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Analyse

Doug Ford, les sondages et le calcul politique

Le temps file pour le premier ministre ontarien, bousculé par la vague Omicron, alors que pointent à l'horizon les élections.

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Le premier ministre Doug Ford a dévoilé son nouvel échéancier de réouverture, qui s'amorcera le 31 janvier.

Photo : La Presse canadienne / Nathan Denette

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ANALYSE - C'est monnaie courante à Queen's Park : les partis politiques ne s'entendent pratiquement jamais. Or, cette semaine, ce sont les sondeurs qui n'arrivent pas à se mettre d'accord. Leur différend? L'identité du meneur dans la course électorale ontarienne, à un peu plus de quatre mois du scrutin provincial.

Qui est en bonne posture? Difficile à dire, puisque les trois principaux chefs ont chacun au moins un sondage qui les donne gagnants. Abacus data, EKOS, Angus Reid, Innovative Research : les résultats publiés vont dans toutes les directions. On repassera pour le consensus. 

Des éléments communs se dégagent, toutefois. D'abord, l'obtention d'une majorité n'est gagnée d'avance pour aucun des partis. Les Ontariens pourraient bien se réveiller le matin du 3 juin avec un gouvernement minoritaire pour les diriger. 

Autre constat : une majorité de répondants sont en désaccord avec les récentes décisions de Doug Ford. Le reconfinement de janvier et les modalités du retour en classe lui auraient fait perdre quelques plumes. Le taux d'approbation de Doug Ford ne fait pas d’envieux, même s'il récolte un meilleur score qu'avant la pandémie. 

Enfin, le chef libéral Steven Del Duca continue de passer sous le radar de bien des électeurs. Son nom n’évoque que très peu de choses pour le commun des mortels. Les libéraux ont intérêt à poursuivre leurs efforts pour sortir leur chef de l'incognito. 

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Le chef libéral Steven Del Duca

Photo : La Presse canadienne / Chris Young

Même si tous les politiciens vous répètent ad nauseam que le seul sondage qui est important est celui du jour du scrutin, il n'en reste pas moins que les résultats publiés cette semaine déclencheront une révision de la stratégie électorale de chaque parti. Un exercice que fait déjà régulièrement le Parti progressiste-conservateur.

Un calcul politique 

Selon Doug Ford, le déconfinement qui s'amorcera le 31 janvier est possible grâce à l’embellie de la situation sanitaire, mais impossible d’ignorer le calcul politique en toile de fond.

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Le premier ministre avait dû annoncer l'ajout de restrictions sanitaires en raison de la vague de COVID-19 provoquée par l'arrivée du variant Omicron.

Photo : La Presse canadienne / Chris Young

Il y a fort à parier que les impératifs électoraux ont pesé fort dans la balance au moment de déterminer l’échéancier de relance. Dans les prochains mois, les progressistes-conservateurs voudront certainement regagner la confiance des électeurs frustrés par les fermetures. 

La rampe jusqu'aux prochaines élections est plus courte en Ontario qu'au Québec et il y a des pressions supplémentaires sur M. Ford , indiquait d'ailleurs la politologue Stéphanie Chouinard, sur nos ondes cette semaine. 

Le chemin qui mène à la campagne électorale rétrécit et la marge de manœuvre du premier ministre aussi. Doug Ford fera tout en son pouvoir pour éviter de commencer la course avec du retard sur ses adversaires. Ses actions seront plus que jamais guidées par la perspective d'une victoire. Il cherchera à plaire au plus grand nombre possible, quitte à froisser des infectiologues au passage. 

« [M. Ford] c'est quelqu'un qui aime plaire et il va aimer plaire à sa base actuellement. Et sa base souhaite qu'il déconfine, même si ça va créer des pressions supplémentaires sur le système. »

— Une citation de  Stéphanie Chouinard, politologue, Collège militaire royal du Canada

Le déconfinement est-il trop rapide? Trop lent? Les avis sont partagés, même dans la communauté médicale. Avec la reprise de plusieurs activités sociales, Doug Ford fait le pari que notre système hospitalier peut gérer les chocs à venir, même post-assouplissements, et que le pire est derrière nous. Le contraire pourrait être lourd de conséquences pour son caucus. 

Le premier ministre pourrait courir à sa perte s’il introduit à nouveau des restrictions importantes au printemps. Gagner une campagne électorale sur fond de recrudescence des cas, avec la grogne des commerçants en prime, relèverait de l’exploit. 

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