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Le golf provoque des discussions entre l’armée et les victimes d’inconduite sexuelle

Craig Baines parle aux médias devant un navire de la marine canadienne.

Le commandant de la Marine royale canadienne, le vice-amiral Craig Baines (archives).

Photo : La Presse canadienne / Andrew Vaughan

La Presse canadienne

Le commandant de la Marine royale canadienne, le vice-amiral Craig Baines, reconnaît avoir commis une erreur en jouant au golf avec l'ancien chef d'état-major de la Défense, Jonathan Vance, au moment où celui-ci faisait l'objet d'une enquête pour des cas présumés d'inconduite sexuelle.

L'officier espère pouvoir se racheter après la décision de l'actuel chef d'état-major de la Défense, le général Wayne Eyre, de ne pas le démettre de ses fonctions.

Le vice-amiral Baines veut que ses officiers puissent parler aux victimes d'inconduite sexuelle par l'entremise du groupe It's Not Just 700.

Ces conversations se déroulent sur une base personnelle. Le vice-amiral Baines a lui-même rencontré des victimes afin de savoir comment ses propres gestes et ceux d'autres officiers supérieurs de la marine ont pu les blesser.

La chose la plus importante – et je m'y suis engagé lors de mes rencontres –, c'est de poursuivre les conversations, a-t-il déclaré à La Presse canadienne. On ne va pas se contenter d'en parler pendant que ce sujet est toujours d'actualité. On ne reviendra pas aux anciennes manières. Nous allons changer la marine pour le mieux.

La co-présidente du groupe, Lori Buchart, dit que le vice-amiral a pris une mauvaise décision en allant jouer au golf avec Jonathan Vance. Toutefois, cette erreur a ouvert la porte à un véritable dialogue entre les victimes et la hiérarchie militaire.

Si certaines victimes ne sont pas heureuses de parler avec le vice-amiral Baines et les autres commandants, ces discussions ont permis à certaines autres victimes d'amorcer le processus de guérison, souligne Mme Buchart.

Mme Buchart espère que ces discussions apporteront un véritable changement au sein des Forces armées canadiennes.

Il faut trouver une façon d'avoir ces discussions. Il faut de bons commandants pour lancer la réconciliation et une voie pour permettre aux victimes de se rétablir, dit-elle. Quand on amorce ce processus, on commence à rétablir la confiance.

Discussions avec des victimes

Le 2 juin, Craig Baines s'est rendu à un club de golf de la région d'Ottawa pour y disputer une ronde avec celui qui était le vice-chef d'état-major de la Défense, le général Mike Rouleau, et leur ancien patron, Jonathan Vance. Le vice-amiral dit y être allé par amitié pour le premier et non en signe d'appui au second.

Vance a été accusé d'obstruction à la justice en juillet. Il nie tout délit.

Mike Rouleau a démissionné de son poste à peine deux semaines après cette ronde de golf. Il avait accepté la responsabilité d'y avoir invité Craig Baines.

J'aurais pu soutenir mon collègue, le général Rouleau, de plusieurs autres façons. Ce n'était pas la bonne façon de faire, reconnaît le vice-amiral. Je suis malheureux en constatant que j'ai pu blesser des victimes en jouant au golf avec Vance.

Portrait de Jonathan Vance.

Jonathan Vance, ancien chef de la Défense nationale, est visé par plusieurs allégations d'inconduite sexuelle (archives).

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Mme Buchart dit s'être interrogée après la décision du général Eyre de maintenir Craig Baines en fonction. Je me demandais qui il avait consulté au sein de la collectivité. Et quand il expliquait que c'était pour le bien de Baines, il ne disait pas que c'était pour le bien des Forces armées canadiennes et de leurs membres.

Elle avait écrit un courriel au général Eyre pour exprimer ses doutes. Moins d'une heure plus tard, le vice-amiral lui avait répondu, demandant une rencontre. Mme Buchart dit avoir accepté de lui parler uniquement après en avoir discuté avec des officiers, qui s'en sont montrés garants.

Quelques jours plus tard, au cours d'une conversation téléphonique, Craig Baines a reconnu ses torts.

Je lui ai dit qu'il avait pris une très mauvaise décision, raconte Mme Buchart. Mais ce n'était pas à moi de lui pardonner.

Le vice-amiral a accepté de participer à une séance de discussion en compagnie d'autres officiers de la marine et la direction du groupe It's Not Just 700.

Le vice-amiral a aussi rencontré des victimes à deux reprises. Selon Mme Buchart, ces rencontres ont eu un effet cathartique.

Un des participants a dit que ces six heures de discussion avec le vice-amiral Baines lui ont fait plus de bien que les 25 années de psychothérapie qu'il a faites.

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