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Julian Assange est autorisé à saisir la Cour suprême britannique sur son extradition

Une personne tient une affiche sur laquelle se trouve le portrait de Julian Assange muselé par un drapeau américain.

Julian Assange est incarcéré dans une prison de haute sécurité près de Londres depuis deux ans et demi.

Photo : Reuters / Henry Nicholls

Agence France-Presse

La justice britannique a autorisé lundi le fondateur de WikiLeaks Julian Assange à demander à la Cour suprême de pouvoir y contester une décision autorisant son extradition vers les États-Unis, qui veulent le juger pour une fuite massive de documents.

Les juges de la Haute Cour ont précisé dans leur décision qu'il revenait au final à la Cour suprême, la plus haute juridiction du Royaume-Uni, de permettre ou non le recours de l'Australien de 50 ans.

En décembre, la Haute Cour avait annulé en appel la décision d'une juge qui avait refusé en première instance d'extrader Julian Assange vers les États-Unis où il est poursuivi pour la diffusion, à partir de 2010, de plus de 700 000 documents classifiés sur les activités militaires et diplomatiques américaines, en particulier en Irak et en Afghanistan.

Poursuivi notamment pour espionnage, il risque jusqu'à 175 ans de prison dans une affaire qui constitue, selon ses soutiens, une attaque gravissime contre la liberté de la presse.

Stella Moris est entourée de journalistes.

La fiancée de Julian Assange, l'avocate Stella Moris, s'est exprimée devant les journalistes lundi, une fois la décision de la cour tombée.

Photo : Associated Press / Alastair Grant

Notre combat se poursuit. Nous nous battrons jusqu'à ce Julian soit libre, a déclaré en sortant de la cour, souriante et visiblement soulagée, sa fiancée Stella Moris et mère de ses deux enfants.

Aujourd'hui, c'est une victoire partielle, mais la punition est maintenue pour Assange, détenu à la prison de Belmarsh depuis plus de 1000 jours, a déploré le rédacteur en chef de WikiLeaks, Kristinn Hrafnsson, évoquant des violations graves des droits de la personne. Il a dénoncé les poursuites américaines comme une attaque terroriste flagrante contre la liberté de la presse dans le monde.

Une question de traitement

La justice britannique avait initialement tranché en sa faveur il y a un an, lorsque la juge Vanessa Baraitser s'était opposée à la remise aux autorités américaines de Julian Assange, invoquant le risque de suicide.

Mais Washington avait remporté une victoire majeure en décembre, lorsque la Haute Cour avait annulé cette décision, estimant que les États-Unis avaient fourni des assurances répondant aux inquiétudes de la juge.

Les avocats de l'Australien avaient alors demandé à pouvoir s'adresser à la Cour suprême, ce que la Haute Cour les a autorisés à faire lundi, invoquant un point de droit à éclaircir concernant les assurances données par le gouvernement américain sur le traitement qui lui serait réservé. Ils ont désormais 14 jours pour saisir cette juridiction.

La décision a aussi été saluée par des dizaines de soutiens de Julian Assange, rassemblés devant la cour. Je n'ai pas de mots pour dire à quel point je suis soulagée, a réagi Sue Barnett, 61 ans, interrogée par l'AFP, tenant dans ses mains une pancarte demandant sa libération maintenant.

Incarcéré dans une prison de haute sécurité près de Londres depuis deux ans et demi, Julian Assange avait été arrêté par la police britannique en avril 2019 après avoir passé sept ans dans l'ambassade d'Équateur au Royaume-Uni où il s'était réfugié alors qu'il était en liberté sous caution.

Il craignait alors une extradition vers les États-Unis ou la Suède, où il faisait l'objet de poursuites pour viol, depuis abandonnées.

Au cours de l'audience en appel au sujet de son extradition fin octobre, les États-Unis avaient cherché à rassurer sur le traitement qui serait réservé au fondateur de WikiLeaks.

Washington a affirmé qu'il ne serait pas incarcéré à la prison de très haute sécurité ADX de Florence (Colorado), surnommée l'Alcatraz des Rocheuses – où sont notamment détenus en isolement quasi total des membres d'Al-Qaïda – et qu'il recevrait les soins cliniques et psychologiques nécessaires. Les Américains avaient aussi évoqué la possibilité qu'il puisse demander à purger sa peine en Australie.

Ces garanties avaient convaincu les juges britanniques, mais pas les proches de Julian Assange qui craignent pour sa santé mentale et physique.

L'Australien a reçu le soutien d'une quarantaine de députés français de tous bords qui ont plaidé pour qu'il puisse bénéficier de l'asile politique en France.

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