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Il y a de l’espoir pour les usines de pâtes et papiers, estime le ministre Fitzgibbon

La façade de l'usine de F.F. Soucy.

Le ministre estime qu'il reste de l'espoir pour les usines de pâtes et papiers comme celle de F.F. Soucy à Rivière-du-Loup, mais qu'il faut qu'elles se modernisent dans les bons créneaux (archives).

Photo : Radio-Canada / Patrick Bergeron

Le ministre de l'Économie et de l'Innovation, Pierre Fitzgibbon, estime que malgré le déclin de l'industrie des pâtes et papiers, il reste de l'espoir pour ces usines au Québec. Le ministre dit toutefois qu'elles doivent se reconvertir et trouver les bons créneaux. Pour ce faire, Québec est prêt à les accompagner.

En entrevue à l'émission Même Fréquence jeudi après-midi, Pierre Fitzgibbon ne s'est pas caché du fait que l'industrie du papier journal est en chute libre, mais il croit que la survie des usines comme celle de F.F. Soucy à Rivière-du-Loup est possible. Je pense qu'il faut dissocier vulnérabilité et fermeture, a-t-il dit.

Il estime que le groupe White Birch qui est propriétaire de cette usine est un groupe qui est très bien connu pour être proactif.

Le Groupe White Birch est un groupe sérieux. Puis, quand on regarde l'histoire de leur opération, ils ont toujours bien fait. Donc, je suis sûr qu'ils vont pouvoir trouver des projets intéressants parce qu'il y a quand même des débouchés intéressants, a soutenu le ministre.

Le ministre a expliqué que Québec était prêt à soutenir les entreprises de pâtes et papiers qui convertiront leurs activités vers une production dont l'avenir est plus sûr.

« Les copeaux que nous utilisons au Québec sont de qualité. Il faut juste trouver les bons créneaux. Le papier journal, c'est sûr qu'à un moment donné ça va être plus difficile. »

— Une citation de  Pierre Fitzgibbon, ministre de l'Économie et de l'Innovation

Il ajoute qu'il est primordial d'accomplir ces reconversions pour assurer le futur de l'industrie des pâtes et papiers, qui compte 60 000 emplois directs et environ 150 000 emplois indirects.

Je pense qu'il faut mettre un effort pour travailler avec nos entrepreneurs, être sûrs qu'on maintienne les emplois et les maintenir dans un environnement pérenne parce que c'est une chose de pouvoir l'opérer, mais si on pense que ça va fermer dans trois, quatre, cinq ans, c'est difficile pour les jeunes de se dire "on s'en va dans cette industrie-là", poursuit le ministre.

Un panier rempli de produits, notamment de rouleaux de papier toilette, dans un supermarché.

Les usines de papier journal peuvent notamment se convertir vers la production de papier tissu ou sanitaire (archives).

Photo : iStock / ozgurdonmaz

Pierre Fitzgibbon soutient que Québec est en discussion constante avec les différents propriétaires d'usines pour écouter leurs propositions de projets. On veut être là pour aider en amont s'il y a des projets structurants qui peuvent assurer une pérennité à l'opération. [...] Des marchés en déclin, ça ne veut pas dire qu'ils vont fermer, mais c'est sûr que la direction doit être aux aguets, avance le ministre.

Selon le ministre, malgré le fait que la décroissance de l'industrie du papier atteigne de 3 à 6 % par année, il reste du temps pour que les usines changent de vocation. Il y a du temps. Il y a quand même du journal qui va se consommer, d'autres papiers aussi. Donc, ce n'est pas demain matin. Ce n'est pas une crise existentielle, mais je pense que, comme gouvernement, on doit être attentif, affirme-t-il.

« Je pense que si l'on regarde les machines à papier du Québec, [...] on va probablement voir un 20-25 % des machines qui vont disparaître. »

— Une citation de  Pierre Fitzgibbon, ministre de l'Économie et de l'Innovation

Pierre Fitzgibbon soutient que les usines qui se sont récemment converties produisent désormais du papier tissu ou d'emballage. Il cite l'exemple de l'usine de papier de l'arrondissement de Brompton, à Sherbrooke, qui a été convertie pour produire, entre autres, du papier d'emballage et sanitaire.

Produits forestiers Résolu possède une usine de papier journal à Baie-Comeau.

L'usine de Produits forestiers Résolu à Baie-Comeau est à l'arrêt depuis maintenant près de deux ans (archives).

Photo : Radio-Canada / Benoît Jobin

Quelques usines du secteur des pâtes et papiers ont cependant suspendu leurs activités dans les deux dernières années au Québec, dont les usines de Produits Forestiers Résolu à Amos et à Baie-Comeau. L'usine de Thurso, en Outaouais, menace de fermer.

Quant à l'usine F.F. Soucy à Rivière-du-Loup, elle a dû cesser ses opérations pour de courtes périodes à quelques reprises au cours des dernières années.

Tirer plus du bois et des copeaux

Pierre Fitzgibbon estime que le Québec doit s'attarder à transformer davantage de bois et à tirer plus de produits de chaque arbre traité. Une bonne scierie versus une mauvaise scierie, ce qu'il reste de l'arbre, c'est du simple au double, précise-t-il.

« On doit faire un meilleur travail au Québec pour utiliser plus de bois dans nos infrastructures. »

— Une citation de  Pierre Fitzgibbon, ministre de l'Économie et de l'Innovation

On parle de numérisation, robotisation, des résidus, pour les changements climatiques, on parle de biocarburants. Moi, je pense qu'il faut, comme gouvernement, alimenter l'industrie puis dans les cas appropriés, intervenir pour pouvoir aider les conversions des usines vers des produits plus pérennes, souligne le ministre, en citant les exemples d'usines du Nord-du-Québec comme celles de Chibougamau ou de Chapais qui transforment le bois en structures plutôt qu'en traditionnels 2x4.

L'entreprise Chantiers Chibougamau.

L'entreprise Chantiers Chibougamau transforme annuellement 8 % de la forêt publique québécoise dans ses deux usines de Lebel-sur-Quévillon et Chibougamau.

Photo : Radio-Canada

Il ajoute qu'il faut trouver de nouveaux débouchés pour les copeaux, puisqu'ils sont de moins en moins acheminés vers les usines de papier qui produisent en moins grandes quantités qu'auparavant.

Le ministre croit que les copeaux et les résidus forestiers pourraient notamment servir à produire du biocarburant et que le bois et l'aluminium devraient être utilisés à plus grande échelle dans les constructions québécoises et canadiennes.

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