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Le sport universitaire dans le néant

Joseph en train de tirer un trois points contre les Stingers de Concordia

Un match du basketball du Rouge et Or lors de la saison complète disputée, en 2019. (Archives)

Photo : Yan Doublet / Rouge et Or

Aucune date prévue de reprise des activités, des étudiants-athlètes au bord du décrochage et des entraîneurs qui ne savent plus quoi dire devant le spectre d’une deuxième saison annulée. Responsable du programme Rouge et Or, Jean-Noël Corriveau dresse un portrait sombre de l’état du sport universitaire.

On ne s’attendait à rien, mais on espère toujours qu’il y aura de bonnes nouvelles, lance, déçu, celui qui est également directeur adjoint du service des activités sportives de l’Université Laval.

En pause forcée depuis plus d’un mois, les équipes sportives universitaires n’ont toujours pas le droit de s’entraîner. La reprise des matchs semble donc encore lointaine et l’absence d’annonce à ce sujet, jeudi, lors du point de presse du gouvernement, fait craindre le pire : une deuxième saison annulée pour des sports comme le basketball et le volleyball.

Ce qui m'inquiète et qui inquiète les entraîneurs, ce n'est pas seulement le décrochage sportif. C’est le décrochage scolaire. On commence à entendre des étudiants dire que si le sport ne recommence pas dans les prochaines semaines, ils vont tout arrêter. Il y a un découragement.

On est dans une craque

Un découragement qui se fait sentir également chez les entraîneurs qui ne savent plus quoi répondre à leurs joueurs devant l’inconnu. Lundi matin, l’Université Laval a d’ailleurs offert des ressources d’aide psychologique à ses entraîneurs.

Une joueuse de volleyball s'échauffe avant l'entraînement.

Des joueuses de volleyball du Rouge et Or lors de la reprise des entraînements à huit, à l'hiver 2021.

Photo : Radio-Canada

Jean-Noël Corriveau estime également que le sport universitaire se retrouve dans une craque, tout comme le sport collégial. Les étudiants-athlètes ne bénéficient pas des mêmes exceptions que les jeunes du primaire et du secondaire en programme sport-études, qui peuvent s’entraîner ensemble à l’intérieur en suivant un protocole sanitaire. Ils n’ont pas non plus le statut d’athlètes d’excellence.

On a des jeunes en sports-études qui s’entraînent dans nos installations au PEPS. Il y a aussi des athlètes identifiés qui ont le droit de venir s’entraîner dans la salle d’entraînement d’excellence. Mais nos athlètes universitaires se retrouvent entre les deux. Ils sont considérés au même titre que le parascolaire.

Déception chez les jeunes hockeyeurs

À l’école Cardinal-Roy, les jeunes du programme sport-études hockey étaient sur la glace, jeudi après-midi, pour un entraînement masqué. Mais là aussi, l’absence d’annonce concernant des assouplissements des mesures sanitaires était accueillie durement.

Je suis extrêmement déçu pour les jeunes. En ce qui a trait au hockey, ça joue partout ailleurs. Dans les autres provinces canadiennes, aux États-Unis et en Europe. Et les jeunes ne sont pas fous, ils le voient aussi, explique le responsable du programme, Philippe Tremblay.

Un jeune hockeyeur porte un masque sous son casque.

Des hockeyeurs du programme sport-études de l'école Cardinal-Roy s'avouaient déçus, jeudi, de l'absence d'assouplissement des mesures sanitaires dans la pratique du sport.

Photo : Radio-Canada / Philippe Kirouac

Oui, on est chanceux au scolaire d’avoir pu recommencer à pratiquer depuis mardi, mais en même temps tu pratiques un sport pour jouer, poursuit-il.

Or, les hockeyeurs en sont à une troisième saison déroutée par la COVID-19. La première n’avait pas pu finir, en 2020, la suivante a été complètement annulée, l’hiver dernier, et celle de cette année semble en voie de l’être aussi si les mesures sanitaires perdurent.

Un jeune de 12-13-14 ans, son objectif de vie, c’est de s’épanouir à l’école et dans son sport, pas de sauver le système de santé. Là, on leur demande de se priver de sport et d’aller à l’école différemment pour sauver le système de santé. Ils n’ont pas demandé ça. [...] Je l’ai dit souvent, mais ces jeunes-là, ce sont vraiment les oubliés de la pandémie, déplore Philippe Tremblay.

Avec les informations de Jean-Philippe Martin

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