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Crise des opioïdes : Edmonton débattra de la décriminalisation des drogues

L'Association des chefs de police de l’Alberta exprime des réserves.

Un panier contenant de l'équipement pour une injection supervisée.

Décriminaliser la possession de drogues pour usage personnel faciliterait l'accès aux traitements et aux services de réduction de risques, selon certains.

Photo : CBC/Michael McArthur

Le conseiller municipal Michael Janz souhaite qu'Edmonton étudie la possibilité de faire décriminaliser la possession de petites quantités de drogue dans la capitale, suivant notamment les pas de Montréal, de Vancouver et de Toronto.

Michael Janz, conseiller du quartier Papastew, a l’intention d’introduire cette motion lundi au conseil municipal.

Plus précisément, il demandera que la Ville produise un rapport sur le processus et les étapes nécessaires pour obtenir une exemption aux lois fédérales interdisant la possession de drogues. 

Ce rapport serait soumis au conseil municipal d’ici le printemps.

Michael Janz décrit cette motion comme un premier pas pour mettre fin à l’échec qu’est la guerre contre la drogue. Pendant trop longtemps [l’abus de substances] a été traité comme une question purement judiciaire, une faiblesse morale, et pas comme le problème de santé publique qu’il doit être, dit-il.

Il souligne que les experts en santé publique sont de plus en plus nombreux à prôner cette solution pour réduire la stigmatisation qui empêche souvent les personnes ayant des dépendances d’accéder aux services de traitement ou de réduction des risques.

Il espère aussi que cela réduira le fardeau de travail de la police et permettra, à terme, de rediriger les ressources municipales vers des services sociaux.

Trop tôt, selon les chefs de police de l'Alberta

L’Association des chefs de police de l’Alberta a tenu un point de presse, jeudi, pour encourager les villes à ne prendre aucune décision hâtive dans le dossier.

Son président, Mark Neufeld, qui est également le chef de police de Calgary, croit qu’il faut prévoir un cadre réglementaire clair pour l’utilisation de drogues, comme cela a été fait pour le cannabis et l’alcool, avant de songer à la décriminalisation.

Cela inclurait des règlements pour gérer l’utilisation de drogues dans les lieux publics ou dans des lieux partagés avec des mineurs, les seringues souillées et autres débris, ainsi que, bien sûr, les plaintes du public concernant des comportements incohérents et imprévisibles, dit-il.

Selon lui, les sanctions de rechange ainsi qu’un système pour s’assurer que les personnes utilisant des drogues sont dirigées vers des centres de traitement et des ressources appropriées doivent être perfectionnées avant de décriminaliser la possession simple de drogues.

Sinon, je m'attends à ce que nous ayons beaucoup plus de désordre et de problèmes dans nos communautés que nous en avons maintenant, ajoute-t-il.

Il n’exclut cependant pas l'idée que la décriminalisation, puisse, à l'avenir être une solution si toutes ces conditions sont respectées.

L’Association canadienne des chefs de police demande la décriminalisation de la possession simple de drogues depuis juillet 2020.

Pour sa part, Michael Janz aurait aimé qu’Edmonton ait déjà pris une telle mesure.

Il soutient qu’il existe déjà toutes sortes de lois, de règlements et de sanctions qui permettent aux policiers d’agir pour contrôler le désordre public.

Petra Schulz, membre du groupe Moms Stop the Harm, qui prône une approche de réduction des risques pour les consommateurs de drogues, croit aussi qu’il faut agir de façon urgente devant la hausse des surdoses.

Je ne crois pas aux arguments du chef de police qui dit que nous devons avoir tous les services en place et qu’ensuite nous pourrons décriminaliser. Non, il faut faire les deux en même temps, affirme-t-elle.

L’année 2021 a été la plus meurtrière enregistrée en Alberta pour les morts liées aux empoisonnements par les drogues, avec 1372 décès entre janvier et octobre.

Avec des informations de Stephen Cook

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