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Les événements météo extrêmes rappellent que l’agriculture doit s’adapter au climat

Un homme tire une vache dans un pré complètement inondé.

Une personne lutte pour sauver son bétail, dans une ferme à Abbotsford, en Colombie-Britannique, le 16 novembre 2021 (archives).

Photo : Reuters / Jesse Winter

La Presse canadienne

Feux de forêt, chaleur extrême et inondations ont malmené la Colombie-Britannique au cours de la dernière année. Des événements météorologiques extrêmes, qui rappellent l'importance de renforcer la résilience du secteur agricole aux effets du changement climatique, soulignent des experts.

On devrait être en train de bâtir l'infrastructure qui servira aux 30 prochaines années, depuis hier, affirme Sean Smukler qui dirige le département d'agriculture et environnement à l'Université de Colombie-Britannique (UBC).

La Colombie-Britannique est en avance sur le reste du Canada, dit-il, en donnant en exemple l'Initiative pour le Climat et l'Agriculture, lancée par le gouvernement provincial en 2013. Cela a permis de développer huit stratégies régionales d'adaptation ainsi que diverses ressources pour soutenir le secteur agricole face au changement climatique. On finance aussi la recherche sur le terrain.

Il reste que les efforts d'adaptation se font de manière graduelle alors qu'ils devraient se faire dans l'urgence, critique M. Smukler, qui est aussi l'enquêteur principal du laboratoire sur l'agriculture durable à UBC.

Selon lui, des fonds supplémentaires sont nécessaires pour refléter l'ampleur du défi.

Être proactif

Il faut se mettre en marche maintenant, sinon on sera condamné à constamment réagir, explique-t-il. Être en mode réactif, ce sera beaucoup plus coûteux que si l'on est proactif et que l'on planifie un avenir viable.

La deuxième moitié de l'année 2021 en Colombie-Britannique a offert un bon aperçu du coût potentiel d'être condamné à réagir.

Une sécheresse et des feux de forêt dévastateurs, l'été dernier, ont forcé la province et le gouvernement fédéral à verser 20 millions $ aux éleveurs et producteurs agricoles pour les aider à se remettre sur pieds.

Puis, un dôme de chaleur a brûlé les cultures dans la vallée du Fraser en été avant que des inondations ne viennent ravager ces mêmes terres en novembre.

Des dizaines de producteurs de bleuets et de framboises ont été affectés. Environ 4000 tonnes de légumes ont été perdues et on estimait les pertes animales à 628 000 volailles, 420 bovins et 12 000 porcs.

À ces producteurs agricoles, la province a versé jusqu'ici 3,7 millions $ en aide d'urgence ainsi que 2,7 millions $ pour compenser les dépenses supplémentaires aux soins et à l'alimentation des animaux ayant survécu.

La province planche sur un programme de soutien financier global, en collaboration avec le fédéral, pour les agriculteurs victimes des inondations. Une annonce devrait avoir lieu dans les prochaines semaines, selon ce qu'a déclaré le ministère de l'Agriculture.

Besoins en eau

Mais la directrice de l'Initiative pour le Climat et l'Agriculture, Emily MacNair, prévient que les événements météorologiques extrêmes ne sont pas les seules menaces à l'agriculture.

La province doit encore se préparer au défi de s'assurer qu'il y aura assez d'eau pour soutenir la production alimentaire, mentionne-t-elle en entrevue.

Le secteur agricole constitue un groupe de consommateurs d'eau parmi d'autres alors que les communautés résidentielles continuent de croître partout dans la province et que les sécheresses se font de plus en plus graves avec le changement climatique.

Mme MacNair met en garde que le climat sera plus sec et qu'il serait donc logique de considérer la possibilité de stocker les surplus d'eau lors des crues printanières ou des fortes précipitations en automne et en hiver.

Elle note également que la province compte une grande proportion de petites entreprises agricoles familiales qui produisent une grande variété de produits.

Une telle diversité offre des opportunités, croit Emily MacNair, puisque les petites fermes seraient plus agiles à expérimenter de nouvelles méthodes ou de nouvelles technologies visant à soutenir leur résilience. En contrepartie, elles ont des ressources limitées.

De plus, la mise en place d'une agriculture adaptée au climat nécessite d'aborder des enjeux plus larges dans la gestion de l'ensemble de l'environnement qui affecte les opérations agricoles.

Par exemple, l'exploitation forestière et les feux de forêt ont affecté la capacité de l'environnement à emmagasiner et à réguler le cycle de l'eau, observe Andrew Bennett, spécialiste en irrigation et propriétaire d'une petite ferme à Rossland, en Colombie-Britannique.

La canopée crée de l'ombre et ralentit la fonte des neiges, alors que les arbres en santé freinent l'érosion des sols. Sans ces arbres, la pluie et la neige qui fond coulent rapidement, sans retenue, le long des pentes, explique M. Bennett. Laissant bien peu d'eau lorsque l'été arrive.

On doit avoir des flancs de montagne bien garnis d'arbres avec des sols profonds qui retiennent l'eau afin qu'elle percole tout au long de l'été, décrit-il.

Les sols sont essentiels pour la gestion de l'eau, renchérit M. Bennett, qui travaille à bien nourrir les sols en collaboration avec sa municipalité et un groupe de prévention des incendies.

Le groupe travaille aussi à aider les agriculteurs à mieux gérer leurs ressources en eau et à optimiser leur système d'irrigation.

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