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Drame d’Arvida : il faut davantage soutenir les familles, plaide Danielle Tremblay

Danielle Tremblay, commissaire à la commission Laurent.

Danielle Tremblay a été commissaire à la Commission Laurent.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Radio-Canada

« C'est un événement tragique, c'est un événement horrible. Ça ne devrait jamais arriver à aucun enfant », affirme d’entrée de jeu Danielle Tremblay, qui a été membre de la Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse, au sujet de la mort de deux enfants, Félix et Édouard Lalancette, lors d’une explosion provoquée par leur père à Arvida le 10 janvier.

Celle qui a aussi été directrice de la protection de la jeunesse (DPJ) au Saguenay-Lac-Saint-Jean évite de tirer des conclusions quant à l'enquête menée par la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse entourant un ou des signalements qui auraient été faits à la DPJ avant la tragédie.

On ne sait pas quand les signalements ont été faits, quels étaient les faits, les événements qui ont été rapportés à la DPJ , qu'est-ce que la DPJ avait, est-ce qu'ils ont donné suite ou non à la situation? On ne le sait pas. L’enquête de la Commission va mettre tout ça en lumière , souligne-t-elle.

Danielle Tremblay rappelle tout de même que la Commission Laurent, dont elle a fait partie, a étudié le système de protection des enfants dans son sens large. L’un des constats de la commission est le manque de coordination entre la DPJ et les différents intervenants qui gravitent autour des enfants.

Les enfants fréquentent les services de garde, les écoles, les services de loisirs, etc., et une des choses qui a été mise en lumière dans nos travaux, c’est comment tous ces réseaux-là ne se parlent pas ou pas suffisamment, comment les informations ne circulent pas suffisamment entre toutes ces personnes-là et la DPJ pour faire en sorte de tisser un filet de protection sociale autour de ces enfants-là , indique la commissaire.

« Quand on voit un enfant en souffrance, en difficulté, il faut que les drapeaux se lèvent.  »

— Une citation de  Danielle Tremblay, ex-commissaire à la Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse
Régine Laurent, assise pour un point de presse, tient son rapport.

Régine Laurent, présidente de la Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse, a présenté son rapport le lundi 3 mai 2021.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

La DPJ a un mandat particulier, mais c'est l'ensemble de la société qui doit s'assurer, lorsqu'on voit un enfant en situation de précarité, de faire ce qu'il faut pour que cet enfant-là puisse recevoir de l'aide, que les familles, que les parents puissent recevoir de l'aide également , ajoute Mme Tremblay.

La Commission Laurent a aussi recommandé la création d’un poste de commissaire au bien-être et à la protection des enfants, avec le même pouvoir légal que le Protecteur du citoyen.

Son rapport visait également l’amélioration des conditions dans lesquelles travaillent les intervenants de la DPJ. Il y a une volonté dans les plans gouvernementaux du suivi des recommandations de la commission, mais actuellement, comme dans beaucoup de domaines, c'est très difficile, constate-t-elle. Il y a encore beaucoup de travail à faire assurément.

Une tragédie de trop

Le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant, ne veut pas commenter le dossier parce qu'une enquête est en cours. Le responsable de la Loi sur la protection de la jeunesse a offert ses condoléances à la famille et aux amis, dans une déclaration transmise par courriel. Il affirme que cet événement constitue une tragédie de trop .

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Le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant

Photo : Radio-Canada / Charles Contant

Quant à l'enquête entourant les signalements qui auraient été faits à la DPJ, le ministre écrit « qu’avec le dépôt de notre projet de loi en décembre dernier, nous espérons être en mesure d’éviter de tels drames, notamment en amenant la notion de partage des informations entre les différents intervenants au dossier. »

Analyses en cours

Dix jours après la tragédie, la Sûreté du Québec (SQ) considère toujours que l’explosion aurait été causée volontairement par Dérick Lalancette, le père des deux enfants.

Mais la SQ attend toujours les analyses du Laboratoire des sciences judiciaires de Montréal pour identifier le type d'explosifs utilisé et déterminer leur provenance.

Avec les informations de Gilles Munger

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