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Des voix réclament le retour des sports organisés pour les jeunes en Estrie

Les patins et les bâtons de jeunes joueurs de hockey sur une patinoire.

« On ne peut plus faire le choix de restreindre le sport » affirme une pédiatre.

Photo : Getty Images / joci03

La décision du premier ministre du Québec François Legault de maintenir le statu quo quant aux mesures sanitaires attise de plus en plus la grogne dans la population. En Estrie, des voix s'élèvent notamment pour réclamer le retour des sports organisés pour les enfants et les adolescents.

La pédiatre Marie-Claude Roy, qui siège aussi à l’Association des pédiatres du Québec, plaide pour que ce retour s'effectue dans les plus brefs délais. Elle soutient que le développement des jeunes est entravé par l’absence de sport.

Les jeunes se construisent à travers le sport. Au-delà de la santé psychologique, ils construisent leur personnalité à travers le sport, estime la Dre Roy.

Elle rappelle que c’est aussi à l'adolescence que les jeunes prennent de bonnes habitudes de vie.

Il faut garder en tête que cette cohorte de jeunes là est à l’âge où prend de bonnes habitudes en termes de sédentarité ou de vie active, de temps d’écran et d’alimentation, estime le Dre Roy.

« On sous-estime l’impact en termes de coûts de santé à long terme. Il y a des impacts. C’est urgent de reprendre les activités. »

— Une citation de  Dre Marie-Claude Roy, pédiatre au Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke
Un jeune adolescent joue à un jeu vidéo.

Selon la pédiatre, de plus en plus de jeunes délaissent le sport et adoptent des habitudes de vie sédentaires.

Photo : iStock

Depuis le début de la pandémie, elle a rencontré dans le cadre de ses fonctions des jeunes qui ont délaissé peu à peu le sport.

Par manque de motivation, j’ai de plus en plus de patients qui arrêtent leur sport. Ce n’est plus un effet temporaire. Leur trajectoire de vie est entravée. De la même façon qu'on ne peut plus tolérer que l’école soit fermée pour contrôler la pandémie, on ne doit plus tolérer que le sport soit freiné, estime le Dre Roy.

Autant la pédiatre que les associations sportives estiment qu'il est possible de reprendre les activités de façon sécuritaire. La Dre Roy admet que le risque zéro n'existe pas, mais que des mesures sont possibles pour les atténuer, comme en limitant les spectateurs ou en limitant la taille des groupes.

On ne peut plus comme société empêcher des jeunes de bouger de faire du sport dans la mesure qu’on peut le faire. On ne peut plus faire le choix de restreindre. On ne peut plus attendre de limiter le sport, croit la pédiatre.

« On ne peut plus faire ce choix de restreindre ça. »

— Une citation de  Dre Marie-Claude Roy, pédiatre au Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke
La pédiatre Marie-Claude Roy.

La pédiatre Marie-Claude Roy plaide pour le retour du sport chez les jeunes.

Photo : Radio-Canada

De nombreux sportifs en attente

Au Réseau de sports étudiants du Québec (RSEQ) Cantons-de-l'Est, les saisons en basketball, volleyball, futsal, natation et badminton sont suspendues depuis le 18 décembre, mettant sur pause 7000 étudiants inscrits dans une de ces activités parascolaires.

Aller à l’école, ce n'est plus juste aller aux cours. [Le sport] est un bel outil dans la réussite éducative de nos jeunes. Plusieurs jeunes restent à l'école pour pratiquer leur sport. J’ai vu plusieurs jeunes rester à l’école pour la pratique du sport et ensuite aller au collégial et à l’université, rappelle la directrice du RSEQ, Nathalie Beaupré.

Le volleyball fait partie des sports offerts dans la vocation sport-études au Triolet.

Pour l'instant, seuls les élèves en sport étude peuvent poursuivre les entraînements, mais ils ne peuvent pas faire de matchs.

Photo : Radio-Canada

Hockey Sherbrooke a pour sa part annoncé l’annulation du Tournoi de hockey midget junior qui devait avoir lieu au début du mois de février. Stéphane Dion, le directeur de Hockey Sherbrooke, expliquait que l'incertitude ne permettait pas à l'organisation de repousser l'événement.

Une fois cette décision prise, on prépare le retour au jeu pour compléter une saison qui n’est même pas rendue à la moitié, explique Stéphane Dion, ajoutant qu'il planche maintenant sur un scénario pour permettre des entraînements par group de deux, et souhaite également prolonger la saison. Il souligne également que jusqu'à présent, ce sont environ 45 % des matchs de saison régulière qui ont pu se dérouler.

Nous avons des pourparlers en ce sens avec la Ville de Sherbrooke. Nous voulons prolonger la saison jusqu’au mois de mai. Nous allons alors prioriser de finir les matchs de saison régulière, souligne-t-il.

Au Club de soccer le Mistral de Sherbrooke, le début des camps d'entraînement a aussi été repoussé, alors qu'ils devaient commencer ce samedi au Centre multisports Roland-Dussault.

Notre préparation de début de saison est retardée. Nous aimerions avoir un échéancier pour connaître le moment où l'on pourrait recommencer., signale Sheila Couture, la directrice technique.

« Nous ne pouvons attendre aussi longtemps que l’an dernier. Nos jeunes ont besoin de savoir. Nous devons remettre le sport en route. »

— Une citation de  Sheila Couture, directrice technique du Mistral de Sherbrooke
Un filet de soccer intérieur vide.

Ils sont nombreux à réclamer le retour du sport pour le bien-être des jeunes.

Photo : Radio-Canada / René-Charles Quirion

Les seuls sportifs qui réussissent à tirer leur épingle du jeu? Les élèves du secondaire inscrits en sport étude, qui peuvent s'entraîner en portant un couvre-visage. Les matchs sont pour le moment interdits.

La directrice technique du Mistral de Sherbrooke affirme que c'est la preuve qu’il est possible de revenir au jeu de façon sécuritaire.

Les jeunes le font sans problème au sport étude. Je ne verrais pas pourquoi ce ne serait pas possible pour le sport civil, souligne Sheila Couture.

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