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Des tirs entendus près de la résidence du président Kaboré au Burkina Faso

Un homme traverse la rue alors que des débris brûlent tout autour.

Des manifestants contre le président burkinabé, Marc Christian Kaboré, ont érigé des barricades enflammées à Ouagadougou dimanche.

Photo : AFP / OLYMPIA DE MAISMONT

Agence France-Presse

Des tirs ont été entendus dimanche en fin de journée à Ouagadougou près de la résidence de Roch Marc Christian Kaboré, président du Burkina Faso, pays en proie à des violences djihadistes, où des mutineries ont eu lieu dans plusieurs casernes, ont rapporté des habitants à l'AFP.

Un hélicoptère, tous feux éteints, a également survolé le quartier de la Patte d'oie, où se situe la résidence, au moment où ont eu lieu les tirs qui, d'abord nourris, sont devenus ensuite plus sporadiques, selon des habitants du quartier.

Des tirs d'une grande intensité ont également été entendus par des résidents presque au même moment dans les camps militaires Sangoulé Lamizana et Baba Sy de la capitale burkinabé.

Des soldats se sont mutinés dimanche dans plusieurs casernes du Burkina Faso pour réclamer le départ des chefs de l'armée et des moyens adaptés à la lutte contre les djihadistes.

Des gens dans la rue semblent célébrer avec un drapeau du Burkina Faso.

Des centaines de personnes sont descendues dans les rues pour soutenir les soldats.

Photo : afp via getty images / Olympia de Maismont

Des mutineries ont également eu lieu à la base aérienne de Ouagadougou ainsi qu'à Kaya et à Ouahigouya, dans le nord du Burkina Faso, où sont en majorité concentrées les attaques djihadistes, selon des habitants et des sources militaires.

Le gouvernement a réagi en reconnaissant que ces tirs se sont bel et bien produits dans plusieurs casernes, démentant cependant une prise de pouvoir par l'armée.

Dimanche soir, le président Kaboré a décrété jusqu'à nouvel ordre, à partir de dimanche, un couvre-feu de 20 h à 5 h 30, heure locale.

Nous voulons des moyens adaptés à la lutte anti-djihadiste et des effectifs conséquents, de même que le remplacement des plus hauts gradés de l'armée nationale, indique dans un enregistrement sonore parvenu à l'AFP un militaire de la caserne Sangoulé Lamizana, sous couvert de l'anonymat.

Il a en outre dit souhaiter une meilleure prise en charge des blessés lors des attaques et des combats avec les djihadistes ainsi que des familles des défunts.

Ce militaire n'a pas réclamé le départ du président burkinabé Roch Christian Kaboré, accusé par une grande partie de la population excédée par la violence d'être incapable de contrer les groupes djihadistes.

Manifestations répétées

Au pouvoir depuis 2015, Roch Marc Christian Kaboré a été réélu en 2020 sur la promesse de faire de la lutte anti-djihadiste sa priorité.

Plusieurs manifestations de colère ont lieu depuis plusieurs mois dans plusieurs villes du Burkina Faso, souvent interdites et dispersées par les policiers antiémeute.

Les revendications des mutins ont été confirmées par d'autres sources militaires et des discussions ont eu lieu entre des représentants des mutins et le ministre de la Défense, le général Barthélémy Simporé, selon une source gouvernementale. Rien n'avait filtré dimanche soir sur le contenu de la rencontre.

Une douzaine de soldats se tiennent serrés en uniforme antiémeute devant quelques motocyclistes.

Les forces de sécurité ont fait face aux gens qui s'étaient amassés sur la place de la Nation pour soutenir les soldats.

Photo : afp via getty images / Olympia de Maismont

Tout au long de la journée, des manifestants ont apporté leur soutien aux mutins et ont dressé des barrages de fortune dans plusieurs avenues de la capitale avant d'être dispersés par la police, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Le camp Sangoulé Lamizana abrite la Maison d'arrêt et de correction des armées (MACA), où est détenu le général Gilbert Diendéré, proche de l'ancien président Blaise Compaoré, renversé en 2014 et qui vit en Côte d'Ivoire depuis lors.

Le général Diendéré a été condamné à 20 ans de prison pour une tentative de putsch en 2015 contre le président Kaboré et est actuellement jugé pour son rôle présumé dans l'assassinat de l'ancien président Thomas Sankara, icône panafricaine, en 1987.

Comme le Mali et le Niger voisins, le Burkina Faso est pris dans une spirale de violences attribuées à des groupes armés jihadistes, affiliés à Al-Qaïda et au groupe armé État islamique.

Les attaques qui visent civils et militaires sont de plus en plus fréquentes et en grande majorité concentrées dans le nord et dans l'est du pays.

En près de sept ans, les violences des groupes djihadistes ont fait plus de 2000 morts et contraint 1,5 million de personnes à fuir leurs foyers.

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