•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le développement industriel créerait une compétition entre carcajous et coyotes

Un carcajou assis dans la neige.

L'autrice principale de l'étude, Gillian Chow-Fraser, s'inquiète du manque d'information sur la population de carcajous en Alberta.

Photo : Liam Cowan/WCS Canada

Radio-Canada

En Alberta, le développement industriel aide les coyotes à s’établir dans les territoires des carcajous, malgré la réputation féroce de cette espèce rare de carnivores, selon une nouvelle étude.

Les routes et les profils sismiques [d’une zone] stimulent la concurrence entre les carcajous et les coyotes, affirme l’autrice principale de ce papier publié dans le journal scientifique Biological Conservation (Nouvelle fenêtre), Gillian Chow-Fraser.

Il s’agit, selon cette dernière, d’un exemple de l’impact de l'activité humaine sur un paysage et de ses conséquences pour tous les animaux qui y vivent.

Nous remarquons qu’elle change la communauté animale de plusieurs façons.

L'avantage aux coyotes

Gillian Chow-Fraser, ses collègues de l’Université Victoria et le gouvernement de l’Alberta ont examiné les données de 154 pièges photographiques de 2006 à 2008 et de 2011 à 2013 pour en tirer leurs conclusions.

L’étude analyse près de 2790 semaines de séquences capturées par les pièges photographiques.

Avec son équipe, Gillian Chow-Fraser a surveillé deux zones de l'Alberta en particulier : les territoires presque sauvages de la Willmore Wilderness, et celle, fortement touchée par les routes et des bandes défrichées provenant du développement forestier, énergétique et récréatif de Kananaskis.

D’habitude, l’habitat des coyotes et des carcajous diffère, et ces animaux n'ont pas d'interactions, indique Gillian Chow-Fraser. Mais cela change peu à peu à mesure que le développement humain se fraie un chemin dans la forêt boréale et les contreforts des Rocheuses.

Cela augmente les chances [que ces deux espèces] coexistent dans cette zone, précise Gilian Chow-Fraser. Les animaux sont trois fois plus susceptibles de se rencontrer au même endroit en une semaine sur les routes et les endroits défrichés qu’ailleurs.

Une concurrence féroce

Les carcajous étant des animaux féroces, Gillian Chow-Fraser ne pense pas que les coyotes désirent les affronter directement. Selon ce que constate l’étude, les coyotes profitent de leur nombre supérieur pour subtiliser les ressources sur lesquelles misent les carcajous pour subvenir à leurs besoins.

C'est une compétition pour les ressources et l’espace, résume la chercheuse.

Un coyote dans la neige.

Les coyotes auraient l'avantage du nombre contre les carcajous.

Photo : Edmonton Urban Coyote Project

Les autres prédateurs, par exemple les loups, les cougars et les ours n’ont pas ce problème, dit Gillian Chow-Fraser. Ces animaux se nourrissent différemment des carcajous sans leur imposer de concurrence.

Le carcajou est considéré comme un animal en manque de statistiques en Alberta. Le dernier recensement de la province sur cette population remonte à 20 ans, et le nombre de carcajous est estimé à moins de 1000.

La population albertaine [de carcajous] décline à rythme inconnu, affirme une fiche d’information du gouvernement albertain.

Une étude de 2020 de l’Association de conservation de l’Alberta pour le gouvernement provincial conclut qu’il n’existe aucune estimation concrète de la population de carcajous à travers la majorité de ses habitats.

En 2022, Environnement et Parc [Alberta] examineront les nouvelles informations [...] disponibles sur les carcajous pour déterminer si une évaluation de mise à jour devrait être effectuée sur leur situation, souligne un porte-parole du ministère, Jason Penner.

Avec les informations de Bob Weber de La Presse canadienne

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !