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COVID-19 : des médecins jugent Jason Kenney trop optimiste

Une employée vêtue d'un habit de protection marche en poussant une machine.

La cinquième vague n'a pas provoqué un engorgement des soins intensifs mais a tout de même mis beaucoup de pression sur d'autres services comme les urgences.

Photo : Associated Press / Nathan Papes/The Springfield News-Leader

Des médecins craignent que l'optimisme de Jason Kenney ne permette pas aux Albertains de comprendre les véritables conséquences de la cinquième vague de la COVID-19 sur le système de santé.

Jeudi, Jason Kenney a annoncé que la province avait dépassé le pic de la contagion, indiquant qu'il s'agissait une bonne nouvelle. Or la présidente-directrice générale d’AHS, Verna Yui, beaucoup moins optimiste, a décrit une situation alarmante, surtout dans les hôpitaux.

Selon l’urgentiste Shazma Mithani, il est important que le message soit le même pour que le public comprenne bien les défis et les difficultés que ses collègues et elle vivent au quotidien durant son travail aux services d’urgence d’Edmonton.

La Dre Yiu a décrit une situation désastreuse, alors que Jason Kenney a dit que nous avons presque dépassé le pic. Donc, je me dis que le public peut contester la validité des propos de la Dre Yiu. Et je peux vous dire que ce que [la Dre Yiu] a dit est réaliste, explique l’urgentiste.

La Dre Verna Yui a notamment annoncé que le volume des admissions aux urgences a augmenté de 30 % durant cette vague et que les équipes sont réduites en raison d'un nombre important d'absences. La réalité est que les hôpitaux de la province sont débordés.

Le président de la division des soins d’urgences de l’Association médicale de l’Alberta, Paul Parks, ajoute que le contraste entre les deux messages est démoralisant. On a l’impression que le gouvernement n’a aucune idée de ce qui se passe dans les hôpitaux.

« La dissonance est telle que c'est démoralisant. »

— Une citation de  Paul Parks, président de la division des soins d’urgence de l’Association médicale de l’Alberta

Selon le Dr Paul Parks, le triage devient de plus en plus difficile. Des patients atteints de la COVID-19 sont admis, car ils sont suffisamment malades pour avoir besoin de soins, mais il y a aussi des personnes atteintes d’autres maladies dont le traitement a été repoussé durant des mois en raison de la pandémie.

Le patient et sa famille ne savent pas qu’il risque d’attendre 8 heures, ou qu’il faudra l’installer dans les couloirs, voire un placard, parce que les hôpitaux débordent. Les soins de routine sont repoussés ou pas du tout offerts. Alors ils sont choqués et frustrés quand ils se rendent compte de cette réalité.

Dans une lettre envoyée aux employés d’AHS, la PDG, Verna Yiu, dit qu’elle veut être transparente avec le public et reconnaître le travail et les efforts des employés. Je suis consciente de la réalité de la situation et de votre épuisement.

Elle ajoute que, pour accueillir plus de patients, les unités de réponses à la pandémie seront activées à Calgary et à Edmonton dans les prochains jours.

Avec des informations de Charlotte Dumoulin et Wallis Snowdon

Notre dossier COVID-19 : ce qu'il faut savoir

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