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« Tout coûte cher! » : le ras-le-bol des Français se manifestera-t-il dans les urnes?

Carburant, panier d’épicerie : le prix de leurs factures préoccupe une bonne partie des électeurs français à trois mois de l'annonce des résultats de l'élection présidentielle.

Une femme poussant un panier d'épicerie en France.

L'inflation a accéléré d'en moyenne 1,6 % pendant l'année 2021.

Photo : afp via getty images / BERTRAND GUAY

En fin d’après-midi, les membres du petit groupe se rassemblent quelques minutes avant le début de leur manifestation.

Ces hommes et ces femmes sont facilement reconnaissables avec, sur le dos, les gilets jaunes qu’ils portent depuis maintenant quatre ans.

Sur un pont au-dessus d’une autoroute de Saint-Brieuc, en Bretagne, ils accrochent quelques banderoles rappelant leurs revendications. Parmi les messages, l’un nous ramène à l’origine du mouvement des gilets jaunes : la hausse du prix du carburant.

Moi, je fais 80 kilomètres pour aller au travail. Donc, quand il y a une augmentation du carburant, je le vois tout de suite sur mon budget, dit Tristan Lozach, l’un des instigateurs du mouvement à Saint-Brieuc, qui constate que la situation ne s’est pas vraiment améliorée au cours des dernières années.

Un groupe de gilets jaunes, à Saint-Brieuc, en Bretagne

À Saint-Brieuc, en Bretagne, un groupe de gilets jaunes continue de manifester pour une réduction du coût de la vie.

Photo : Radio-Canada / Raphaël Bouvier-Auclair.

« C’est compliqué pour tout le monde. Et forcément les revendications d’il y a trois ans restent les mêmes. »

— Une citation de  Tristan Lozech, porte-parole des gilets jaunes de Saint-Brieuc

La semaine dernière, le prix de l’essence a atteint un niveau record en France.

Malgré cette problématique persistante, Tristan Lozach reconnaît que son mouvement connaît une certaine fatigue. Une réalité qu’il explique entre autres par les scènes de violences et de répression qui ont été associées à certaines manifestations des gilets jaunes, mais aussi à la pandémie de COVID-19.

Je pense que beaucoup de gens, malheureusement, ont un peu perdu espoir, lance-t-il.

Pourtant, les préoccupations liées aux revendications originales des gilets jaunes, coût de la vie et inflation, ont rarement été aussi prioritaires pour les électeurs.

Les prix montent, les inquiétudes aussi

En octobre 2021, un sondage Elabe réalisé pour le compte de BFMTV avançait que le pouvoir d’achat était prioritaire pour 45 % des Français. En décembre, la firme Odoxa parvenait à la même conclusion, constatant une hausse importante (11 % de plus) de ce thème parmi les priorités des électeurs par rapport au dernier scrutin présidentiel.

Il suffit d’ailleurs de s’éloigner de quelques centaines de mètres de la manifestation des gilets jaunes de Saint-Brieuc pour constater l’importance qu’accordent certains électeurs aux enjeux liés au coût de la vie et à l’inflation.

Tout coûte cher, lance Angèle, en rangeant dans sa voiture les denrées qu’elle vient d’acheter au supermarché.

En 2021, l’inflation a en moyenne connu une augmentation de 1,6 %, ce qui constitue la hausse la plus importante depuis 2018.

Une station-service en France

La semaine dernière, le carburant a atteint un prix jamais vu depuis plusieurs années en France.

Photo : afp via getty images / LOIC VENANCE

La flambée des prix dans certains secteurs a particulièrement contribué à cette situation.

En plus des prix élevés du carburant, l'Institut national de la statistique et des études économiques indique que le coût du gaz naturel a augmenté de près de 25 % en un an.

Puis, l’organisme Familles rurales avance que le prix des fruits et légumes a augmenté de 9 % entre septembre 2019 et septembre 2021.

Il y a des produits qui augmentent de 9 % et les salaires qui augmentent de 0,5 %, déplore un autre client du supermarché.

Les impacts de l'augmentation du prix des produits se font également ressentir à quelques kilomètres de l’épicerie, dans les locaux de l’antenne locale de la banque alimentaire.

Les besoins sont grands et je pense qu'on ne les mesure pas encore complètement. On les découvre jour après jour, affirme l’une des responsables de l’organisme, Hélène Oliviero.

Bien que les statistiques montrent que le pouvoir d’achat des Français a légèrement augmenté ces dernières années, la demande demeure très grande pour les produits entreposés dans le local de 500 mètres carrés.

« Je dirais que quand nous, notre activité augmente, c'est un peu comme quand vous allez chez le médecin. Si vous allez chez le médecin, que vous n'allez pas bien quand vous venez à la banque alimentaire, c'est qu'il manque quelque chose. »

— Une citation de  Hélène Oliveiro de la banque alimentaire des Côtes-d’Armor
L'entrepôt de la banque alimentaire de la Côte-d'Armor, en Bretagne

Les produits entreposés à la banque alimentaire de la Côte-d'Armor sont très recherchés.

Photo : Radio-Canada / Raphaël Bouvier-Auclair.

Que proposent les candidats à l’Élysée?

En réponse aux problèmes liés à l’inflation, Emmanuel Macron et son gouvernement ont annoncé certaines mesures, dont le gel des tarifs de gaz naturel d’ici le mois d’avril et la distribution d’un chèque énergie de 100 euros à des millions de Français. 

À trois mois de l’élection présidentielle, les adversaires du président ont aussi formulé plusieurs promesses pour soulager les électeurs d’un certain poids financier.

À l’extrême droite, le Rassemblement national de Marine Le Pen propose ainsi une réduction de la taxe sur l’énergie, tandis que celle du parti de droite Les Républicains promet une baisse des charges sociales.

À gauche, plusieurs candidats suggèrent d’augmenter le salaire minimum des travailleurs français.

Bien loin du débat politique, dans les locaux de la banque alimentaire de la région de Saint-Brieuc, la bénévole Hélène Olivieri ne s’attend pas à ce que les problèmes causés par l’inflation disparaissent rapidement.

Les produits simples de la vie augmentent, le travail n’augmente pas. Donc, hélas oui, je crois qu’on aura encore besoin de nous dans 10 ans, prédit-elle.

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