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La tragédie frontalière au Manitoba est un « signal d’alarme », dit une experte

Une voiture de la Gendarmerie royale du Canada.

La Gendarmerie royale du Canada a découvert quatre corps près de la frontière américano-canadienne, à l'est d'Emerson, le 19 janvier 2022.

Photo : Gendarmerie royale du Canada

La Presse canadienne

La découverte de quatre personnes qui ont péri dans le froid en tentant de traverser la frontière canado-américaine pourrait donner un nouveau ton au débat sur l'immigration aux États-Unis.

Le groupe, qui comprenait un bébé et un adolescent, a été retrouvé mercredi près d'Emerson, au Manitoba, à quelques mètres de la frontière.

Les résultats des autopsies n'ont pas encore été dévoilés, mais la GRC croit que ces personnes sont toutes mortes de froid pendant la tempête de neige qui sévissait sur leur parcours.

Les responsables américains allèguent qu'elles faisaient partie d'un groupe plus important de migrants indiens qui essayaient de traverser aux États-Unis depuis le Canada. Les enquêteurs sont sur la piste d'un réseau de passeurs clandestins. Un résident de la Floride, Steve Shand, a été arrêté.

Celui-ci doit comparaître lundi devant un tribunal de Minneapolis pour faire face à des accusations de traite de personnes.

Le département de la Sécurité intérieure des États-Unis a refusé samedi de donner de plus amples renseignements au sujet de l'enquête, notamment si les victimes ou des survivants avaient été identifiés.

« En raison de l'enquête en cours, nous ne donnerons aucun commentaire à ce sujet. »

— Une citation de  Shawn Neudauer, porte-parole du département de la Sécurité intérieure des États-Unis

Freiner l'arrivée des migrants sud-américains à la frontière américano-mexicaine est devenu une caractéristique déterminante de la politique américaine ces dernières années, notamment sous le mandat de l'ex-président Donald Trump.

« Signal d'alarme »

L'experte des frontières Kathryn Bryk Friedman, qui est aussi professeure de droit à l'Université de Buffalo, qualifie cela de signe troublant selon lequel les problèmes d'immigration des États-Unis s'aggravent.

Mme Friedman estime que cette découverte est probablement un « signal d'alarme » qui indique qu'un plus grand nombre de personnes sont prêtes à risquer leur vie pour entrer aux États-Unis, même à pied en plein hiver.

Le Canada n'est pas non plus étranger au problème : des milliers de demandeurs d'asile ont traversé la frontière au Québec chaque année pendant que M. Trump était au pouvoir, bien que leur nombre ait grandement chuté depuis lors.

Cependant, l'effort organisé pour faire entrer des groupes de personnes aux États-Unis depuis le Canada est un phénomène nouveau, selon Mme Friedman.

« Cela démontre simplement l'attrait – peut-être l'attrait durable – du fait d'essayer de se rendre aux États-Unis. C'est vraiment fascinant. »

— Une citation de  Kathryn Bryk Friedman, professeure de droit à l'Université de Buffalo

Mais il est peu probable qu'une seule tragédie incite l'un ou l'autre pays à repenser sérieusement la manière dont ils gèrent et défendent leur frontière commune, a-t-elle ajouté.

Cela semble terrible, mais je pense qu'il faudra plus de quatre morts à la frontière pour vraiment amener le Canada et les États-Unis à agir.

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