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Pétrole et gaz : les investissements canadiens devraient augmenter de 22 % en 2022

Les pétrolières canadiennes prévoient dépenser davantage pour l’entretien et la rentabilisation de structures existantes que pour de nouveaux projets.

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La production et les investissements du milieu pétrolier augmenteront en 2022, mais pas autant que ce à quoi l'on pourrait s'attendre devant la flambée du prix du baril.

Photo : Reuters / Todd Korol

Les investissements dans le secteur pétrogazier canadien devraient atteindre 32,8 milliards de dollars en 2022, selon l’Association canadienne des producteurs pétroliers (CAPP), une hausse de 22 % par rapport à 2021.

La CAPP prévoit que 80 % des nouvelles dépenses du secteur se feront en Alberta.

Les investissements en Colombie-Britannique, qui avaient fait du surplace l’an dernier, seront aussi en hausse, tout comme ceux en Saskatchewan.

Seule Terre-Neuve-et-Labrador ne profitera pas de la même embellie. Ils ne voient pas de croissance du tout cette année, observe le PDG de la CAPP, Tim McMillan.

Il met la faute sur les politiques fédérales qui rendent le forage en mer trop difficile.

Peu d’appétit pour de nouveaux projets

Cette semaine, le prix du baril Western Texas Intermediate (WTI) tournait autour de 85 $ US, un sommet qu’il n’avait pas connu depuis 2014.

Un rapport de la financière BMO publié plus tôt ce mois-ci prévoit qu’il sera de 70 à 80 $ US toute l’année.

Le PDG de la pétrolière albertaine Tamarack Valley Energy, Brian Schmidt, remarque toutefois que l’appétit de l’industrie pour de nouveaux projets et de grandes expansions est loin d’être ce qu’il était.

On voit de petites hausses de production, oui, mais je dirais que, pour la vaste majorité, les actionnaires souhaitent plutôt augmenter le rendement des investissements.

Sa compagnie, par exemple, aurait les moyens d’augmenter sa production de 10 à 15 % en 2022. Elle s’en tiendra à une hausse de moins de 4 %.

Canadian Natural Resources (CNRL), Suncor, Cenovus et Impériale prévoient d’ailleurs toutes des hausses de production modérées, mais aucun grand projet d’expansion en 2022.

Signe d'un marché en transformation?

Selon Tim McMillan, il y a maintenant environ sept ans que l’appétit du marché pour les nouveaux projets pétroliers est en baisse. Par contre, les nouveaux investissements en capital peuvent servir à allonger la vie des infrastructures existantes, à les rendre plus efficaces et à améliorer leur performance environnementale, entre autres.

Ed Whittingham, analyste en politiques énergétiques et ancien directeur de l’institut d’études environnementales Pembina, croit que cette réaction inhabituelle du marché devant la flambée du prix du baril est encourageante.

Elle signale, selon lui, qu’un nombre croissant d’entreprises se rend compte que le cycle de booms et de crises qui a toujours caractérisé le secteur pétrolier n’en vaut plus la peine.

Il fallait littéralement payer des gens pour qu’ils prennent votre pétrole, il y a un an et demi, rappelle-t-il. Je connais assez de monde qui veut sortir de ces montagnes russes pour espérer que nous avons amorcé un virage.

Il estime que plusieurs compagnies pourraient ainsi être tentées de dépenser leurs revenus supplémentaires pour se diversifier et amorcer une transition vers un avenir à faible carbone.

Si on ne le gaspille pas tout en dividendes, ce boom pourrait être une bonne chose en fin de compte pour l’action climatique, croit-il.

Avec des informations de Kyle Bakx

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