•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Les policiers de Saguenay interviennent à la pâtisserie Vite des péchés, à Jonquière

Stéphanie Hariot prépare des pâtisseries.

Stéphanie Hariot a ouvert la salle à manger de son commerce jeudi matin.

Photo : Radio-Canada / Claude Bouchard

Les policiers de Saguenay sont intervenus jeudi à la pâtisserie Vite des péchés, située à Jonquière, qui a rouvert sa salle à manger afin de protester contre les mesures sanitaires.

Se disant au bout du rouleau, la propriétaire de la pâtisserie située sur la rue Saint-Dominique, Stéphanie Hariot, a accueilli jeudi matin quelques clients dans sa petite salle à manger d’une dizaine de places, comme elle l’avait annoncé mercredi.

Le Service de police de Saguenay (SPS) est intervenu auprès du commerce après avoir reçu une dénonciation de la santé publique.

La commerçante aurait mentionné ne pas vouloir respecter son obligation de suspendre ses activités dans un restaurant ou une aire de restauration; de plus, la diffusion d’images dans les médias nous donnait les motifs de croire à la commission d’infractions aux décrets gouvernementaux, a indiqué le corps policier dans une déclaration transmise aux médias jeudi après-midi.

Les policiers ont établi l'identité de la propriétaire et de quelques clients qui consommaient des produits sur place. L’enquête se poursuit et aucun autre commentaire ne sera formulé, précise-t-on.

Plus tôt, jeudi, la santé publique avait indiqué à Radio-Canada qu’elle ne commenterait pas le dossier.

Trois hommes discutent à la table d'un restaurant.

Louis Hébert, Louis Cloutier et Jean-François Lagacé n'ont pas hésité à s'attabler au commerce Vite des péchés malgré les mesures sanitaires en vigueur qui interdisent l'ouverture des salles à manger.

Photo : Radio-Canada / Claude Bouchard

La ministre responsable du Saguenay-Lac-Saint-Jean et députée de Chicoutimi, Andrée Laforest, invite pour sa part les restaurateurs à la patience. Je suis tout à fait sensible pour la demande des restaurateurs, présentement. Je sais que c’est une situation difficile, cette pandémie-là, tout le monde a hâte que ce soit terminé, a-t-elle mentionné, en rappelant l’aide gouvernementale offerte aux restaurateurs et aux commerces touchés par les mesures sanitaires.

Elle lance un appel à la solidarité afin de soutenir le système hospitalier. Je demande d’être solidaire, je demande qu’on se tienne ensemble main dans la main, parce qu’il faut respecter les consignes de la santé publique, a-t-elle ajouté.

Rouvrir les salles à manger à 50 %

Dix places étaient disponibles jeudi dans la pâtisserie Vite des péchés, sur la capacité de 17 places habituelles. Quelques clients avaient décidé de prendre place aux tables de la salle à manger en signe de soutien à la commerçante, en avant-midi, lors du passage de Radio-Canada à la pâtisserie.

D’autres clients qui faisaient la file pour acheter des produits à emporter ont exprimé vouloir soutenir la pâtisserie, mais ne pas adhérer à la décision de la propriétaire de rouvrir la salle à manger en signe de protestation contre les mesures sanitaires.

La propriétaire Stéphanie Hariot a décidé d'appliquer jeudi les mêmes mesures sanitaires qui étaient en vigueur avant que Québec n’annonce la fermeture des salles à manger des restaurants le 30 décembre.

Stéphanie Hariot demande au gouvernement de rouvrir les salles à manger des restaurants à une capacité de 50 %, comme cela était le cas avant qu’elles ne soient fermées à la fin de décembre.

Laissez-nous travailler, laissez-nous gagner notre pain, laissez-nous pouvoir payer nos bills. Laissez-moi la chance de ne pas perdre ma maison, laissez-moi la chance de pouvoir continuer de contribuer à payer mes impôts pour sauver le système de santé, a-t-elle déclaré.

La propriétaire de la pâtisserie se défend d’être antivaccin ou d’adhérer à des théories complotistes, et souligne s’être toujours conformée aux mesures sanitaires depuis le début de la pandémie. Elle se dissocie également des propriétaires de restaurants qui souhaitaient rouvrir leurs salles à manger le 30 décembre (Nouvelle fenêtre) sans appliquer le passeport vaccinal.

En point de presse jeudi, le premier ministre du Québec, François Legault, a dit qu'il était trop tôt pour assouplir davantage les mesures.

Des amendes pouvant aller jusqu'à 6000 $

La fermeture des commerces le dimanche pour donner du répit aux propriétaires ayant des problèmes de main-d’oeuvre, une mesure qui a été en application jusqu’à dimanche dernier, a été la goutte qui a fait déborder le vase pour Stéphanie Hariot, elle qui travaille seule dans son commerce le dimanche.

Mais pendant ce temps-là, les McDonald’s, A&W, Tim Hortons de ce monde, eux, sont restés ouverts, et c’est eux qui ont le problème de staff. Alors là, un moment, non, non. Moi, c’est tout le monde dans le même bateau, ou pas personne, a-t-elle déploré.

La livraison et les commandes à récupérer au comptoir demeuraient toutefois une option possible pour les restaurants pendant les trois premiers dimanches de janvier où les commerces étaient fermés, précise-t-on, du côté du ministère de la Santé et des Services sociaux.

Le ministère rappelle que ces mesures ne sont pas des recommandations, mais des obligations. Elles sont mises en place pour protéger la santé de la population. Les commerces et restaurants sont tenus de respecter ces règles, sans quoi des sanctions pourraient s’appliquer, souligne-t-on dans un courriel transmis à Radio-Canada.

Toute infraction est passible d'une amende allant de 1000 à 6000 $ en vertu des dispositions pénales de la Loi sur la santé publique.

Des hommes commandent au comptoir du commerce.

Des clients se sont présentés à la pâtisserie Vite des péchés pour prendre un café à une table ou encore acheter des produits à emporter.

Photo : Radio-Canada / Claude Bouchard

La propriétaire estime que les mesures sanitaires n’ont plus de logique. À un moment, il faut que ça ait du sens, et il n’y en a plus, de sens. Quand il n’y a plus de logique pour moi, c’est là où je décroche, et je suis rendue désintéressée des conséquences.

Stéphanie Hariot, qui dit ne pas vouloir devenir dépendante de l'aide gouvernementale, soutient avoir besoin des revenus de sa petite salle à manger pour faire face à l’inflation et aux difficultés qu’elle traverse depuis la réouverture de sa pâtisserie au début de la pandémie, alors qu'elle venait de tout perdre dans un dégât d’eau.

Avec les informations de Claude Bouchard

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !