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Omicron nuit à l’industrie musicale du Manitoba 

Un homme et une femme tiennent chacun une guitare dans une salle de spectacle en lumière.

JD Edwards (à gauchet) et Cara Luft (à droite) du groupe manitobain de roots The Small Glories ont annulé toutes les tournées d'automne et d'hiver en raison de la pandémie.

Photo : Marc J Chalifoux

Radio-Canada

Entre annulations et reports de spectacles et de tournées, l’industrie musicale du Manitoba est lourdement plombée par la vague Omicron qui frappe la province.

Alors que le secteur musical manitobain pensait s’être relevé du pire avec un retour à des concerts normaux cet été, l’industrie fait encore face à de sérieuses difficultés. 

Six spectacles au théâtre Burton Cummings ont été reportés et deux spectacles au Canada Life Centre ont été annulés en raison de la dernière vague de la pandémie, informe un porte-parole de True North Sports and Entertainment. 

La situation est encore pire au Park Theatre, dans le sud d'Osborne. 

Le promoteur Cory Thomas affirme que toutes les réservations de janvier ont été annulées et que le mois de février s'annonce mal. 

C'est toujours un grand sentiment d'incertitude, on a l'impression d'une grande déception à chaque fois,  dit-il. C'est tellement frustrant. 

Selon M. Thomas, il y a maintenant une accumulation croissante de spectacles reportés sans aucune garantie qu'ils seront remis au programme. Il affiche son impuissance après 26 ans dans l'industrie de la musique. 

Tout le monde est tellement abattu mentalement, et je ne sais tout simplement pas où cela va aller, lâche-t-il. Mais je dois rester positif, nuance-t-il.  

Les tournées, la grande victime

La situation empêche non seulement les artistes internationaux d’entrer au Canada, mais les musiciens locaux ne peuvent pas non plus partir en tournée.

La vie dans le monde de la musique n'est certainement pas facile, déclare Anthony Tony4QR Carvalho, le DJ du groupe de hip-hop 3PEAT.

M. Carvalho explique qu'avant la pandémie, le groupe, qui avait commencé sa tournée en Europe, donnait plus de 30 concerts par an. 

Le groupe de roots manitobain The Small Glories, qui avait reçu en 2020 une nomination aux Juno, devait faire une tournée en Colombie-Britannique au mois de janvier. Mais les dates ont été reportées après une situation similaire à l'automne. 

La responsable du groupe, Cara Luft, informe qu'avant la pandémie, 95 % du travail se résumait à des spectacles et des tournées. 

Nous le ressentons financièrement, nous le ressentons aussi vraiment émotionnellement, mentionne Cara Luft.

Le virtuel est loin d'être la panacée

Selon le directeur général de Manitoba Music, Sean McManus, de nombreux musiciens locaux ont vu la progression de leur carrière stoppée à cause de la pandémie.

M. McManus explique que les artistes ont besoin d'un public engagé pour diffuser leur musique, mais qu'il est difficile d'établir ce public sans se connecter par le biais de spectacles en direct. 

Au cours des deux dernières années, nous avons trouvé le moyen de mettre plus d'énergie dans le côté virtuel , explique-t-il.

Mais le besoin de revenir en personne devant les gens est vraiment important. 

Cara Luft pense que si les spectacles virtuels constituent une bonne solution provisoire, ils ne sont pas identiques.

 Nous voulons aussi faire notre travail, et cela signifie aller devant les gens. 

Plus de soutien du gouvernement 

Au Manitoba, le secteur des arts et de la culture représente une industrie de 1,6 milliard de dollars et emploie plus de 20 000 personnes, selon Statistique Canada. 

Au cours des quatre premiers mois de la pandémie, les travailleurs artistiques de la province ont subi une perte de revenus de 48 %, selon une enquête du Conseil des arts du Manitoba. 

Si le soutien du gouvernement pendant la pandémie a été d’un secours pour les artistes et les salles de spectacle, M. McManus estime que l’aide n'est plus suffisante.

Ottawa a élargi l'admissibilité à la Prestation canadienne pour les travailleurs en cas de confinement (PCTCC) afin de rendre le programme accessible aux travailleurs du secteur artistique, selon un porte-parole du cabinet du ministre du Patrimoine.

Grâce à cette prestation, un montant de 300 dollars par semaine est versé aux employés et aux travailleurs autonomes qui ne peuvent pas travailler en raison d'un confinement.

M. McManus affirme que les critères d'admissibilité laissent encore des gens de côté, et que le secteur a désespérément besoin d'un plan de redressement à long terme. 

Nous savons qu'il y a encore un long rétablissement devant nous, avoue-t-il.

Avec les informations de Lauren Donnelly

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