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Du retard à prévoir pour la réparation du câble de télécommunication brisé aux Îles

Les câbles sous-marins à l'Étang-du-Nord aux Îles-de-la-Madeleine.

Les câbles sous-marins à l'Étang-du-Nord aux Îles-de-la-Madeleine, photographiés lors de la panne de 2018 (archives)

Photo : Radio-Canada / William Bastille-Denis

La réparation du câble sous-marin assurant le lien de télécommunication entre les Îles-de-la-Madeleine et la Gaspésie sera retardée d’environ trois semaines. Selon le Réseau intégré de communications électroniques des Îles-de-la-Madeleine (RICEIM), le câblier pourra se mettre au travail dans la semaine du 21 février.

Ces travaux sont rendus nécessaires par le bris du câble nommé COGÎM-1, survenu à la mi-décembre à un kilomètre et demi des côtes de l'archipel.

Selon le RICEIM, ce délai est principalement dû au fait que le fournisseur, IT International Telecom, cumule du retard sur un autre projet en cours à Trinité-et-Tobago. Le IT INTEGRITY, le câblier qui sera affecté à la réparation, est toutefois actuellement en route vers les ports d’Halifax et devrait y arriver dimanche.

Un câble recouvert d'algues et d'éponges.

Deux câbles relient l'archipel au continent afin d'assurer les services de télécommunications.

Photo : Radio-Canada / Gracieuseté : CICEÎM

Tout l’équipement nécessaire à la réparation sera ensuite installé sur le navire. On parle notamment de moteurs à câbles, d'un conteneur de raccordement et du câble de rechange.

Il faut, finalement, monter une usine pour faire la réparation, illustre Joël Bourque, coordonnateur aux opérations courantes pour le RICEIM.

Le IT INTEGRITY se rendra ensuite au large des berges de l’Anse à Borgot, à l’Étang-du-Nord. Deux jours de travaux sont prévus.

La situation actuelle ne surprend pas outre mesure le président de la Communauté maritime des Îles-de-la-Madeleine, Jonathan Lapierre.

« En fait, il fallait s'y attendre. Nous sommes en pleine période hivernale avec des tempêtes qui secouent tout le golfe du Saint-Laurent. Les entreprises qui peuvent réparer ce type de câble-là sont quand même une denrée rare, de par le monde. »

— Une citation de  Jonathan Lapierre, président de la Communauté maritime des Îles-de-la-Madeleine

C'est un délai qui n'était pas forcément souhaitable, mais qui était quand même prévisible. Il était possible qu'à ce moment de la saison, en période hivernale, ça arrive. Et malheureusement, ça arrive, ajoute l'élu.

Les câbles sous-marins qui relient l'archipel au continent

Les câbles sous-marins qui relient l'archipel au continent.

Photo : Radio-Canada / William Bastille-Denis

Ce dernier espère que le deuxième câble tiendra le coup d'ici la fin des travaux afin que COGÎM-1 et COGÎM-2 soient fonctionnels simultanément, comme ce fut le cas auparavant.

Quant à lui, le député des Îles-de-la-Madeleine Joël Arseneau se dit déçu que les délais passent de six à neuf semaines.

« On sait qu'il faut mobiliser des équipements spécialisés pour la réparation d'un câble comme celui-là, mais évidemment, [tant que] la durée s'étend pour la réparation de l'un des câbles, la redondance n'est pas assurée de façon pleine et entière. »

— Une citation de  Joël Arseneau, député des Îles-de-la-Madeleine

Le député fait ainsi référence au fait que lorsque l'un des deux câbles éprouve des problèmes, une redondance permet au second de prendre le relais.

Le service maintenu

Le fait que l’un des deux câbles soit hors service n’affecte pas la qualité du service Internet sur l’archipel, tant pour la clientèle résidentielle que la clientèle affaires. Le deuxième câble a pris la relève tel que prévu.

Jonathan Lapierre, lors d'une entrevue en visioconférence avec Radio-Canada.

Jonathan Lapierre compare le lien Internet micro-ondes mis en place par Québec pour prendre temporairement la relève à une ceinture de sécurité.

Photo : Radio-Canada

En 2018, l’un des deux câbles avait cédé. Comme cette redondance n’existait à l’époque, l’état d’urgence avait été déclenché aux Îles-de-la-Madeleine. Cette situation ne risque pas de survenir de nouveau, note Jonathan Lapierre.

« Contrairement à 2018, il y a maintenant des plans de contingence qui sont bien installés dans la communauté des Îles. D'abord, le gouvernement a travaillé, de concert avec Bell Canada, pour installer un lien micro-ondes qui serait en mesure, en partie, de prendre la relève. »

— Une citation de  Jonathan Lapierre, président de la Communauté maritime des Îles-de-la-Madeleine

Il est à noter, aussi, que plusieurs des partenaires institutionnels du territoire se sont dotés de leur propre réseau de relève en matière de communications, ajoute M. Lapierre.

Selon le RICEIM, les autorités se tiennent prêtes à déployer le lien Internet micro-ondes au besoin. Il s'agit néanmoins d'une solution temporaire et de dernier recours.

Des travaux de protection désirés

Depuis l'été dernier, le câble est protégé par des tuyaux de fonte sur une distance de 1,4 km. Le RICEIM avait remplacé ces tuyaux en raison de problèmes importants de corrosion. Or, le bris de décembre 2021 est survenu un peu plus loin, c'est-à-dire à un endroit où le câble n'est pas enfoui dans le sable.

Joël Arseneau.

Joël Arseneau, député des Îles-de-la-Madeleine croit qu'il faut en faire davantage pour mieux protéger les câbles (archives).

Photo : Radio-Canada

Le député Arseneau estime que cette protection devrait être prolongée dans les meilleurs délais, puisque l'enfouissement des câbles avec celui d’Hydro-Québec n'est prévu qu'en 2027. Il faut, et on peut le faire, mieux protéger les câbles actuels, plaide-t-il.

« On ne veut pas revivre, encore et encore, des périodes d'instabilité ou d'inquiétude à chaque tempête, se poser la question si les câbles vont tenir le coup, si l'un ou l'autre va flancher et combien de temps ça va prendre pour les réparer. »

— Une citation de  Joël Arseneau, député des Îles-de-la-Madeleine

En plus de l'incident de 2018, les câbles optiques sous-marins ont subi deux autres épisodes de bris au cours des dernières années, en 2012 et 2016.

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