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Plus de 20 ans après leur championnat, que sont devenus ces basketteurs d’Ottawa?

Photo d'équipe.

Cette équipe a été parfaite en saison régulière avant de remporter le championnat national. Seule ombre au tableau : une 2e place au provincial (archives).

Photo : gracieuseté

Radio-Canada

Il y a plus de 20 ans, les basketteurs de l’école secondaire Saint-Patrick d’Ottawa ont terrassé leurs adversaires l’un après l’autre. Aujourd’hui, ils ont accepté de se replonger dans leurs souvenirs sur cette expérience de vie inoubliable.

Pour ces joueurs, faire partie des Fighting Irish a même changé leur vie, ont dit certains d’entre eux lors de leurs retrouvailles dans le gymnase de leur école secondaire.

Pour être honnête, je ne pensais pas que ce serait aussi émouvant, avoue Alain Vixamar, le centre qui n’avait jamais remis les pieds sur le parquet.

Il y avait quelque chose d'unique dans cette équipe, a-t-il poursuivi.

Deux décennies plus tard, il est encore profondément marqué par son parcours de basketteur. Ses ex-coéquipiers et lui ne cachent pas que le sport a grandement façonné leur vie, en leur donnant un sentiment d’appartenance indispensable et en leur fournissant des apprentissages qu’ils utilisent encore aujourd’hui.

La diversité

En 2000, l'équipe est restée invaincue pendant la saison, couronnée par un championnat national qui a attiré l'attention de tout le pays.

Cet exploit est d'autant plus remarquable que de nombreux joueurs ont dû relever des défis en grandissant.

L’école est située dans le sud d’Ottawa, entre des quartiers densément peuplés de Ridgemont et de Herongate. L’établissement comptait une importante population noire, notamment de nouveaux arrivants des Caraïbes, d'Haïti et de Somalie.

C'est donc un mélange de tout le monde qui se rassemble, se souvient Adrienne Coddett, qui était à la tête du programme jusqu’en 1998, soit deux ans avant l’année mémorable.

Or, ses anciens joueurs lui attribuent beaucoup de mérite puisqu’elle a contribué, avec Andy Waterman, un autre entraîneur noir, à créer une culture vers le succès.

Pour Adrienne Coddett, l'éducation et les loisirs étaient essentiels pour détourner les jeunes d'autres activités et des influences criminelles, qui, selon elle, étaient un problème dans cette communauté.

Photo de graduation.

Dion Williams (troisième à partir de la droite) entourée de ses coéquipiers de l'époque et d'Adrienne Coddett (archives).

Photo : gracieuseté Dion Williams

Sur le terrain, loin de la rue

Pour Titus Guihede, le ballon orange lui a permis de se tenir loin de la rue, de la violence des gangs et des drogues.

Nous avons essayé de rester en dehors des problèmes avec le sport, se remémore l’ancien garde.

Le capitaine de l’équipe, Dion Williams, se souvient des difficultés rencontrées par les joueurs pour jongler entre l'école, le sport et la vie de quartier.

Nous faisons face à des problèmes de la vie réelle. C’était difficile. Un camarade de classe venait nous dire : ‘’Un de mes parents a été déporté’’ ou ‘’Je ne peux pas faire de sport, car je dois travailler pour aider ma famille à joindre les deux bouts’’.

Dion Williams tient un ballon dans ses mains.

De retour à Ottawa, Dion Williams organise des matchs pour mettre en valeur les talents locaux et donner aux joueurs une chance d'accéder aux collèges et aux universités.

Photo : Radio-Canada / Alexander Behne

Dion Williams vivait avec sa mère ainsi que ses trois frères et sœurs. Originaire de la Jamaïque, la famille a immigré au Canada. Son père n’était pas dans le portrait de façon constante.

« Ma mère avait deux emplois. Ma vie, c’était littéralement que du basketball. »

— Une citation de  Dion Williams, capitaine de l’équipe

Malgré ces difficultés, l’équipe a excellé sur le terrain. Sélectionnée pour représenter l’Ontario au championnat national en Saskatchewan, elle a remporté les grands honneurs.

La vie après les Fighting Irish

Après ce triomphe, Dion Williams a obtenu une bourse à l’Université Saint-Francis-Xavier, à Antigonish en Nouvelle-Écosse, où il a remporté un championnat national dès sa première saison.

Ali Mahmoud a quant à lui été recruté pour jouer au basket professionnel au Liban, où il a fait partie de l'équipe nationale à quelques reprises.

Ali Mahmoud dans le gymnase de son école secondaire.

Ali Mahmoud ne joue plus autant au basketball, mais il continue à arbitrer des matchs dans sa communauté.

Photo : Félix Desrochers

Tous deux affirment que le basketball ne les a pas seulement emmenés plus loin, mais qu'il a eu un impact sur leur vie d'innombrables façons, notamment en leur enseignant des compétences de vie précieuses, comme l'esprit d'équipe.

Beaucoup de ces petites choses ont fait de moi la personne que je suis aujourd'hui, a déclaré Ali Mahmoud, qui poursuit maintenant une carrière d'entraîneur de conditionnement physique à Ottawa.

Sans le basketball, Dion Williams n’aurait pas été à l’université. C’est finalement là qu’il a rencontré sa femme. Lorsqu’il a épousé la mère de ses deux enfants, son témoin était Alain Vixamar.

Je serais une personne complètement différente, a admis Williams, qui est maintenant courtier hypothécaire dans la capitale nationale.

Alain Vixamar tient un ballon dans ses mains.

Alain Vixamar travaille pour le compte du Conseil des écoles catholiques du Centre-Est, où il est également entraîneur.

Photo : Radio-Canada / Alexander Behne

Malheureusement, ce ne sont pas tous les joueurs de cette formation qui ont pu poursuivre leur carrière sur le parquet de basketball et demeurer sur le droit chemin. Garry-Stevens Pierre avait espoir de gagner sa vie avec son sport.

Quand il s’est rendu compte que cela ne fonctionnait pas, il a fini par tomber dans la criminalité. En 2009, il a été reconnu coupable de fraude par carte de débit. Pendant des années, il a changé d'emploi et d'appartement jusqu'à ce que, en 2015, il soit accusé de falsification à l'encontre de son employeur.

Aujourd’hui, il a mis tout cela derrière lui. Il travaille maintenant comme enseignant suppléant dans l'est de l'Ontario tout en poursuivant une carrière d'avocat. Il travaille également avec des jeunes à faible revenu de Gatineau, au Québec, pour leur montrer que même si l'on a fait des erreurs, il est possible de se bâtir un avenir.

C'est une leçon qu'il dit avoir apprise en faisant partie des Fighting Irish. C'est la raison pour laquelle je suis de retour à l'école aujourd'hui. C'est la raison pour laquelle je crois toujours que les objectifs peuvent être atteints et que le bonheur peut être atteint.

Quant à Alain Vixamar, il travaille pour le compte du Conseil des écoles catholiques du Centre-Est, le conseil scolaire francophone d'Ottawa, où il est également entraîneur. Selon lui, il y a deux certitudes dans sa vie.

Si ce n'était pas pour Dieu, ma relation avec Dieu, et si ce n'était pas pour le basket, je ne serais pas ici. Cela m'a donné quelque chose à quoi m'accrocher. Je pense que le basket m'a aussi sauvé de moi-même, a-t-il conclu.

Avec les informations de Jennifer Chen, CBC

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