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Bourses d’études incitatives : les cégépiens en travail social se disent oubliés

Une trentaine de personnes manifestent devant le cégep de Sherbrooke.

Au Cégep de Sherbrooke, des étudiants, des professeurs et des élus ont manifesté vendredi.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Un regroupement d'organismes communautaires, d'étudiants et d'enseignants de l'Estrie réclament au gouvernement d'inclure les étudiants en technique de travail social dans le nouveau programme de bourses Perspective Québec. 

Ce programme a été mis sur pied pour contrer la pénurie de main-d'œuvre dans des secteurs comme la santé et l’éducation, et inclut des dizaines de programmes collégiaux et universitaires. Au collégial, des étudiants dans un programme visé pourront recevoir jusqu’à 9000 $. La technique en travail social ne fait cependant pas partie des cours inclus par le gouvernement.

Pour les enseignants et les étudiants du programme de technique en travail social du Cégep de Sherbrooke, il s’agit d’un non-sens, puisque le manque de travailleurs est palpable sur le terrain.

Ils soutiennent que les techniciens en travail social sont présents dans tous les établissements du réseau de la santé et qu’ils portent souvent à bout de bras les services offerts dans les organismes communautaires. Pour cette raison, ils ont reçu l'appui de la députée solidaire de Sherbrooke Christine Labrie, qui a lancé une pétition sur le site de l'Assemblée nationale.

Ce programme-là n’est pas admissible en ce moment, alors que pourtant il y a un besoin criant de techniciens et techniciennes en travail social, autant dans les organismes communautaires que dans les services sociaux comme la protection de la jeunesse ou les soins à domicile pour les aînés, déplore la députée. 

« Ce qu'on craint, c’est une désaffection envers le programme, alors que pourtant, les étudiants sont tellement en demande qu’il y a des organismes qui tentent de venir les chercher avant même qu'ils aient obtenu leur diplôme. »

— Une citation de  Christine Labrie, députée solidaire de Sherbrooke

Vers une aggravation de la pénurie de main-d'œuvre?

Des enseignants et des étudiants craignent également que le programme de bourses aggrave carrément la pénurie de main-d'œuvre dans les organismes communautaires. Selon eux, les cégépiens risquent en effet de choisir des techniques similaires qui permettent de participer au programme, comme la technique en éducation spécialisée.

La situation inquiète l’étudiante en technique de travail social Janis Leclerc-Dinelle, qui rappelle que des organismes communautaires comme le Partage St-François ont déjà de la difficulté à trouver du personnel

C’est majoritairement des techniciens qui travaillent au Partage St-François. [...] Si tout le monde se dirige vers des techniques où on a accès aux bourses, parce que c'est tout le temps une question d'argent un peu, il va y avoir beaucoup moins de techniciens en travail social, remarque-t-elle.

Il en manque en ce moment même. Je me positionne dans cinq ans, je ne peux pas tenir à bout de bras un organisme à moi toute seule, ajoute-t-elle. 

Les étudiants dans les programmes visés par le gouvernement de François Legault seront admissibles aux bourses Perspective Québec dès l’automne 2022.

Avec les informations de Fanny Geoffrion 

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