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Le rêve américain alimente l’ampleur du passage clandestin à la frontière des É.-U.

Une carte montre le lieu approximatif où les victimes ont été découvertes.

Les quatre victimes ont été découvertes mercredi par la GRC à l'est d'Emerson, une ville située à la frontière entre le Canada et les États-Unis, à une centaine de kilomètres de Winnipeg.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

L’envie de vivre le rêve américain pousse de nombreux clandestins à prendre toutes sortes de risques et alimente l’ampleur du passage de migrants clandestins à la frontière entre le Canada et les États-Unis. C’est du moins ce qu’affirment des observateurs après que quatre clandestins sont morts de froid en tentant de traverser la frontière américaine.

Les gens font des choses folles parce qu’ils espèrent. Ce qui les pousse, c'est l'espoir [d’y arriver], souligne Ayodele Ojo, un avocat en immigration basé au Minnesota.

Ils croient qu'ils vont y arriver parce qu'on leur a dit que c'était possible, poursuit-il.

Dans une déclaration sous serment, un agent spécial du ministère américain de la Sécurité intérieure a expliqué que les personnes retrouvées mortes pourraient avoir été victimes d'une opération plus vaste de passage de migrants clandestins.

L’homme soupçonné d’être au cœur du dernier stratagème, Steve Shand, 47 ans, a été arrêté à bord d’une camionnette de 15 places avec deux personnes alors que cinq autres personnes ont été interceptées à proximité au même moment. Selon les autorités, les sept personnes feraient partie du même groupe que les quatre victimes, mais elles ont probablement été séparées.

M. Shand est également soupçonné d'avoir participé à trois autres incidents récents de passage de migrants clandestins au même endroit où il a été arrêté.

Contre vents et marées

Selon l’agente spéciale de la sécurité intérieure américaine Tonya Price, le désespoir pousse les personnes à risquer un voyage dangereux pour mener une vie meilleure.

La réalité, c'est que des personnes originaires d'autres pays veulent vivre le rêve américain et venir ici parce qu'elles savent qu'il y a plus de possibilités ici, qu'il y a plus d'emplois disponibles, sans compter que leurs familles sont souvent ici, affirme-t-elle.

Nalini Reddy, une avocate spécialisée en matière d'immigration et de réfugiés établie à Winnipeg, croit que l’incident met aussi en lumière l’existence de représentants qui ne sont pas en règle et qui profitent de cette situation. Le stratagème consiste à créer des demandes frauduleuses pour aider les personnes à entrer au Canada dans le but d'entrer illégalement aux États-Unis et de disparaître dans l'économie souterraine.

Il existe malheureusement un secteur qui cherche à gagner de l'argent sur le dos de personnes qui cherchent désespérément à venir ici d'une manière ou d'une autre, et cela passe parfois par des moyens frauduleux, dit regretter Mme Reddy.

La déclaration sous serment nous apprend que les personnes arrêtées sont de nationalité indienne et parlent surtout le gujarati.

Le président de l'organisation à but non lucratif Friends of Gujarat, basée à Brampton, en Ontario, Akhil Shah, mentionne que de nombreux Gujaratis sont plus désireux de s'installer aux États-Unis, surtout par mimétisme.

Ils pensent que c'est le seul pays qui offre de nombreuses possibilités, fait valoir M. Shah.

Et il y a un facteur de jalousie qui leur fait penser : "Cette personne peut aller dans ce pays. Pourquoi pas moi?" Alors ils atterrissent ici [au Canada] et ils essaient ensuite de retourner ou de voyager aux États-Unis et d'y migrer, n'est-ce pas ? C'est leur motivation.

Mais ils ne se rendent pas compte que le Canada offre les mêmes possibilités et qu'ils peuvent faire leur vie ici aussi, regrette M. Shah.

Peu après l'arrivée au pouvoir de Donald Trump, les demandeurs d'asile fuyaient en grand nombre les États-Unis en direction du Canada par crainte des expulsions. Selon la commissaire adjointe de la Gendarmerie royale du Canada au Manitoba, Jane MacLatchy, cette hémorragie a diminué au cours des dernières années.

La fonctionnaire de la sécurité intérieure américaine Tonya Price croit cependant qu’il est encore trop tôt pour situer les événements des derniers jours dans une tendance qui s’organise dans la direction opposée, soit du Canada vers les États-Unis.

Le phénomène n'est pas aussi répandu qu'à la frontière sud, mais nous l'observons certainement ici, à la frontière nord, et il s'agit là d'un exemple et certainement d'un exemple malheureux, note Mme Price.

Elle mentionne que les forces de l’ordre font tout pour empêcher l'utilisation des routes de contrebandes connues.

Avec les informations d'Ian Froese, de Tess Ha et de Cameron MacIntosh

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