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L’homme soupçonné de migration clandestine au Manitoba lié à d’autres affaires

Gros plan sur le visage de Steve Shand.

Steve Shand est accusé de migration clandestine après que sept personnes ont été arrêtées au sud de la frontière américaine mercredi. Quatre autres personnes, dont on croit qu'elles faisaient partie du groupe, ont été retrouvées mortes dans un champ au Manitoba.

Photo : Grand Forks County Correctional Centre

Radio-Canada

Steve Shand, 47 ans, originaire de Floride, arrêté après la découverte mercredi de clandestins morts de froid près de la frontière entre le Manitoba et les États-Unis, pourrait être lié à d’autres migrations clandestines, selon les forces de l’ordre.

Avant la découverte des corps, une camionnette transportant 15 personnes, dont 2 clandestins, a été interceptée par des agents de la patrouille frontalière américaine, à environ 1 kilomètre au sud de la frontière canado-américaine, selon un communiqué du bureau du procureur américain du Minnesota.

Le véhicule était conduit par Steve Shand.

Selon les documents judiciaires déposés jeudi auprès d’un tribunal du Minnesota, l’homme pourrait être impliqué dans trois autres cas récents de migration clandestine. Ces papiers montrent également qu’il a déposé une demande de faillite en 2018.

Steve Shand transportait deux ressortissants indiens sans-papiers dans la camionnette lorsqu'il a été arrêté.

Cinq autres ont également été arrêtés à peu près au même moment, tout près de l'endroit où Steve Shand a été arrêté, selon une déclaration sous serment de John Stanley, agent spécial de la sécurité intérieure.

Les forces de l'ordre pensent que ces sept personnes feraient partie d’un même groupe qui aurait été séparé durant leur périple à pied.

De précédents voyages?

L’agent spécial raconte qu’un membre de la patrouille frontalière a fait mention de trois autres incidents récents de migration clandestine, les 12 et 22 décembre 2021 et le 12 janvier 2022, à l'endroit où Steve Shand a été arrêté.

Le 12 janvier, il avait repéré des empreintes de bottes de trois personnes dans la neige. Les empreintes ont été faites par les mêmes bottes en caoutchouc que celles portées par les personnes arrêtées mercredi, selon le document du tribunal.

On sait peu de choses sur les ressortissants indiens placés en détention aux États-Unis lors de l’arrestation du suspect mercredi. Le document judiciaire indique qu'ils parlent peu ou pas l'anglais, mais qu'ils parlent couramment le gujarati, une langue parlée dans l'ouest de l'Inde.

Les membres du groupe de cinq personnes ont déclaré aux autorités qu'ils avaient traversé la frontière à pied en s'attendant à être pris en charge par quelqu'un. Ils estiment qu'ils ont marché pendant plus de 11 heures.

Selon la déclaration sous serment, l'un d'entre eux avait payé une somme d'argent importante pour entrer au Canada depuis l'Inde avec un visa d'étudiant frauduleux et prévoyait d'entrer aux États-Unis.

Un homme et une femme de ce groupe souffrent de graves blessures dues au froid. Ils ont tous deux été emmenés à l'hôpital pour y être traités pour des gelures présumées. L’homme a pu sortir depuis, mais la femme a été transportée par avion vers un hôpital plus important et devra probablement subir une amputation partielle d'une main, selon les documents judiciaires.

Elle a cessé de respirer à plusieurs reprises pendant son transport par la patrouille frontalière.

Le groupe de cinq personnes portait exactement les mêmes vêtements, selon John Stanley, de nouveaux manteaux d'hiver noirs avec des capuchons bordés de fourrure, des gants noirs, des cagoules noires et des bottes isolantes en caoutchouc.

Les deux personnes qui se trouvaient dans la camionnette avec le suspect portaient des vêtements similaires, mais qui n'étaient pas identiques aux autres.

Steve Shand était également en possession d'un ensemble de gants noirs et d'une cagoule noire correspondant à ceux que portaient les autres.

Les corps de quatre autres personnes, dont un nourrisson et un adolescent, ont été retrouvés près d’Emerson, au Manitoba. Les forces de l’ordre pensent qu’il s’agit d’une famille qui serait morte de froid pendant le voyage.

Un champ au sud du Manitoba le 20 janvier 2022.

Un champ près d'Emerson, au Manitoba, à environ 2 kilomètres de l'endroit où les corps ont été retrouvés.

Photo : Radio-Canada / Trevor Lyons

Une communauté attristée

Les membres de la communauté indienne du Manitoba sont profondément touchés par la mort des quatre personnes retrouvées mercredi, qui seraient des membres de la même famille.

Ramandeep Grewal, de l'Association indienne du Manitoba, dit qu'il a été frappé par l’émotion dès qu’il a appris leur mort.

C'est incroyable, personne ne mérite cela. L’enfant en bas âge et l'adolescent de cette famille, ils avaient la vie devant eux, déplore Ramandeep Grewal.

Selon lui, les personnes qui ont traversé la frontière devaient être vraiment désespérées pour risquer un voyage aussi dangereux vers les États-Unis.

Il souhaite transmettre un message aux personnes qui envisagent de traverser la frontière.

« Les membres de la communauté doivent suivre uniquement les voies légales pour venir et rester vivre dans n'importe quel pays. Les voies illégales peuvent être fatales. »

— Une citation de  Ramandeep Grewal, de l'Association indienne du Manitoba

Avec les informations de Rachel Bergen et Caroline Barghout

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