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Frappe meurtrière au Yémen : la coalition saoudienne nie toute responsabilité

Des bâtiments détruits par des bombardements.

Des bâtiments détruits par des frappes aériennes de la coalition dirigée par l'Arabie saoudite à Sanaa le 18 janvier 2022.

Photo : Associated Press / Hani Mohammed

Agence France-Presse

La coalition militaire dirigée par l'Arabie saoudite au Yémen a nié samedi toute responsabilité dans une frappe aérienne qui, la veille, a fait au moins 70 morts et une centaine de blessés dans une prison tenue par les rebelles houthis, une attaque condamnée par l'ONU.

L'Arabie saoudite est depuis 2015 à la tête d'une coalition qui appuie les forces progouvernementales yéménites face aux rebelles houthis proches de l'Iran. Les rebelles, qui contrôlent une vaste partie du nord du pays, ont accusé la coalition du bombardement.

En plus de sept ans de guerre, toutes les parties au conflit ont été accusées de crimes de guerre par des experts de l'ONU. Mise en cause pour de multiples bavures, la coalition militaire a reconnu des erreurs et accuse les rebelles d'utiliser les civils comme boucliers humains.

L'ONU tente en vain depuis plusieurs années de mettre fin à ce conflit dévastateur qui a fait, selon elle, 377 000 morts et poussé une population de 30 millions d'habitants au bord d'une famine à grande échelle.

Un blessé dans une attaque aérienne de la coalition sous commandement de l'Arabie saoudite.

Un homme est transporté par les sauveteurs après une attaque aérienne de la coalition contre une prison de Hodeida, au Yémen, où sont détenus des Houtis.

Photo : AP

La frappe contre une prison de Saada, fief des Houthis dans le Nord, a tué au moins 70 personnes et en a blessé 138, selon l'ONG Médecins sans frontières (MSF).

Ce bilan ne concerne qu'un seul hôpital de Saada, deux autres établissements ayant accueilli de nombreux blessés. Des recherches se poursuivent dans les décombres, a ajouté MSF.

Huit ONG, notamment Action contre la faim, Oxfam et Save the Children, ont indiqué dans un communiqué commun que parmi les morts figureraient des migrants, dénonçant une indifférence flagrante pour la vie des civils.

Fausses allégations

La coalition, dont les Émirats arabes unis font partie, a nié avoir ciblé le centre de détention de Saada, dénonçant de la désinformation de la part des Houthis.

Dans un communiqué cité par l'agence de presse officielle saoudienne SPA, l'alliance militaire antirebelles a dit avoir examiné ces allégations avant de conclure qu'elles étaient fausses.

Les rebelles ont diffusé une vidéo qui montre des images présentées comme les conséquences de la frappe à Saada : bâtiments détruits, secouristes dégageant des corps et cadavres mutilés.

Les États-Unis ont appelé à la désescalade. Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a quant à lui condamné les frappes de la coalition dirigée par l'Arabie saoudite et réclamé des enquêtes efficaces.

L'Iran a aussi condamné les frappes et averti que ces bombardements rendraient le processus de paix plus difficile au Yémen, ravagé par la guerre.

Jeudi, la coalition a en revanche confirmé avoir ciblé la ville portuaire de Hodeïda, aux mains des Houthis, par où transite la majeure partie de l'aide internationale destinée au pays, aux prises avec une des pires crises humanitaires au monde.

Au moins trois enfants ont été tués alors qu'ils jouaient apparemment sur un terrain de football voisin quand les missiles sont tombés, selon l'ONG Save the Children.

La coalition a déclaré avoir frappé à Hodeïda une plaque tournante de la piraterie et du crime organisé. Après le raid, Internet a été coupé dans le pays et n'avait toujours pas été rétabli samedi.

En Arabie saoudite, les forces de défense antiaérienne ont intercepté et détruit vendredi soir un missile tiré de Saada vers la région de Khamis Mushait (sud), qui abrite une grande base aérienne, d'après la coalition.

Les raids de la coalition se sont intensifiés ces derniers jours au Yémen après la revendication par les Houthis des attaques qui ont fait trois morts à Abou Dhabi, capitale des Émirats. Ce pays du Golfe avait averti qu'il riposterait.

Le 3 janvier, les Houthis avaient détourné un navire battant pavillon des Émirats en mer Rouge, aggravant davantage les tensions alors que la coalition gagne du terrain dans des provinces disputées.

La coalition avait ensuite averti qu'elle bombarderait les ports de Hodeïda qui ont été, selon elle, militarisés par les rebelles et leurs partenaires iraniens.

Après leur prise de la capitale, Sanaa, en 2014, les rebelles ont réussi à s'emparer de vastes pans du territoire yéménite, en particulier dans le Nord.

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