres – détenus dans leurs prisons.

Deux véhicules blindés sont stationnés dans une rue et des membres des Forces démocratiques syriennes (FDS) sont debout à l'arrière.

Des membres des Forces démocratiques syriennes (FDS) patrouillent les rues d'Hassaké à la recherche de fugitifs.

Photo : afp via getty images / -

Couvre-feu d'une semaine à Hassaké

Principal soutien des forces kurdes lors de leurs offensives contre l'EI, les forces de la coalition basées dans la région se sont massivement déployées à Hassaké.

Des hélicoptères de la coalition survolent la zone où se situe la prison, selon un correspondant de l'AFP sur place. Sur le terrain, les combattants kurdes multiplient les efforts pour retrouver des fugitifs.

Lundi, après un raid des forces kurdes, des djihadistes se sont rendus aux FDS, a assuré leur porte-parole Farhad Shami.

Les autorités kurdes ont décrété un couvre-feu complet à Hassaké et ses alentours pour sept jours à compter du 24 janvier, afin d'empêcher les membres de cellules terroristes de s'échapper.

Hormis ceux de première nécessité, les commerces doivent fermer.

Alors que le nord-est de la Syrie est en proie à un froid glacial, des civils habitant près de la prison ne savent plus où fuir.

Octogénaire, Hamcha Sweidan a confié à l'AFP : nous allions mourir de faim et de soif, mais maintenant nous ne savons pas où aller.

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