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Comment une petite ville s’adapte à l’interdiction du plastique à usage unique

Des contenants en plastiques et en styromousse contenant de la nourriture.

Les contenants en styromousse font partie des objets interdits par le règlement adopté par la Municipalité de Fort Frances. Certains types de plastiques sont encore permis.

Photo : CBC/Michael Wilson

Radio-Canada

En janvier 2021, Fort Frances, une petite ville du Nord-Ouest de l’Ontario, devient la première Municipalité de la province à interdire le plastique à usage unique. Un an plus tard, la transition vers des options plus écologiques semble s'être bien déroulée, malgré des problèmes d’approvisionnement qui compliquent la mise en application du règlement.

L’interdiction était officiellement entrée en vigueur le 1er janvier 2021, après avoir été repoussée d’un an pour donner le temps aux entreprises de s’adapter.

Le conseil municipal avait ensuite choisi de repousser l’application du règlement jusqu’au 30 juin dernier, en raison d’inquiétudes qui avaient été soulevées par quelques restaurateurs.

Le règlement municipal interdit l’utilisation de contenants en styromousse, les pailles en plastique et les sacs d’épicerie en plastique.

La Municipalité n’a pas attendu l’interdiction fédérale, qui devrait être en vigueur d’ici la fin de 2022.

Dans l'ensemble, le conseiller municipal Douglas Judson est fier de la façon dont les résidents ont réagi à l'interdiction.

Photo de Douglas Judson.

Le conseiller municipal de Fort Frances Douglas Judson

Photo : Twitter / Douglas Judson

Même au début, à la fin de l'année 2019, lorsque j'ai commencé à parler de l'idée, je suis allé à la Chambre de commerce, à l'Association de la zone d’amélioration commerciale, et je n'ai pas vraiment eu de réaction négative, a-t-il déclaré.

« Je pense que c'est un très bon exemple, aussi, de la façon dont les gouvernements locaux et les municipalités peuvent faire preuve de leadership sur des problèmes plus importants. »

— Une citation de  Douglas Judson, conseiller municipal de Fort Frances

Certains commerçants avaient déjà commencé à réduire l’utilisation du plastique à usage unique avant l’adoption du règlement municipal.

C’est le cas pour la propriétaire de l’hôtel et restaurant La Place Rendez-Vous, Sarah Noonan.

Elle avait cessé de donner des pailles en plastique, sauf si un client le demandait, depuis qu’elle s’était engagée à le faire lors d’une conférence à Toronto il y a plusieurs années.

Une photo de Sarah Noonan.

Sarah Noonan affirme que son restaurant a pu économiser en évitant de distribuer des dizaines de milliers de pailles chaque année.

Photo : La Place Rendez-Vous Hotel

Nous n'avons reçu pratiquement aucune plainte, a-t-elle déclaré à propos de l'initiative.

« Nous avons économisé des dizaines de milliers de pailles par an. C'était donc une solution facile. Vous faites quelque chose de bien pour l'environnement et vous n'avez plus besoin d'acheter ce produit. »

— Une citation de  Sarah Noonan, propriétaire de l'hôtel et restaurant La Place Rendez-Vous

Depuis un an, elle a remplacé les sacs en plastique par des sacs en papier et n’utilise plus de contenant en styromousse pour les plats à emporter.

Elle déplore toutefois un manque de clarté dans le règlement concernant l’utilisation, encore permise, d’autres types de contenant en plastique.

L'extérieur de l'hôtel et restaurant La Place Rendez-vous.

Mme Noonan a installé des distributeurs de savon et de shampoing dans les chambres de l’hôtel, pour remplacer les petites bouteilles en plastique.

Photo : Radio-Canada / Miguelle-Éloïse Lachance

Sarah Noonan affirme aussi que les problèmes d’approvisionnement des derniers mois lui compliquent la tâche.

Nous n'avons pas pu obtenir de sacs en papier pendant un certain temps, dit-elle. Cette histoire de chaîne d'approvisionnement est insensée. Après la tempête sur la côte ouest, même si nous voulions nous conformer, nous ne pouvions pas obtenir le produit.

Le changement est plutôt bien accepté par les consommateurs, estime Craig Sanders, propriétaire de l’épicerie indépendante The Place.

Bon, il y a quelques personnes qui se sont plaintes les premiers jours, mais ça n’a pas pris trop de temps avant que les gens se fassent à l’idée, raconte-t-il.

M. Sanders a trouvé un fournisseur de sacs compostables. Il les offre à ses clients, de même que des sacs en papier, pour un coût de 10 cents chacun.

« Les sacs en plastique nous coûtaient un peu plus de 2 cents. Les nouveaux nous coûtent 12 à 15 cents, selon qu'il s'agit de papier ou de plastique [compostable]. Nous avons donc instauré des frais. Et nous voyons que les gens apportent leurs propres sacs beaucoup plus souvent. »

— Une citation de  Craig Sanders, propriétaire de l’épicerie indépendante The Place

Avant l’application du règlement, il distribuait environ 1500 sacs d’épicerie en plastique chaque semaine.

Il estime que son commerce distribue maintenant entre 800 et 900 sacs en papier ou compostables de façon hebdomadaire, et la tendance à la baisse continue.

Une personne tient un sac réutilisable dans un marché.

De plus en plus de gens apportent leurs propres sacs.

Photo : iStock

Nadine Cousineau, une cliente de l’épicerie The Place, affirme qu’elle amenait déjà ces propres sacs la plupart du temps.

Elle souligne que les choses sont plus compliquées si elle les oublie, car l’épicerie manque parfois de sacs.

Ils sont souvent en rupture de stock. Alors, soit je remplis mon chariot de toutes mes courses, et je les mets dans mon véhicule. Ou bien j'achète un autre sac réutilisable… Et je connais pas mal de gens qui finissent par avoir une centaine de sacs réutilisables.

Assurer l’accessibilité pour les personnes avec des handicaps

Le règlement adopté par Fort Frances permet aux restaurants de distribuer sur demande des pailles en plastique, pour que les gens qui en ont besoin en raison d’un handicap y aient accès.

Nicole Pentney, une travailleuse sociale, avait écrit au conseil municipal en 2019 pour faire part de ses inquiétudes concernant l’impact de l’interdiction sur certaines personnes.

Mme Pentney a également déclaré qu'elle craignait que le fait d'obliger les gens à demander des pailles ne les stigmatise en amenant les autres à les considérer comme peu soucieux de l'environnement.

Nicole LaPine, une survivante d'un accident vasculaire cérébral, partage les préoccupations de Mme Pentney. Elle a déclaré à CBC News qu'elle ne va que dans les restaurants dont elle sait qu'ils offrent des pailles sur demande.

L’hôtel de ville de Fort Frances.

La Municipalité est prête à ajuster son règlement, si nécessaire.

Photo : Radio-Canada / Miguel Lachance

Le conseiller municipal Douglas Judson affirme que le règlement a été modifié pour trouver un compromis.

Il ajoute que le conseil est ouvert aux suggestions et commentaires pour rendre la communauté plus inclusive.

Avec les informations de Heather Kitching, de CBC

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