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Une entreprise de Québec poursuit sa lutte contre le blanchiment d’argent jusqu’aux É-U

Une salle de conférence chez Axes Network, à Québec.

L'entreprise Axes Network est basée à Québec, mais offre des produits dans plusieurs pays.

Photo : Axes

Une entreprise fondée à Québec multiplie les partenariats pour lutter contre le blanchiment d'argent dans les casinos. Le PDG d'Axes Network prononcera une conférence cette semaine devant des élus américains pour les aider à enrayer ces actes criminels.

L'objectif de l'entreprise est de rendre le joueur plus transparent, résume son PDG, Earle Hall.

Axes Network, dont le siège social est situé sur l'avenue Galilée, collecte principalement de l'information pour déceler ceux qui tentent de blanchir de l'argent dans les casinos. Cette information est récoltée entre autres grâce à une petite boîte connectée sur chaque machine à sous. Elle est ensuite stockée grâce à des technologies infonuagiques (Cloud) et de chaîne de blocs (Blockchain).

L'homme d'affaires Earl Hall devant des machines de vidéopoker.

Earl Hall, un entrepreneur de Québec

Photo : Radio-Canada

Les [joueurs] doivent fournir leur temps de jeu et le montant joué à chaque visite ainsi que le nombre de visites par année. Si ces derniers dérogent des informations fournies, ils seront bannis du casino automatiquement, dépendamment de la législation, vulgarise le PDG.

« Ceux qui n'ont rien à cacher ne craignent pas de se dévoiler.  »

— Une citation de  Earle Hall, PDG d'Axes Network

Pour l'instant, cette technologie n'est pas installée dans les casinos du Québec. Elle est toutefois présente sur environ 50 000 machines à sous situées dans 40 pays.

L'entreprise travaille aussi avec le gouvernement polonais, le leader mondial dans la protection des joueurs et des établissements de jeux, selon M. Hall.

Axes a récemment reçu 20 millions de dollars de la part d'investisseurs québécois, dont Desjardins et le gouvernement du Québec.

Prestigieuse conférence

Le 27 janvier, M. Hall prononcera une conférence à Washington intitulé The Future of Money, Governance and Law. Invité par la Global Governement Blockchain Association (GBA), le Québécois s'adressera à des élus du Congrès américain et des membres d'autres gouvernements, comme celui de l'Arabie Saoudite.

Le Congrès a mandaté la GBA pour leur fournir des recommandations dans leur lutte contre le blanchiment d'argent. Cela démontre, selon le PDG, d'une volonté politique de s'attaquer au problème.

« Depuis un an et demi, deux ans, aux États-Unis, c'est extrêmement intense parce qu'il y a vraiment une volonté politique fédérale pour éradiquer toute forme de blanchiment. L'industrie du jeu est un endroit facile pour blanchir de l'argent »

— Une citation de  Earle Hall, PDG d'Axes Network

Axes sera la seule entreprise d’envergure internationale de l’industrie du jeu invitée à prononcer un discours. On est très fier de représenter le Québec et le Canada, dit le PDG.

Blanchiment

Le blanchiment d'argent à travers les casinos est un phénomène bien documenté.

En juin 2021, à la suite d'une série de reportages sur la présence du crime organisé dans les casinos, le gouvernement du Québec avait accepté de renforcer les mécanismes de partage d'information entre Loto-Québec et les corps policiers sur les stratagèmes, typologies et techniques de blanchiment d'argent.

Des billets de devises canadiennes.

La pandémie de la COVID-19 a grandement détérioré la situation économique partout dans le monde.

Photo : Getty Images / joshlaverty

Présentement, il est encore possible d'utiliser de l'argent liquide dans les casinos de la province. Les montants en argent supérieur à 10 000 $ doivent toutefois être signalés au Centre d’analyse des opérations et déclarations financières du Canada (CANAFE).

En Colombie-Britannique, un rapport intitulé Dirty Money révélait en 2018 qu'au moins 100 millions de dollars avaient été blanchis dans les établissements de jeux de cette province. Ce rapport avait d'ailleurs poussé en 2019 le gouvernement Horgan à lancer une enquête publique sur le blanchiment d'argent.

L'entreprise Axes tente justement d'outiller les gouvernements pour remédier à ce problème.

Avec la croissance rapide des moyens technologiques de voler, blanchir et faire des activités illégales dans les casinos, les humains ne peuvent suivre la rapidité de l’évolution des activités illicites, prévient M. Hall.

Loto-Québec en réflexion

Loto-Québec confirme avoir eu des discussions avec l'entreprise de Québec. Ce fournisseur a été rencontré il y a quelques mois, tout comme nous rencontrons plusieurs autres fournisseurs, répond Renaud Dugas, porte-parole de la société d'État.

Bien que son produit soit intéressant, il s’intégrait mal aux technologies utilisées avec nos systèmes actuels, souligne toutefois M. Dugas, sans élaborer d'avantage.

Une personne dans un casino.

Une personne dans un casino

Photo : Associated Press / Julie Jacobson

Loto-Québec dit vouloir poursuivre sa collaboration avec le Centre d’analyse des opérations et déclarations financières du Canada, ses partenaires d’affaires et les corps policiers, et dit prendre le fléau très au sérieux.

Le PDG d'Axes Network est tout de même confiant pour un futur partenariat. La venue du nouveau PDG de Loto-Québec, l'année passée est extrêmement excitante pour Axes et beaucoup d'autres compagnies en technologie. À la base, c'est un technologue qui a très bien réussi sa carrière. Depuis son arrivée, on a des discussions pour savoir comment on travaille à travers la planète.

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