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Meurtres à Sainte-Sophie : la prison à vie pour Benjamin Soudin

Un périmètre de sécurité installé autour d'une maison à deux étages.

Le drame s'est joué dans cette maison le 1er mars dernier.

Photo : Radio-Canada / Alain Béland

Radio-Canada

Au palais de justice de Saint-Jérôme, vendredi, Benjamin Soudin a été condamné à la prison à vie pour les meurtres non prémédités de son ex-conjointe Myriam Dallaire et de la mère de celle-ci, Sylvie Bisson.

Benjamin Soudin, 34 ans, devra passer au moins 18 ans en détention avant de pouvoir demander une libération conditionnelle.

En imposant cette peine à l'accusé, la juge Catherine Perreault a accepté la recommandation commune de la Couronne et de la défense.

Ces deux meurtres avaient été perpétrés à Sainte-Sophie, dans les Laurentides, dans la maison bigénérationnelle où vivaient les victimes.

Myriam Dallaire avait pris la décision de quitter son conjoint, Benjamin Soudin, peu après avoir donné naissance à un enfant. Dans la soirée du 1er mars, alors qu'elle était en compagnie de sa mère, Benjamin Soudin s'est présenté chez elle et les a attaquées toutes deux à la hache.

C'est Alain Dallaire qui a découvert les corps ensanglantés de sa femme et de sa fille.

Le meurtrier a ensuite pris la fuite en voiture et a foncé sur un automobiliste à Saint-Jérôme, lui causant de graves blessures.

Vendredi, avant son procès, Benjamin Soudin a reconnu sa culpabilité pour les deux meurtres ainsi que pour conduite dangereuse ayant causé des lésions.

Devant le tribunal, le détenu a pris la parole, se disant désolé pour les torts qu'il a causés. Je ne demande pas d'excuses, a-t-il dit, je veux juste vous faire savoir que moi aussi j'en souffre.

C’est tellement plate, je le regrette, a-t-il déclaré.

Son avocate, Marie-Hélène Giroux, a affirmé que dès le début des procédures, Benjamin Soudin avait manifesté l'intention de ne pas faire subir un procès à la famille. C'est un facteur atténuant important.

Dans cette affaire, les procédures judiciaires ont duré dix mois. C'est rapide, a noté l'avocate de la Couronne Caroline Buist, qui reconnaît du même souffle que cela peut sembler une éternité pour les familles des victimes.

Un égoportrait de la jeune femme.

Benjamin Soudin a plaidé coupable des meurtres non prémédités de Myriam Dallaire (sur la photo) et de la mère de celle-ci, Sylvie Brisson, dans les Laurentides, en mars 2021.

Photo : GoFundMe

Le droit de choisir

Dans une autre affaire, en 2018, Benjamin Soudin avait plaidé coupable de voies de fait et menaces dans un contexte de violence conjugale. Il avait passé quatre ans derrière les barreaux.

Vendredi, la juge Perreault a déploré que lors d'une rupture, les femmes sont encore trop souvent des victimes de leur conjoint.

« 2021 a été une année meurtrière pour les femmes au Québec. Elles ont le droit de choisir quand mettre fin à leur union […] sans craindre la violence de leur conjoint. »

— Une citation de  La juge Catherine Perreault de la Cour supérieure du Québec

Espérons que cette sentence amènera, peut-être, les victimes à faire confiance au système de justice, à dénoncer, parce que l'irréparable peut arriver, a déclaré pour sa part Me Buist.

Pour Alain Dallaire, père d'une victime et conjoint de l'autre, il s'agit d'un début de processus de deuil.

C'est difficile, on a perdu deux êtres chers, a-t-il déclaré vendredi. Je ne leur connaissais pas d'ennemis. Ma femme, ma fille...

C'est difficile de comprendre qu'il [Benjamin Soudin] pourrait peut-être retrouver la liberté plus tard, a poursuivi M. Dallaire. Ça ne me rentre pas dans la tête.

Avec les informations de Jérôme Bergeron et de Marc Verreault

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