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Le délestage pourrait diminuer en Chaudière-Appalaches le 1er février

Des médecins procèdent à une chirurgie.

Le plan de délestage actuel du CISSS de Chaudière-Appalaches prévoit une réduction des chirurgies de 50 %. (Archives)

Photo : iStock

La pression commence tranquillement à diminuer dans les hôpitaux de Chaudière-Appalaches, où le nombre de lits occupés par des patients atteints de la COVID-19 tend à se stabiliser. Si la prudence demeure de mise, la situation est suffisamment encourageante pour entrevoir une reprise graduelle de certaines chirurgies à compter du mois prochain.

Je vous dirais que la situation commence à se stabiliser un peu. Sur nos quatre sites, on a une centaine de patients hospitalisés [...] C'est quand même une amélioration par rapport au pic qu'on a eu il y a deux, trois semaines, confie en entrevue à Radio-Canada la Dre Monique St-Pierre, directrice des services professionnels au CISSS de Chaudière-Appalaches.

Jeudi, l’organisme recensait 102 hospitalisations liées à la COVID-19, dont 14 aux soins intensifs. Il s’agit d’un bilan pratiquement identique à celui de lundi, qui faisait état de 104 hospitalisations, dont  7 aux soins intensifs.

Hospitalisations liées à la COVID-19, Chaudière-Appalaches, 20 janvier 2022

Établissement

Hors soins intensifs

Aux soins intensifs

Total des hospitalisations

Hôtel-Dieu de Lévis

39

9

48

Hôpital de Saint-Georges

29

2

31

Hôpital de Thetford Mines

10

2

12

Hôpital de Montmagny

10

1

11

Total

88

14

102

Actuellement, les hôpitaux de la région se situent au niveau 3 de délestage. Cela signifie que jusqu’à 50 % des chirurgies jugées non urgentes peuvent être reportées afin de libérer plus de lits et de personnel pour la prise en charge des personnes atteintes de la COVID-19.

Malgré la légère embellie observée au cours des derniers jours, le CISSS de Chaudière-Appalaches prévoit poursuivre son plan de délestage des activités hospitalières jusqu’au 31 janvier.

Ça fait seulement quelques jours qu’on voit une amélioration sur le plan des hospitalisations. Il faut que la tendance se maintienne pendant un certain temps avant qu’on puisse dire qu’on reprend les activités, explique la Dre St-Pierre.

Reprise graduelle

La situation sera réévaluée d’ici le 31 janvier. Si les choses se maintiennent, les chirurgies pourraient reprendre graduellement à compter du 1er février.

« On en est heureux. La pression diminue un petit peu, mais il faut quand même toujours suivre ça de façon très, très serrée tous les jours. »

— Une citation de  La Dre Monique St-Pierre, directrice des services professionnels, CISSS de Chaudière-Appalaches
Monique St-Pierre lors d’une entrevue en vidéoconférence.

La Dre Monique St-Pierre estime qu’il est encore trop tôt pour passer à un niveau de délestage inférieur des activités hospitalières en Chaudière-Appalaches.

Photo : Radio-Canada

Celle qui est responsable de l’organisation des services médicaux dans les établissements de Chaudière-Appalaches prévient que la reprise éventuelle des activités se fera progressivement.

Il faut y aller de façon graduelle parce qu’avec la COVID, c'est toujours un petit peu une boîte à surprises. Ça peut très bien aller une semaine ou deux, puis à un moment donné, oh, le nombre de cas augmente. C'est pour ça que normalement, quand on reprend les activités, on les reprend de façon graduelle, précise la Dre St-Pierre.

Qualité des soins

Au Québec, il a beaucoup été question, au cours des derniers jours, d’une possible redéfinition du seuil de qualité minimale des soins prodigués aux patients dans les hôpitaux afin de mieux affronter la cinquième vague de COVID-19. La sous-ministre adjointe à la Santé, la Dre Lucie Opatrny, a même évoqué l’idée d’offrir des traitements de qualité B plutôt que A +.

Le CISSS de Chaudière-Appalaches ne prévoit pas en arriver là. Monique St-Pierre assure que la qualité des soins n’a pas diminué dans les établissements situés sur la Rive-Sud, et ce, malgré la pression exercée par la COVID-19.

On va voir comment les choses vont évoluer avec la cinquième vague, mais je vous dirais qu’actuellement, toutes nos équipes travaillent à donner des soins de la plus grande qualité à nos patients, à notre population, affirme-t-elle.

Plan rapproché de Lucie Opatrny qui parle en gesticulant lors d'une conférence de presse.

La sous-ministre adjointe à la Santé, la Dre Lucie Opatrny, a récemment évoqué une éventuelle baisse du seuil de qualité minimale des soins prodigués aux patients. (Archives)

Photo : The Canadian Press / Paul Chiasson

Selon la Dre St-Pierre, la stabilisation de la courbe des hospitalisations va donner un petit peu d’oxygène au personnel et contribuer ainsi à maintenir la qualité des soins.

Soins bâclés?

Le président du Syndicat des professionnelles en soins de Chaudière-Appalaches (SPSCA-FIQ), Laurier Ouellet, n’est pas du même avis. Il affirme que la qualité des soins n’a fait que diminuer depuis le début de la pandémie en raison de la pénurie de personnel.

Avec la surcharge de travail, les soins sont moins bons. Nos membres sont vraiment à bout, ils sont fatigués. Ça fait en sorte que les soins sont effectivement moins bien donnés et que les coins sont tournés rond. Pas parce que nos infirmières et infirmières auxiliaires ne veulent pas le faire, mais parce qu'elles n'ont plus le temps de le faire, déplore M. Ouellet.

Laurier Ouellet lors d’une entrevue en vidéoconférence.

Laurier Ouellet affirme que la surcharge de travail a une incidence sur la qualité des soins offerts par le personnel du CISSS de Chaudière-Appalaches.

Photo : Radio-Canada

Pour maintenir la qualité des soins et continuer d’offrir à la population les services essentiels, notamment les chirurgies urgentes, le président du SPSCA-FIQ propose au CISSS de Chaudière-Appalaches de délaisser certaines activités.

Il cite en exemple des formations dispensées par les infirmières aux nouvelles mamans ou aux personnes voulant cesser de fumer, qui pourraient selon lui être mises de côté temporairement au profit des soins prodigués aux patients dont la vie est en danger.

Arrêter de fumer, conseiller les mamans, les choses de même, ce n'est pas essentiel [...] Il faut revenir aux services dont la population a vraiment besoin, insiste Laurier Ouellet.

Avec des informations de Pierre-Alexandre Bolduc

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