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Chronique

Pour que des mères ne meurent pas en donnant la vie

Les carnets de Jean-Marie sérieux

Les carnets de Jean-Marie

Photo : Radio-Canada

Donner la vie est encore un exploit périlleux dans nombre de pays qui ont des ententes d'aide et de soutien humanitaire avec le Canada. Dans ces pays, des femmes meurent encore en donnant la vie. J'en sais quelque chose.

Ma famille, en République démocratique du Congo (RDC), a enterré il y a quelques jours l’une de mes nièces. La jeune maman n’a pas survécu, moins d’un jour après avoir accouché de deux jumelles dans une clinique de la ville minière de Kolwezi.

Elle a rendu l’âme après son transfert au principal hôpital de la ville, laissant plusieurs enfants orphelins.

Son mari m’a expliqué qu’elle avait eu une grossesse normale, mais qu’elle avait manqué de sang après l’accouchement. Les efforts de perfusion sanguine à la clinique, puis à l’hôpital se seraient avérés problématiques et infructueux.

Ma nièce est morte sous le regard impuissant de sa mère qui est inconsolable. Imaginer que je ne pourrai plus la revoir m’attriste énormément. Constater que le geste naturel de donner la vie peut tourner à un tel drame me peine davantage.

Certes, la situation sanitaire actuelle ne facilite pas les choses, particulièrement dans les pays les moins avancés.

Je sais aussi que des pays, comme le Canada, se sont engagés depuis des années à œuvrer pour améliorer la santé des mères, des nouveau-nés et des enfants.

La région où ma nièce est morte fait partie des villes de la RDC que le Canada a ciblées dans le cadre de cet engagement.

Sur son site Internet, le gouvernement canadien dit que la RDC est le quatrième plus important bénéficiaire de son aide au développement, avec 150 millions de dollars versés de 2019 à 2020.

Des drames comme celui que je partage ici pourraient servir, je l’espère, à orienter l’usage de telles ressources. 

La question, en effet, revient souvent à se demander qui en profite vraiment, si les cliniques et les hôpitaux des régions ciblées peinent à répondre à un besoin aussi essentiel que du sang pour une maman qui vient d’accoucher.

Ce que j’ai vu et ce que j’ai entendu me portent à dire que l’aide canadienne va vraiment œuvrer à l'amélioration de la santé des mères, des nouveau-nés et des enfants à certaines conditions. La formation du personnel médical et l’équipement des centres de soins des régions ciblées en font partie.

Si la disparition de ma nièce peut contribuer à renforcer une telle conscience, ça sera pour moi aussi une façon de lui rendre hommage.

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