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La Boucherie Alex Lamy ferme ses portes, affligée par la pandémie

La façade de la Boucherie Alex Lamy montre un commerce fermé.

Le commerce, qui ne sert plus qu'une poignée de clients par jour, doit fermer ses portes à quelques semaines de son 100e anniversaire.

Photo : Radio-Canada / François Genest

Radio-Canada

La Boucherie Alex Lamy s’apprêtait à célébrer un siècle d’existence, mais la pandémie vient assombrir l’événement. À quelques semaines du 100e anniversaire de cette institution trifluvienne, la succursale de la rue des Forges ferme ses portes en raison de difficultés financières.

Au passage de Radio-Canada, la boucherie est complètement transformée. Ses comptoirs réfrigérés, autrefois garnis d’aliments et de plats à emporter, sont vides. Plus personne ne fait la file pour se ravitailler. L’endroit est désert.

Devant cette vision, la copropriétaire, Julie Fournier, est assombrie. Il n’y a pas vraiment de mots. C’est d’une tristesse laisse-t-elle tomber, visiblement émue.

Elle s’est portée acquéreuse de l’établissement en janvier 2020, à peine quelques mois avant le début de la crise sanitaire. Depuis, son achalandage et ses commandes provenant de restaurateurs ont chuté drastiquement.

On est au centre-ville de Trois-Rivières. Les restaurants sont fermés. Les gens sont en télétravail. Je suis vouée à l'échec, parce que tous les petits plats préparés chaque midi et la viande qui servait aux restaurants sont périssables , déplore la copropriétaire.

Pour les habitués du commerce, l’annonce de sa fermeture est une bien triste nouvelle. Ça me fait de la peine, parce qu’on y allait souvent faire nos petites commissions , se désole une passante rencontrée par Radio-Canada.

Ça dépannait les gens du centre-ville. C’est très triste , renchérit un autre ancien résident du secteur.

La fermeture de la Boucherie Alex Lamy n’est pas encore définitive, mais Julie Fournier envisage de restructurer l’entreprise afin de préserver sa deuxième succursale, les Délices du Boucher, située dans le secteur Trois-Rivières-Ouest.

Pourquoi j’ai choisi là-bas plutôt qu’ici? La cuisine commerciale est là-bas et je ne suis pas au centre-ville, donc j’ai un peu plus de circulation. Mon espoir est de sauver au moins celle-là , explique-t-elle. 

Peu d’aide pour les commerces essentiels

En octobre dernier, Julie Fournier a sollicité l’aide financière d’Innovation et Développement économique Trois-Rivières (IDE). Les coffres étaient malheureusement vides. Je me suis retrouvée sans aide.

IDE répond toutefois que la boucherie aurait pu se prémunir d’une aide sous forme de prêt. L’intervention qu’on leur a proposée, c’était de la dette, mais certaines entreprises ne veulent pas en ajouter , explique son directeur général, Mario De Tilly.

L’organisme reçoit de nombreux appels à l’aide d’entreprises à bout de souffle, mais ne dispose que de moyens financiers modestes pour les aider, soutient-il.

L’une des mesures phares du gouvernement Legault, l’Aide aux entreprises en régions en alerte maximale (AERAM), offre aux entreprises un pardon de prêt pouvant couvrir la totalité de leurs frais fixes. Cependant, elle ne s’adresse qu’aux entreprises visées par un ordre de fermeture. La Boucherie Alex Lamy est considérée comme un service essentiel.

Je pense aux boulangeries, aux boucheries et aux bonbonnières. Malheureusement pour ces sociétés, le programme ne peut pas s’appliquer. Je trouve ça triste, parce qu’ils amènent une dynamique particulière à un centre-ville laisse tomber Mario de Tilly. 

Une lueur d’espoir

Si plusieurs commerçants sont présentement à bout de souffle, IDE Trois-Rivières les invite à s’accrocher, car un appui financier de Québec est attendu. Trois-Rivières recevra prochainement 1,2 million $ pour la relance du centre-ville. 

De son côté, la Boucherie Alex Lamy dit disposer de peu de temps pour assurer sa survie. On espère juste une réouverture avec une mince lueur d’espoir si l’aide arrive. Pas dans un mois, pas dans deux mois, c’est maintenant ou jamais.

Avec les informations de Julie Grenon et Raphaëlle Drouin

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