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Des médecins de l’Estrie prêtent main-forte aux infirmières et aux préposées

Le dr est au chevet d'un patient.

Le Dr Louis-Charles Perrier-Ferland a prêté main-forte en prenant les signes vitaux des patients.

Photo : Radio-Canada / André Vuillemin

Radio-Canada

Des gestionnaires et des médecins prêtent main-forte aux infirmières et aux préposés sur le terrain depuis quelques fins de semaine dans les hôpitaux de l'Estrie.

Ce sont 46 médecins de la région qui se sont portés volontaires pour épauler les travailleurs de première ligne. Selon le CIUSSS de l'Estrie-CHUS, 58 quarts de travail ont été effectués par des médecins depuis le 8 janvier.

C'est le cas du Dr Louis-Charles Perrier-Ferland un gériatre de 29 ans qui a accepté de contribuer à cet effort collectif.

Dimanche, il a épaulé une équipe de l'unité de médecine de l'Hôpital Brome-Missisquoi Perkins. Sur l'étage, une infirmière fait des heures supplémentaires. Au pied levé, trois préposées aux bénéficiaires et une infirmière ont également dû être remplacées.

Un contexte qui interpelle le gériatre qui est témoin de l'épuisement qui s'accumule.

« Quand une infirmière fait 16 heures ou une préposée travaille 13 jours de suite, c'est certain qu'elles ont moins d'énergie pour mobiliser les patients. »

— Une citation de  Dr Louis-Charles Perrier-Ferland, gériatre

Le Dr Perrier-Ferland estime que cette fatigue se fait sentir dans les unités de gériatrie, d'où son intérêt d'aider dans l'espoir de soulager les équipes à bout de souffle. Une bouffée d'air frais qui profite à la fois aux travailleuses et aux patients.

Un médecin dans le bureau des infirmières.

Les équipes ont reçu de l'aide pour pallier le manque de personnel.

Photo : Radio-Canada / André Vuillemin

Une personne âgée qui ne bouge pas perd à peu près 3 % de sa masse musculaire par jour, souligne-t-il.

Au cours de cette journée de travail, le Dr Perrier-Ferland a aidé des patients à marcher, il a discuté avec eux, en plus d'évaluer leurs symptômes dans certains cas. Des gestes simples qui enlèvent néanmoins un poids sur l'équipe en sous-effectif.

Son travail est d'ailleurs salué par les infirmières et les préposées avec qui il travaille sur l'étage.

« C'est un médecin avec un grand cœur. Il prend vraiment soin des patients. De venir sur le plancher avec les infirmières, c'est un très beau geste. »

— Une citation de  Kelly-Ann Gemme-Collette, préposée aux bénéficiaires

Nathalie Colmor, infirmière depuis 22 ans, affirme que c'est la première fois dans sa carrière qu'elle est témoin de la présence d'un médecin qui aide sur le plancher. C'est très apprécié d'avoir des bras de plus. Ça nous décharge, souligne-t-elle.

Une infirmière accompagne une patiente dans un couloir.

Le personnel manque à l'appel à l'Hôpital Brome-Missisquoi-Perkins.

Photo : Radio-Canada / André Vuillemin

Le médecin a été touché de l'accueil que l'équipe lui a réservé lors de ses trois quarts de travail. Il reste néanmoins humble quant au rôle qu'il peut jouer.

« Ce qui est triste, c'est que je suis rémunéré assez cher pour faire ça. Avec cet argent-là, on aurait pu payer plus qu'une infirmière dans les unités. »

— Une citation de  Dr Louis-Charles Perrier-Ferland, gériatre

Le médecin connaît ses limites et comprend que sa présence ne remplace pas celle d'une infirmière. On m'a demandé d'installer une sonde urinaire, mais je ne sais pas comment faire ça. On me l'a appris à l'école il y a dix ans, mais je n'ai aucun souvenir de ça, admet-il.

Un apprentissage pour le médecin

L'expérience n'est pas que positive pour l'équipe. Le Dr Perrier-Ferland estime qu'il a aussi beaucoup appris de son passage dans l'unité.

« J'aurais aimé faire ça plus tôt dans mon cursus. On comprend mieux leur réalité.  »

— Une citation de  Dr Louis-Charles Perrier-Ferland, gériatre

Le médecin comprend maintenant mieux l'impact de ses décisions sur le travail des infirmières et des préposées.

Quand on prescrit des médicaments 4-5 fois par jour, on réalise pas que c'est 4-5 tâches de plus par jour. Alors dorénavant je vais peut-être essayer de réduire la fréquence des médicaments pour les patients qui sont hospitalisés, souligne-t-il.

Le Dr Perrier-Ferland entend d'ailleurs répéter l'expérience et même la recommander à ses collègues spécialistes.

Physiothérapeutes et travailleurs sociaux aussi en renfort

Les médecins et les gestionnaires ne sont pas les seuls à allonger leurs heures de travail par solidarité envers les préposées et les infirmières.

Des physiothérapeutes, des agents administratifs et des travailleurs sociaux ont notamment travaillé 20 quarts de travail pour alléger la tâche des équipes.

Selon le dernier bilan du CIUSSS de l'Estrie, tout près de 500 infirmières ou préposées manquent à l'appel au sein du réseau.

Avec les informations de Christine Bureau

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