•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Consternation après la découverte des corps de migrants à la frontière du Manitoba

De la neige dans un champ à la frontière entre le Manitoba et les États-Unis, le 20 janvier 2022.

De la neige dans un champ à la frontière entre le Manitoba et les États-Unis, le 20 janvier 2022.

Photo : La Presse canadienne / John Woods

Le préfet de la municipalité rurale d’Emerson-Franklin, Dave Carlson, dit que la zone où les corps ont été trouvés est une terre de fermes céréalières et de pâturages à perte de vue.

Les arbres sont rares et il n’y a pas d’endroit où se réfugier. C'est aussi difficile de trouver des points de repère, note-t-il.

On peut se trouver rapidement dans une situation fâcheuse quand on est dans une zone éloignée comme celle-là. On peut être désorienté très rapidement. C’est dangereux même pour un résident de l’endroit en détresse, ajoute-t-il.

« C’est vraiment dommage que le désespoir ait mené à cette prise de risques. [...] C’est tragique et tellement triste. »

— Une citation de  Dave Carlson, préfet de la municipalité rurale d’Emerson-Franklin
Dave Carlson parle aux médias le 20 janvier 2022.

Dave Carlson est le préfet de la municipalité rurale d'Emerson-Franklin, au Manitoba.

Photo : La Presse canadienne / John Woods

Seidu Mohammed, un Ghanéen qui a traversé la frontière vers le Canada à cet endroit à la veille de Noël, en 2016, est dévasté par cette nouvelle. Ce dernier, qui réside maintenant au Manitoba, a dû être amputé des doigts et des orteils après avoir subi des engelures.

Je ne peux pas imaginer ces familles, le genre d’expérience qu’elles ont vécue quand elles n’ont pas pu arriver à leur but. Je ne peux pas l’imaginer parce que c’est vraiment horrible. Nous pouvons ressentir la douleur de quelqu’un qui vit ce froid parce que nous avons déjà vécu ces douleurs, a-t-il déclaré, en offrant ses condoléances aux proches des membres de la famille décédés.

Seidu Mohammed, un demandeur d'asile originaire du Ghana, souriant après avoir obtenu le statut de réfugié en mai 2017.

Seidu Mohammed a perdu tous ses doigts en raison d'engelures subies en traversant irrégulièrement la frontière au Manitoba en 2016. (archives)

Photo : La Presse canadienne / John Woods

L’identité des quatre personnes retrouvées mortes près de la frontière canado-américaine au Manitoba n’est pas encore connue. Des documents fournis par la justice américaine révèlent cependant que les migrants sans-papiers venaient d’Inde.

Steve Shand, un homme de 47 ans originaire de Floride a été arrêté en lien avec ces événements. Il pourrait être lié à d'autres migrations clandestines, selon les autorités.

Les défis du système d'immigration

Selon les documents judiciaires, les membres du groupe qui accompagnait les victimes parlaient le gujarati, une langue de l’ouest du pays, et peu ou pas anglais.

Cette communauté compterait de 350 000 et 400 000 personnes au Canada, selon le président de l’organisme Friends of Gujarat, établi dans la région de Toronto, Ahkil Shah. Il regrette les risques pris par ses compatriotes.

Ils n’ont peut-être pas réalisé que marcher sur une si longue distance n’est pratiquement pas faisable. Ils n’auraient pas dû le faire. Mais la motivation et l’objectif final sont de migrer aux États-Unis et ils feraient n’importe quoi pour y arriver, déplore-t-il.

Jean-René Dominique Kwilu est à l'extérieur alors qu'il neige, devant un mur en béton.

Jean-René Dominique Kwilu, avocat spécialisé en droit de l'immigration à Winnipeg.

Photo : Radio-Canada

Les personnes à la recherche d'une vie meilleure se heurtent souvent à une barrière linguistique quand ils entrent dans le système d’immigration au Canada, soutient un avocat en droit de l’immigration de Winnipeg, Jean-René Dominique Kwilu.

Tous n’ont pas les outils nécessaires pour s’intégrer. Il y en a d’autres qui ne savent même pas que des organismes sont là pour les aider même s’ils sont en situation irrégulière [...] Ils viennent d’autres pays et ils sont victimes de leur situation. Quand on ne parle pas la langue, ça arrive, des situations malheureuses comme on a vu dernièrement, affirme M. Kwilu.

Selon l'avocat spécialisé en immigration David Matas, convaincre les gens de traverser n’est pas un défi pour les passeurs. Ils utilisent leur désespoir, dit-il, parce que certains courent le risque d’être renvoyés vers le pays qu’ils ont quitté.

Un marqueur à la frontière entre le Canada et les États-Unis au Manitoba, dans un champ couvert de neige.

Un marqueur à la frontière entre le Canada et les États-Unis au Manitoba, dans un champ couvert de neige.

Photo : La Presse canadienne / JOHN WOODS

Le haut-commissariat de l'Inde au Canada déploie une équipe au Manitoba

Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, a tenu à offrir ses condoléances, mais également à exprimer son sentiment de colère.

C’était tellement tragique de voir une famille périr comme ça, victime de trafic humain, victime de désinformation et de gens qui ont profité de leur désir de bâtir un monde meilleur, a-t-il déclaré.

Le haut-commissaire de l’Inde au Canada, Ajay Bisaria, a indiqué dans un micromessage qu’une équipe a été envoyée depuis le consul à Toronto pour soutenir la communauté au Manitoba et contribuer à l’enquête aux côtés des autorités canadiennes.

Avec des informations d’Émile Lapointe, Julien Sahuquillo et Darren Bernhardt

Commentaires fermés

L’espace commentaires est fermé. Considérant la nature sensible ou légale de certains contenus, nous nous réservons le droit de désactiver les commentaires. Vous pouvez consulter nos conditions d’utilisation.