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Froid intense : une femme retrouvée morte près d’une entrée de métro

Une personne sans abri avec ses effets personnels une journée d'hiver.

Les vagues de froid intense sont des périodes particulièrement difficiles à traverser pour les personnes qui vivent dans la rue.

Photo : Radio-Canada / Charles Contant

Radio-Canada

C’est la deuxième fois en dix jours qu’on retrouve une personne en situation d’itinérance morte à l’extérieur par grand froid, à Montréal.

La femme, âgée d’une soixantaine d’années, a été découverte inconsciente dans la nuit de mercredi à jeudi près d’un édicule de la station de métro Berri-UQAM, au coin du boulevard De Maisonneuve et de la rue Saint-Denis, au centre-ville de Montréal.

À l’arrivée des ambulanciers, la dame était en état d’arrêt cardiorespiratoire, relate Sébastien Coulombe, superviseur à Urgences-santé. Elle ne répondait pas aux stimuli [...] nos équipes ont fait les manoeuvres nécessaires pour essayer la réanimation cardiorespiratoire. Malheureusement, ils ont dû procéder à un arrêt des manœuvres sur les lieux et ensuite au constat de décès.

La femme vivait de toute évidence dans la rue, selon les informations rapportées par les intervenants. Des bagages retrouvés à ses côtés et les nombreuses couches de vêtements qu’elle portait pour se protéger comme elle pouvait du froid intense témoignaient de sa condition d’itinérante.

Son corps a été transporté à la morgue, où il sera gardé un certain temps, au cas où des proches voudraient le réclamer.

Il y a un peu plus d’une semaine, le 10 janvier, un itinérant de 74 ans a aussi été retrouvé mort dans des conditions de froid similaires sous un pont d'étagement dans le quartier Notre-Dame-de-Grâce.

« Deux en quelques jours, c’est des drames qui ne devraient pas exister en 2022. »

— Une citation de  Émilie Fortier, directrice des services au campus Saint-Laurent de la Mission Old Brewery

Les périodes de grand froid sont toujours difficiles dans les refuges et les haltes chaleur de la ville en raison des capacités d'accueil, qui ne suffisent pas à la demande faute de ressources et de personnel surtout.

Les dernières nuits ont été difficiles pour l’ensemble des ressources en itinérance. Tout le monde se bat pour essayer d’agrandir sa capacité d’accueil, mais on manque souvent de bras, surtout la nuit, explique Émilie Fortier, directrice des services au campus Saint-Laurent de la Mission Old Brewery.

Hier, les 170 places disponibles en hébergement d’urgence au campus Saint-Laurent étaient occupées et environ 20 à 25 personnes se trouvaient en tout temps à la halte chaleur de la Mission.

Mais au-delà du manque de place et de la pandémie qui compliquent les opérations des services d'aide aux itinérants, les intervenants doivent aussi souvent composer avec le refus de certains itinérants de se rendre dans les refuges et les haltes chaleur.

Un service de navette qui sillonne les rues du centre-ville pour inciter les itinérants à venir se mettre au chaud a même été mis sur pied pour convaincre les récalcitrants de ne pas rester dehors par ce froid polaire.

Il y a des situations où la personne est réellement désaffiliée et un peu plus méfiante. Là, il faut user de stratégie et de persévérance, mais souvent quand on les convainc d’embarquer dans la navette […] après ça, la confiance se gagne on peut accompagner une personne à la fois comme ça, explique Mme Fortier.

Ouverture d'un centre de plus pour les itinérants autochtones

Un nouveau lieu pour accueillir les itinérants issus des communautés autochtones ouvre ce midi à Montréal. Situé sur la rue Saint-Dominique au sud de la rue Sherbrooke, le centre sera ouvert 24 heures sur 24, sept jours sur sept.

Sur place, 50 chambres individuelles seront offertes aux femmes, aux hommes et aux couples autochtones en situation d'itinérance.

Selon Heather Johnston, directrice générale de Projets autochtones au Québec à l'Association canadienne pour la santé mondiale, trois repas par jour, une buanderie et des services d'intervenants psychosociaux seront offerts sur place pour accompagner les gens sur des objectifs plus à long terme.

Un point de consommation d'alcool supervisée a aussi été prévu dans une tente chauffée sur un site adjacent pour venir en aide à ceux et celles qui ont des problèmes importants de consommation.

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