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Microsoft embarque dans le train du métavers

Un immeuble avec le logo de Microsoft.

Microsoft a évoqué le développement du métavers comme une des raisons expliquant l'acquisition d'Activision-Blizzard.

Photo : Reuters / Mike Blake

Agence France-Presse

On se souviendra peut-être de la méga-acquisition par Microsoft de l'éditeur de jeux vidéo Activision-Blizzard, pour 69 milliards de dollars américains (86,4 milliards de dollars canadiens), comme le début de la bataille entre géants du web dans le métavers.

Cet univers est présenté par plusieurs comme le futur d'Internet, un monde virtuel en 3D où les internautes pourront interagir au moyen d'avatars, de capteurs et d'autres accessoires capables de plonger l'être humain dans un univers parallèle au monde physique.

Microsoft y fait allusion à deux reprises dans son communiqué de presse sur le rachat d'Activision-Blizzard, en soulignant notamment, par une citation de son patron Satya Nadella, que l'industrie du jeu vidéo jouera un rôle clé dans le développement des plateformes du métavers.

L'homme parle sur scène lors d'une conférence.

Le patron de Microsoft, Satya Nadella

Photo : Getty Images / Sean Gallup

Des spécialistes rappellent que le métavers reste pour l'instant un concept assez flou et qu'il ne saurait justifier à lui seul une mégaopération comme le rachat d'Activision-Blizzard.

Nous verrons comment tout cela évoluera vers le métavers, mais ce n'est pas encore réalisé, a estimé le journaliste Tom Ffiske, rédacteur en chef de la publication spécialisée dans les réalités virtuelle et augmentée Immersive Wire.

La décision de Microsoft doit plutôt être vue comme un mouvement stratégique au sein de l'industrie du jeu, a-t-il indiqué.

Mais d'autres estiment que Microsoft fait en réalité un pari pour atteindre deux cibles : consolider sa position sur le marché du jeu vidéo et placer ses pions sur ce qui sera, peut-être, une nouvelle révolution numérique.

Microsoft ne ferait en cela que suivre Facebook, qui a changé son nom pour Meta l'année dernière en l'honneur de ce nouvel eldorado – potentiel – de la technologie.

Un seul ou plusieurs métavers?

Les conceptions entre les deux géants divergent toutefois. Facebook a évoqué un concept dans lequel les interactions ont lieu dans un espace unique. Microsoft a dépeint une vision plus éclatée du métavers.

Quand nous réfléchissons à ce que le métavers pourra être, nous estimons qu'il n'y aura pas un unique métavers, centralisé, a ainsi déclaré à la presse Satya Nadella après l'annonce du rachat d'Activision-Blizzard.

En fait, comme l'explique Theo Tzanidis, un professeur de marketing numérique à l'Université de l’Écosse de l’Ouest, chacun voit l'avenir à partir de sa position initiale.

Facebook veut doper à coup de technologies une plateforme déjà existante, celle de son réseau social et de ses presque trois milliards d'utilisateurs et utilisatrices.

Des écrans d'appareils affichent le logo de Meta.

Le groupe Facebook a changé de nom pour devenir Meta, pour souligner l'importance du métavers dans ses futures initiatives.

Photo : Getty Images / Leon Neal

Microsoft, de son côté, va plutôt devoir acheter en gros des morceaux de propriété intellectuelle déjà existante pour les rassembler de manière cohérente, en se servant de sa puissante infrastructure infonuagique (cloud) et de services aux entreprises.

Je ne serais pas surpris qu'une collaboration silencieuse émerge entre les différentes entités détenues par Microsoft, estime Theo Tzanidis.

D'autres géants tardent à annoncer leurs couleurs

Pour l'instant, les autres géants de la Silicon Valley n'ont pas dévoilé leurs stratégies sur le métavers. Google, Amazon et Apple ont gardé leurs distances, du moins publiquement.

Pour Tom Ffiske, Amazon est connu pour préparer soigneusement ses coups, et pourrait bien, en réalité, être déjà en train de travailler sur le sujet, attendant le bon moment pour annoncer ses intentions.

Scott Kessler, analyste au cabinet d'études américain Third Bridge, avance l’hypothèse que Microsoft a planifié son rachat alors que ses rivaux sont englués dans des défis légaux et réglementaires partout dans le monde.

Cela laisse pour l'instant, dans la bataille pour définir le métavers, deux géants et beaucoup de petites entreprises spécialisées sur des aspects précis du futur monde virtuel.

Tom Ffiske cite en exemple le développeur de solutions 3D Unity et le géant du jeu vidéo Epic Games.

Derrière les nombreux débats, remarque-t-il, des ingénieurs et ingénieures sont en train de bâtir discrètement les fondations de ce que sera le métavers.

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