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COVID-19 : une loterie pour déterminer quels patients recevront de rares médicaments

Une perfusion.

Le tocilizumab, l'un des médicaments utilisés pour contrer les effets sévères de la COVID-19, s'applique par perfusion.

Photo : iStock.com/contrail1

Radio-Canada

Le Réseau de santé de Scarborough (SHN), dans l’est de Toronto, a recours à un système de loterie pour déterminer qui parmi ses patients en soins intensifs pourra accéder à certains médicaments « cruciaux » contre la COVID-19.

Pour soigner les patients atteints du virus, les hôpitaux utilisent principalement un stéroïde largement disponible, la dexaméthasone.

Cependant, pour les formes les plus graves de la maladie, d'autres médicaments ont fait leurs preuves, comme le tocilizumab et le sarilumab, des anti-inflammatoires qui sauvent environ 5 % des patients qui y ont accès, explique le Dr Martin Betts, directeur médical des soins intensifs au SHN.

En ce qui concerne ces derniers, nous avons du mal à nous approvisionner, témoigne-t-il, étant donné l’étendue des besoins dans les différents hôpitaux à l’échelle mondiale due au variant Omicron.

Le Dr Martin Betts, dans un hôpital.

« Nous luttons tous les jours pour trouver une ou deux doses de tout ce que nous pouvons procurer à nos patients, car nous savons que cela peut faire une différence », témoigne le Dr Martin Betts, à Scarborough.

Photo : CBC

Alors, qui privilégier pour prescrire les médicaments capables d’augmenter les chances de survie? En d’autres termes, comment effectuer le triage?

Suivant les recommandations du Groupe consultatif scientifique sur la COVID-19 de l’Ontario, et pour nous assurer que nos biais implicites ne pèsent pas dans la sélection des patients, les hôpitaux de Scarborough appliquent un tirage au sort.

Chaque jour, des numéros sont attribués aux patients prioritaires puis placés dans un programme d'attribution aléatoire qui distribue les médicaments en fonction des approvisionnements.

« Lorsque vous avez six patients qui ont besoin d'un médicament salvateur et que vous devez en choisir un ou deux, c'est un énorme fardeau à porter. [La loterie] enlève une partie de cela et garantit un système équitable pour chacun. »

— Une citation de  Dr Martin Betts, directeur médical des soins intensifs au Réseau de santé de Scarborough

Dans une certaine mesure, cette loterie allège le fardeau de nos médecins, continue le Dr Betts, puisque ceux-ci ne sont pas amenés à faire des choix déchirants.

D'autres médicaments se font rares

D'autres médicaments, comme le remdésivir et le sotrovimab, manquent aussi. Pourtant, ils pourraient sauver des vies, rappelle l'urgentologue à l'hôpital torontois St. Michael's, Samuel Vaillancourt.

Pour un patient à haut risque qui commence à prendre ces médicaments tôt [après l'apparition de] ses symptômes, il y a un risque d'hospitalisation moindre. C'est sûr que c'est un médicament efficace qui peut réduire les hospitalisations, même aux soins intensifs, qu'on devrait offrir.

Des doutes sur l'approvisionnement en Paxlovid

On a dû prioriser ceux qui en reçoivent, déclare le Dr Jérôme Leis, du Centre des sciences de la santé de Sunnybrooke. C'est quelque chose qu'on va devoir vraiment adresser dans la prochaine année pour avoir un approvisionnement adéquat.

L’accès limité au Paxlovid, la nouvelle pilule de la pharmaceutique Pfizer censée prévenir efficacement les cas graves, suscite ainsi déjà des doutes chez les Drs Leis et Vaillancourt.

C’est une étape importante d’avoir des comprimés antiviraux à voie orale, c’est excellent, reprend Jérôme Leis. C’est l’avenir, mais le grand défi qu’on va avoir, ça va être l’approvisionnement de ces pilules.

Avec les informations de CBC News, et Natasha MacDonald-Dupuis

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