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Un hôtel du quartier latin devient un refuge pour itinérants autochtones

Une halte-chaleur attenante permettra la consommation d'alcool et de cannabis supervisée, mais pas celle de drogues dures.

La salle à manger du refuge.

Le nouveau refuge d'urgence accueillera des itinérants autochtones en tout temps.

Photo : Radio-Canada / Maud Cucchi

Maud Cucchi

Sous une tente glaciale malgré les quelques chaufferettes installées, la Ville de Montréal a présenté vendredi de nouveaux services spécifiquement dédiés aux itinérants autochtones, en remplacement du refuge situé au complexe Guy-Favreau qui était uniquement ouvert la nuit.

C’est là, sous cette halte-chaleur attenante à l’hôtel réquisitionné, que seront accueillis en tout temps les Autochtones à la recherche d’un abri contre l’hiver où ils pourront consommer alcool et cannabis sous supervision.

Mais pas de drogue dure, précise Heather Johnston, la directrice générale de Projets autochtones du Québec (PAQ) qui chapeaute le projet.

On n’est pas équipés pour ça, complète Sonia Bélanger, présidente-directrice générale du CIUSSS du Centre-Sud-de-l'Île-de-Montréal.

Une halte-chaleur à étages avec des chaises.

Cette tente attenante à l'hôtel pourra accueillir des itinérants autochtones en leur permettant de consommer de l'alcool et du cannabis sous des chaufferettes.

Photo : Radio-Canada / Maud Cucchi

Pas de consommation non plus à l’intérieur de l’Hôtel des Arts qui offrira 50 places d’hébergement d’urgence à partir du début février, et ce 24 heures sur 24, sept jours sur sept.

Des espaces de vie communs, une dînette où seront servis des repas trois fois par jour, une buanderie et même des chambres réservées aux couples ont été préparés en moins de deux semaines pour transformer ce modeste hôtel du quartier latin en refuge hivernal jusqu’au 31 mars.

Un bouquet de fausses fleurs derrière une vitre de l'hôtel.

Situé à proximité du Quartier des Spectacles, l'Hôtel des Arts a été réquisitionné par la Ville fin décembre.

Photo : Radio-Canada / Maud Cucchi

Le refuge fonctionnera grâce à une équipe d'intervention, de sécurité et de gestion de 10 à 15 personnes présentes en tout temps avec des infirmières et des intervenants psychosociaux accessibles sur place.

Ce type de ressource était attendu depuis fort longtemps, indique Nathalie Julien, de Projets autochtones du Québec.

« Les gens avec des addictions font partie intégrante de notre société, ce site leur proposera une approche holistique, culturellement sécuritaire. »

— Une citation de  Nathalie Julien, gestionnaire en intervention à Projets autochtones du Québec

Les usagers bénéficieront aussi de services d’aide d’urgence et d’accompagnement personnalisé pour retrouver un logement et du travail. Car le lieu n’a pas vocation à devenir une résidence permanente pour ses visiteurs d’un ou de quelques soirs, même si les organisateurs garantissent qu’ils pourront rester aussi longtemps qu’ils voudront, à condition de respecter les consignes.

Nathalie Julien à l'entrée de l'hôtel reconverti en refuge.

Nathalie Julien, gestionnaire des programmes et services chez Projets autochtones du Québec

Photo : Radio-Canada / Maud Cucchi

Les Autochtones pourront retrouver leur communauté en toute sécurité et sauront ce qui les attend en venant ici, fait valoir Mme Julien. De notre côté, on veut les aider à rebondir, car mieux on les connaît, meilleure sera notre intervention.

De telles ressources dédiées à un public autochtone demeurent bien développées à Ottawa ou encore à Winnipeg, note-t-elle, alors qu’à Montréal il ne s’agit que d’un début.

De la sauge et des accessoires pour la brûler.

Une cérémonie aura lieu à l'ouverture officielle du refuge, lundi à 19 h 30.

Photo : Radio-Canada / Maud Cucchi

Des ressources mais toujours des morts

Alors que la Ville se félicite d’avoir doublé son budget destiné aux organismes communautaires en itinérance (lequel passera de 3 millions à 6 millions de dollars annuellement dès 2022), deux itinérants sont morts à Montréal en moins de deux semaines.

La plus récente victime, une sexagénaire a été découverte inconsciente dans la nuit de mercredi à jeudi près d’un édicule de la station de métro Berri-UQAM.

C’est toujours un mort de trop, a commenté la mairesse Valérie Plante sans détailler les circonstances du décès, mais en réitérant l’importance d’avoir un toit au-dessus de la tête, a fortiori en hiver.

Le problème de l’itinérance demeure complexe, ont répété le ministre responsable des Affaires autochtones, Ian Lafrenière, et Heather Johnston, la directrice générale de PAQ.

Selon le ministre Lafrenière, l’enjeu ne se résume pas à la simple équation nombre de lits / nombre d’itinérants.

« On ne devrait pas mourir de froid au Québec en 2022. »

— Une citation de  Ian Lafrenière, ministre responsable des Affaires autochtones

Mme Johnston a souligné qu’au moins 70 places étaient réservées aux itinérants autochtones dans la métropole et que, selon elle, les récents décès n’étaient pas liés à un manque de lits.

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