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Le Collège d’Alma formera des agents de la faune à Listuguj en Gaspésie

Trois hommes parlent autour d'une carte sur une table dans un bureau.

Dominic Simard, Sébastien Renaud et Jean-Rémi Dionne, du service de formation continue du Collège d’Alma, ont présenté le projet.

Photo : Radio-Canada / Laurie Gobeil

Le Collège d'Alma a conclu un partenariat avec la communauté mi'gmaq de Listuguj en Gaspésie pour offrir l'attestation d'études collégiales en protection de la faune.

Les cours pour former les futurs agents de protection de la faune ont commencé cette semaine.

La Première nation Mi'gmaq de Listuguj, située près du Nouveau-Brunswick, a cherché pendant quelques années un établissement avant d'entamer des démarches avec le Collège d'Alma.

Nous avons commencé à travailler ensemble en mai, juin 2021 et c'est finalement commencé. Tout le monde est excité, très excité. Ce fut un long processus, mais nous y sommes arrivés, a souligné en entrevue la coordonnatrice à la formation professionnelle à Listuguj, Ashley Barnaby.

Selon le conseiller pédagogique à la formation continue au Collège d’Alma, Jean-Rémi Dionne, le programme est adapté pour inclure les lois, les règlements et les aspects culturels de la communauté mi’gmaq. Il va y avoir beaucoup plus de place pour la gestion du saumon et du homard, puisque nous sommes dans la baie des Chaleurs, puisque c'est une population de pêcheurs essentiellement.

Première cohorte

La première cohorte est formée de jeunes de la relève et d'autres plus expérimentés, appelés rangers. Ils pourront ainsi effectuer une première formation reconnue par le ministère de l'Éducation.

Ça, pour nous, je dirais que ça va être un atout, parce que l'enseignant va être appelé à travailler avec l'expérience des uns et la jeunesse des autres. Et puiser dans l'un et l'autre, soit pour dynamiser, soit pour aller chercher des cas précis, des situations que les rangers ont déjà vécues, a poursuivi Jean-Rémi Dionne.

La cohorte de 30 étudiants a commencé lundi cette formation échelonnée sur trois ans.

La formation a été créée entre autres avec le Cégep de Saint-Félicien et le Cégep de la Gaspésie et des Îles.

On s'assure de mettre en place les éléments qui vont favoriser la réussite. Ce n'est pas uniquement le Collège d'Alma qui va réaliser ça, mais c'est avec la communauté et les autres partenaires, précise Jean-Rémi Dionne.

Pour l’instant, les enseignants proviennent du Collège d’Alma, mais il est envisagé que des enseignants originaires de la communauté ou d’ailleurs en Gaspésie soient embauchés au cours des prochaines années.

Une affiche de la Première Nation de Listuguj devant un boulevard.

La Première nation Mi'gmaq de Listuguj est située près du Nouveau-Brunswick.

Photo :  CBC / Julia Page

Des blessures vieilles de 40 ans

Pour bien comprendre l'histoire de la communauté et saisir les enjeux reliés aux événements du passé, ils recevront eux aussi une formation. Même si ce partenariat est souhaité de part et d’autre, l'arrivée de non-Autochtones ravive des souvenirs douloureux reliés à la guerre du saumon.

Le gouvernement du Québec est intervenu dans la communauté et a procédé à des arrestations de pêcheurs qui ont généré certaines frustrations, des blessures vives. Donc, 40 ans plus tard, c'est encore un élément avec lequel on doit composer. [...] Cette formation-là est peut-être un pas qui va permettre de lier ou de créer un pont supplémentaire entre les Autochtones et les allochtones, souhaite Jean-Rémi Dionne.

Deux Mi'gmaq sont immobilisés par les policiers devant le pont interprovincial.

Les policiers avaient arrêté 12 Mi'gmaq le 11 juin 1981 (archives).

Photo : Radio-Canada

Devenir des alliés

Pour favoriser la réussite du programme, on a engagé un coordonnateur qui sera affecté sur place et mis sur pied un comité de suivi. Le Collège d'Alma s’est assuré de mettre en place divers aspects structurants pour lui permettre de devenir un allié de la communauté.

[Il faut] avoir une vision commune et, après ça, c'est de marcher ensemble, main dans la main, dans cette même vision. Cette posture d'allié est complexe. On développe des amitiés, des alliances et comme ça on avance vraiment ensemble. On se rejoint après un certain temps où on a de belles réussites, expose le conseiller en formation du Collège d’Alma, responsable du programme, Dominic Simard.

Dominic Simard croit que le fait d’adopter une attitude d’allié avec les communautés autochtones peut mener à une réelle réconciliation.

C'est peut-être là que ça peut changer. Si les Québécois, Québécoises, ou peu importe où sur la Terre, on change cette posture-là, là les relations vont être 1000 fois meilleures, croit-il.

L’équipe du Collège d'Alma s'assure actuellement de bien documenter toutes les étapes de cette démarche dans le but de la renouveler ultérieurement.

C'est une démarche particulière. Il y a une nature reproductible. [...] Si on se rend à terme dans trois ans, on s'attend à ce qu'il y ait d'autres communautés qui vont vouloir bénéficier de ce type d'approche là, mentionne Jean-Rémi Dionne.

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