•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Avion dérouté par le Bélarus : la justice américaine inculpe des responsables

Un avion Ryanair, au sol.

Des responsables bélarusses sont inculpés par la justice américaine pour avoir fait dérouter l'avion de ligne de Ryanair à bord duquel se trouvait le dissident Roman Protassevitch.

Photo : Getty Images / AFP / PETRAS MALUKAS

Agence France-Presse

La justice américaine a inculpé jeudi des responsables gouvernementaux bélarusses, accusés d'avoir fait dérouter en 2021 un avion de Ryanair afin d'arrêter un journaliste de l'opposition.

Sept mois après le déroutage spectaculaire à Minsk, le 23 mai dernier, d'un vol reliant Athènes à Vilnius, en Lituanie, par un avion de chasse bélarusse, la justice fédérale new-yorkaise a inculpé quatre Bélarusses pour complot en vue de perpétrer un acte de piraterie.

À bord du vol Ryanair 4978 se trouvaient quatre ressortissants américains et plus d'une centaine d'autres passagers, précisent les procureurs de Manhattan.

Épaulés par le FBI et la police de New York (NYPD), ils accusent dans un communiqué commun les responsables gouvernementaux bélarusses Leonid Mikalaevich Churo, Oleg Kazyuchits et deux autres, aux identités incomplètes ou inconnues, d'avoir participé de manière centrale au complot.

Les quatre hommes résident au Bélarus et sont donc considérés comme en fuite.

MM. Churo et Kazyuchits sont directeur et directeur adjoint de l'aviation civile bélarusse. Les deux autres sont des officiers des services de la sûreté d'État du Bélarus.

Une violation des règles internationales

Le procureur fédéral de Manhattan Damian Williams s'est engagé à faire juger ceux qui ont participé à ce complot scandaleux en vue de commettre un acte de piraterie.

Il a dénoncé une violation des règles internationales et du droit pénal américain, mais aussi la mise en danger de quatre Américains et d'autres passagers innocents.

Le 23 mai 2021, le président bélarusse Alexandre Loukachenko avait soulevé un tollé international en dépêchant un avion de chasse pour intercepter le vol Ryanair FR4978.

Prétextant la présence d'une bombe à bord, le contrôle aérien bélarusse avait contraint l'appareil à atterrir à Minsk afin d'arrêter au sol un journaliste dissident, Roman Protassevitch, et sa compagne, Sofia Sapega, qui se trouvaient à bord.

Un homme portant un coton ouaté est assis derrière une table, les mains croisées devant lui.

Détenu à Minsk, Roman Protassevitch a dit dans une vidéo diffusée par la télévision d'État être « passé aux aveux » après son arrestation.

Photo : Reuters

Dans leur communiqué, la justice fédérale et le FBI accusent les quatre responsables bélarusses d'avoir élaboré ce projet de fausse alerte à la bombe.

Selon son directeur adjoint Michael Driscoll, le FBI et [ses] partenaires étrangers continueront de tenir pour responsables ceux dont les actes menacent directement la vie de nos ressortissants et qui mettent en péril la stabilité de notre sécurité nationale.

En juin dernier, tout juste un mois après le déroutage de l'avion, les pays occidentaux s'étaient coordonnés pour mettre la pression sur le président Loukachenko avec des sanctions individuelles et des sanctions économiques.

L'Union européenne, les États-Unis, le Royaume-Uni et le Canada avaient ensemble décidé de punir des dizaines de personnalités et des entreprises liées au pouvoir à Minsk.

Le président du Bélarus Alexandre Loukachenko

Le président du Bélarus Alexandre Loukachenko

Photo : Sputnik via Reuters / Alexander Astafyev

En pleine tension entre la Russie et les États-Unis

Ces premières inculpations jeudi par la justice américaine surviennent dans un contexte de tension internationale extrême à propos de l'Ukraine entre Moscou, soutien du Bélarus, et Washington.

Le secrétaire d'État américain, Antony Blinken, a encore prévenu jeudi que la Russie, qui a massé des milliers de soldats à la frontière ukrainienne, prenait le risque de raviver le spectre de la guerre froide, et l'a de nouveau menacée de représailles en cas d'incursion.

Si Moscou nie tout projet d'invasion de l'Ukraine, le Kremlin insiste sur des garanties écrites pour sa sécurité, y compris sur la promesse que Kiev n'intégrera pas l’Organisation du traité de l'Atlantique Nord (OTAN).

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !