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Les anciennes combattantes sont mal servies, affirme une experte

Les Forces armées comptent plus de femmes mais n’ont pas adapté leurs services d’aide.

Assise sur un rocher, une femme coiffée d'une tuque est photographiée dans les bois.

Jessica Wiebe, qui a été artilleuse pendant huit ans dans les Forces armées canadiennes, est photographiée au parc Long Lake, à Halifax, en Nouvelle-Écosse, le 21 janvier 2022.

Photo : La Presse canadienne / Kelly Clark

La Presse canadienne

Même si elles comptent de plus en plus de femmes dans leurs rangs, les Forces armées canadiennes n'ont pas encore réussi à adapter totalement leurs services d'aide aux besoins de celles-ci.

Jessica Wiebe, d’Halifax, en Nouvelle-Écosse, qui a servi pendant huit ans dans l'artillerie, était souvent la seule femme de son unité.

Je veux sensibiliser les gens au fait que l'expérience des femmes à la guerre est laissée de côté dans un discours historique dominé par les hommes, dit Mme Wiebe. Le rappeler est vraiment important pour comprendre leurs besoins quand elles quittent la vie militaire.

Traumatismes complexes à traiter

Maya Eichler, qui enseigne à l'Université Mount Saint Vincent, à Halifax, a fait écho cette semaine à ces préoccupations lors de son témoignage devant un comité parlementaire de la Nouvelle-Écosse.

Selon elle, les programmes d'aide aux anciens combattants sont historiquement conçus autour des expériences vécues par les hommes.

Portrait professionnel de Maya Eichler.

Maya Eichler, docteure en science politique et professeure à l'Université Mount Saint Vincent, à Halifax, en Nouvelle-Écosse.

Photo : Université Mount Saint Vincent / msvu.ca

Mme Eichler a dit au comité que l'appui aux femmes et aux autres groupes comme les personnes LBGTQ, ainsi qu'à ceux qui ont souffert d'un traumatisme sexuel pendant leur service, est insuffisant.

Les rares données indiquent que les femmes sont plus susceptibles de quitter l'armée pour des raisons de santé. Leurs revenus baissent considérablement lorsqu'elles retournent à la vie civile.

Nous manquons d'information sur les anciennes combattantes, a déploré la professeure Eichler. Nous manquons de services spécifiquement conçus pour elles. En conséquence, le taux de maladie et de blessures est plus élevé chez elles. Leur bien-être diminue.

Pour la professeure Eichler, les traumatismes subis par les anciennes combattantes peuvent être plus complexes à traiter. Ce manque de compréhension peut provoquer une forme de discrimination involontaire envers les femmes et les militaires LBGTQ.

On commence à peine à reconnaître que les expériences peuvent varier en fonction du genre, de l'orientation sexuelle, de la race ou de l'appartenance autochtone, a-t-elle souligné en entrevue.

Bras croisés, une femme coiffée d'une tuque est debout dans les bois.

L'artiste Jessica Wiebe, qui a été artilleuse pendant huit ans dans les Forces armées canadiennes, est photographiée au parc Long Lake, à Halifax, en Nouvelle-Écosse, le 21 janvier 2022.

Photo : La Presse canadienne / Kelly Clark

L'ancienne militaire Jessica Wiebe dit avoir eu de la difficulté à obtenir un diagnostic de syndrome de stress post-traumatique après avoir souffert d'un trouble alimentaire après avoir quitté l'armée, en 2014.

Ce fut très difficile d'obtenir un diagnostic lié à mon expérience militaire, mentionne-t-elle.

Elle ajoute que ses symptômes ne correspondaient pas à ce que les spécialistes savent des troubles alimentaires. Leur connaissance n'est fondée que sur l'expérience d'anciens combattants masculins.

Il y a peu de femmes dans les unités combattantes. Souvent, il n'y en a qu'une seule parmi un grand groupe d'hommes, souligne Mme Wiebe. Je me sentais vraiment seule avec tous mes problèmes quand j'ai obtenu mon congé de l'armée. Ce n'est qu'en commençant une thérapie de groupe avec d'autres anciennes combattantes qui avaient vécu les mêmes expériences que j'ai compris que j'étais loin d'être seule.

Le gouvernement fédéral cherche à comprendre les besoins des anciennes combattantes. En 2019, le ministère des Anciens Combattants a créé un Bureau des femmes vétérans et vétérans LGBTQ2 dont le mandat est d'aider à faire progresser l'égalité des sexes, la diversité et l'inclusion pour les femmes vétéranes et les vétérans LGBTQ2.

Des militaires en uniforme, en rang, chaudement habillés, la tête couverte d'une tuque et un masque en tissu sur le visage.

Des membres des Forces armées canadiennes lors d'une cérémonie du jour du Souvenir, le 11 novembre 2021 à Iqaluit, au Nunavut.

Photo : La Presse canadienne / Dustin Patar

Sa directrice générale, Christina Hutchins, dit qu'il y a des différences fondamentales entre les besoins des anciennes combattantes femmes ou LBGTQ et les collègues masculins.

Les femmes et les militaires LBGTQ souffrent plus de problèmes mentaux lorsqu'elles quittent l'armée et peuvent éprouver plus de difficultés à transiter vers la vie civile.

Elles veulent être reconnues, tout comme leurs collègues masculins. Elles veulent que les services et les programmes que nous offrons soient aussi équitablement accessibles pour répondre à leurs besoins, explique Mme Hutchins.

Rétablir la confiance entre le ministère et ces groupes exigera une plus grande sensibilité aux traumatismes que ces femmes ont vécus, ajoute-t-elle.

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