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Ottawa envisage un retour aux tests aléatoires pour les voyageurs aériens

Le dépistage obligatoire de toutes les personnes arrivant au Canada, imposé en décembre, devrait bientôt prendre fin.

Un panneau à l'aéroport de Montréal.

À court terme, le gouvernement Trudeau reverra sa politique de tester obligatoirement tous les voyageurs arrivant au Canada.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Critiquée de toute part depuis plusieurs jours, en raison notamment des longs délais de traitement pour l'obtention d'un résultat, l'imposition d'un test PCR de dépistage dans les aéroports canadiens devrait bientôt être une mesure du passé.

Selon les informations obtenues par Radio-Canada, le gouvernement de Justin Trudeau envisage de faire marche arrière et de revenir, rapidement, à l'instauration de tests aléatoires.

La décision finale n'est pas encore prise, mais, d'après une source fédérale très proche du dossier, c'est une question de semaines, voire de jours.

Cette mesure est entrée en vigueur au début de décembre. Ottawa voulait alors freiner la propagation du variant Omicron et décourager, dans le même temps, les voyages à l'extérieur du pays. Elle ne visait cependant pas les personnes provenant des États-Unis qui, elles, étaient testées aléatoirement.

De nombreux experts, dont Mona Nemer, la conseillère scientifique en chef de Justin Trudeau, ont récemment réclamé plus de souplesse à la frontière, en remettant en question l'efficacité d'une telle obligation visant des voyageurs déjà doublement vaccinés. Ces derniers doivent également fournir, avant l'embarquement, un premier test PCR négatif.

Les mesures en vigueur à la frontière doivent être adaptées à la réalité du terrain, a indiqué Mona Nemer, plus tôt cette semaine, en évoquant l'importante transmission communautaire du variant Omicron.

Des contrats critiqués

Ottawa est sous le feu des critiques depuis plusieurs jours.

Les entreprises privées, responsables de ces tests de dépistage, sont débordées. Les résultats peuvent prendre une semaine ou plus avant d'être envoyés. Durant cette période, les voyageurs doivent impérativement rester en isolement.

Dans le même temps, le gouvernement fédéral a renouvelé plusieurs contrats avec ces firmes et laboratoires. Le montant total de ces ententes s'élève, à l'heure actuelle, à 1,15 milliard de dollars, dont 448 millions pour l'entreprise Dynacare, qui peine à répondre à la demande à l'aéroport Montréal-Trudeau.

Ces informations ont provoqué l'ire des partis d'opposition, qui ont fustigé la mauvaise gestion d'Ottawa dans ce dossier.

L'Association du transport aérien international (IATA) a également envoyé une lettre ouverte au gouvernement, pour lui faire part de sa forte opposition envers l’exigence pour tous les passagers arrivant au Canada d’être testés pour la COVID-19 et de devoir s’isoler jusqu’à la réception de leurs résultats de test de dépistage.

« Cette mesure ne peut être justifiée ni d’un point de vue scientifique ni d’un point de vue de politique publique, sachant les réalités actuelles de la pandémie et les restrictions déjà mises en place par le gouvernement canadien. »

— Une citation de  Douglas Lavin, vice-président de l'IATA

Un taux de positivité de 2 %

Selon des données publiées par le gouvernement fédéral, près de 375 000 tests ont été effectués dans les aéroports canadiens, auprès de voyageurs adéquatement vaccinés, entre le 28 novembre et le 1er janvier. En moyenne, le taux de tests positifs est de 2,15 %.

L'isolement des voyageurs en suspens

Ces critiques, nous glisse-t-on, ont été entendues. On est conscient du consensus scientifique qui se dégage, dit-on.

« Depuis le début de la pandémie, c'est la première fois qu'on nous dit qu'on en fait trop à la frontière. »

— Une citation de  Une source fédérale

À l'heure actuelle, des discussions ont toujours lieu à ce sujet avec la santé publique fédérale, afin de déterminer les modalités et la date d'entrée en vigueur de ces nouvelles mesures.

Plusieurs questions restent à trancher. Par exemple, les voyageurs, qui seront testés aléatoirement, devront-ils rester en quarantaine en attendant leur résultat?

Avant le mois de décembre, cette obligation ne visait pas les personnes adéquatement vaccinées. Sur ce point, Ottawa semble être pris entre l'arbre et l'écorce, parce qu'il ne veut pas inciter les Canadiens à quitter le pays, alors que les voyageurs non essentiels ne sont toujours pas recommandés.

L'idée de donner des tests rapides aux voyageurs arrivant au Canada, comme cela a été proposé par des experts, paraît néanmoins écartée. Particulièrement à court terme.

Dans un contexte de pénurie mondiale, ce ne serait pas judicieux. Mais on verra à moyen terme, précise une source.

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