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Le dossier de Johanne Johnson est officiellement clos

Johanne Johnson marche dehors entourée de ses procureurs.

Johanne Johnson était entourée de ses procureurs et de membres de sa famille lors de son arrivée au palais de justice de Percé, le 21 décembre dernier. (archives)

Photo : Radio-Canada / Roxanne Langlois

Le dossier de Johanne Johnson, qui avait été accusée d’avoir tué son mari James Dubé en 1998 à Grande-Rivière, est officiellement clos. Le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) n’entend pas porter en appel la décision qui a mené à son acquittement, prononcé avant les Fêtes.

Le 21 décembre, le juge de la Cour supérieure Carl Thibault a exclu du dossier la preuve récoltée dans le cadre de l'opération d’infiltration de type Mr Big intitulée Projet Esturgeon. Les aveux finaux de Mme Johnson obtenus avec cette technique controversée en font notamment partie.

Johanne Johnson dehors en gros plan.

Un nouveau procès a été ordonné en 2020. Johanne Johnson avait alors été libérée en attente de son second procès (archives).

Photo : Radio-Canada / Roxanne Langlois

Comme le ministère public n’a pas présenté d’autres preuves qui auraient pu être mesure de soutenir les accusations, Johanne Johnson a été acquittée. Le DPCP disposait toutefois d’un délai de 30 jours pour porter en appel la décision du tribunal, qui tient en 184 pages.

Qu'est-ce que la technique Mr Big?

Généralement utilisée dans les cas de meurtres non résolus, l'opération Mr Big est une opération d'infiltration au cours de laquelle des policiers se font passer pour les membres d'une organisation criminelle et font semblant de recruter le suspect afin de gagner sa confiance. Au fil des différents scénarios qui sont organisés, celui-ci se retrouve contraint d'avouer ses crimes passés pour pouvoir adhérer à cette fausse organisation.

Plusieurs procureurs ont parcouru le document afin d'évaluer les options pour la suite.

Me Annie Cyr, procureure-cheffe adjointe au bureau de l'Est-du-Québec du DPCP, rappelle que le juge Thibault a statué sur un abus de procédures de la part des policiers qui ont pris part au Projet Esturgeon.

Annie Cyr, procureur de la Couronne au palais de justice de Percé.

Me Annie Cyr, en entrevue avec Radio-Canada le 21 décembre dernier (archives)

Photo : Radio-Canada

Certains scénarios, certaines balises, outrepassaient l'arrêt Hart. Le juge l'a bien soulevé et a expliqué que, pour lui, l'opération a été trop loin considérant les vulnérabilités de Mme Johnson, souligne la procureure.

« Tout cela analysé, le ministère public en arrive à la conclusion que ce jugement-là ne comportait pas d'erreur de droit. »

— Une citation de  Me Annie Cyr, procureure-cheffe adjointe au bureau de l'Est-du-Québec du Directeur des poursuites criminelles et pénales

La Cour suprême a balisé, en juillet 2014, les paramètres entourant le recours à la méthode Mr Big dans l’arrêt Nelson Hart.

La défense est satisfaite

L’avocat de Johanne Johnson, Me Rodrigue Beauchesne, est heureux d'enfin fermer ce dossier. Selon lui, Johanne Johnson va pouvoir profiter, un petit peu, de sa vie. Il mentionne toutefois que les dernières années ont mis à rude épreuve sa santé mentale et physique.

« Vous savez, ça fait depuis juin 2013 qu'on travaille sur ce dossier. Elle a été arrêtée en juin 2013. Elle a fait quatre ans de détention. Je pense qu'aujourd'hui, c'est une très belle journée pour elle. »

— Une citation de  Me Rodrigue Beauchesne, avocat de Johanne Johnson
L'avocat de la défense, Rodrigue Beauchesne

L'avocat de la défense rappelle que Mme Johnson a été incarcérée pendant quatre ans.

Photo : Radio-Canada / Roxanne Langlois

L'avocat compte continuer de travailler afin que les opérations d'infiltration de type Mr Big soient déclarées illégales au Canada. Pour lui, il s'agit d'une pratique condamnable.

Une longue saga judiciaire

Le pêcheur James Dubé a été retrouvé mort d’une balle dans la nuque dans la résidence familiale de Grande-Rivière, en avril 1998. Sa femme était la dernière personne à l’avoir vu vivant ainsi que la principale suspecte des enquêteurs.

La Gaspésienne a été accusée du meurtre, 15 ans après les événements, au terme d’une opération de type Mr Big qui aura coûté près de 163 500 $ et qui s’est déroulée sur une période d’environ six mois. Au total, 51 scénarios ont été déployés du 6 décembre 2012 au 19 juin 2013.

Johanne Johnson avait été reconnue coupable de meurtre non prémédité et a été condamnée, en avril 2016, à la prison à perpétuité sans possibilité de libération conditionnelle avant 11 ans.

À l’été 2020, la Cour d’appel du Québec a toutefois ordonné la tenue d’un nouveau procès. Cette décision était motivée par une erreur de droit de la juge de première instance, Michèle Lacroix.

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