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Réouverture des bars et restaurants en Ontario : fébrilité chez les restaurateurs

Deux employés sont à l'oeuvre dans un petit restaurant.

L'Ontario permet la réouverture des bars et restaurants à la moitié de leur capacité (Archives)

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Radio-Canada

Il y a de la fébrilité chez les restaurateurs de l'Ontario. La réouverture des restaurants, officiellement annoncée jeudi, les réjouit. Ils pourront bientôt accueillir des clients dans leurs commerces, à 50 % de la capacité.

Les centres d'entraînement, les bars, les cinémas et les salles à manger des restaurants, notamment, pourront rouvrir le 31 janvier, mais le nombre de clients sera limité de moitié.

Le premier ministre ontarien Doug Ford a confirmé jeudi la levée de ces restrictions, en compagnie de sa ministre de la Santé, Christine Elliott, et du médecin hygiéniste en chef de l'Ontario, le Dr Kieran Moore.

Il a indiqué que la situation s'améliore. Doug Ford a cité, entre autres, le fait que les hospitalisations se stabilisent et que le taux de positivité des tests de dépistage PCR est à la baisse.

C’est une excellente nouvelle pour Gabrielle Boudin, directrice des opérations au restaurant North and Navy, à Ottawa.

Elle affirme que les clients pourront, sans crainte, fréquenter de nouveau les lieux. Les mesures de prévention sont en place: Les tables sont tellement espacées, ça donne beaucoup de place aux gens. J’imagine qu’on va aussi vérifier le passeport vaccinal. Elle ajoute que ce sera aussi sécuritaire pour les employés, qui portent toujours le masque.

Le restaurant a pu traverser la pandémie jusqu’ici grâce à la vente de mets à emporter.

Il est cependant clair que l’accueil de clients dans les salles à manger des restaurants pourra générer des revenus plus importants pour ces commerces fortement fragilisés depuis deux ans. Mais surtout, cette annonce marquera finalement un certain retour à la normalité, ce qui enthousiasme Gabrielle Boudin. La clientèle sera sûrement au rendez-vous, ajoute-t-elle.

« Quand on avait fermé et qu’on a rouvert après une quarantaine, nos places se sont remplies en une semaine. »

— Une citation de  Gabrielle Boudin, directrice des opérations au restaurant North and Navy

Claude Bonnet, propriétaire du Moulin de Provence, à Ottawa, lance un cri du cœur. On a besoin de revoir les gens au travail et les clients aussi parce qu’on est vraiment en panne. Il est temps que ça se remette en route.

L’homme d’affaires ajoute qu’en dehors des fins de semaine, il n’y a à peu près d’activité dans le Marché By, où son commerce a pignon sur rue. C’est un temps mort, dit-il, c’est comme si on avait eu une bombe nucléaire tombée ici.

Claude Bonnet

Claude Bonnet, propriétaire du Moulin de Provence (archives)

Photo : Radio-Canada

« Il y a une souffrance énorme chez les petites entreprises. Ce sont elles qui souffrent le plus. »

— Une citation de  Claude Bonnet, propriétaire du Moulin de Provence

Le restaurateur poursuit en affirmant que l’impact de la pandémie est de plus en plus grave sur les petites entreprises. On voit de plus en plus qu’il y a des restaurants qui ne rouvriront plus jamais, parce qu’ils sont incapables de supporter ça.

Il souhaiterait une aide gouvernementale mieux adaptée aux besoins des restaurateurs et des petits commerçants.

Besoin de plus de stabilité

À l'instar d'une majorité de restaurateurs, Dominic Lamarche, copropriétaire de deux établissements à Alfred et Plantagenet, dans l’est ontarien, souhaite la fin du yo-yo sanitaire. C’est ce côté-là qui est essoufflant laisse-t-il tomber. Je laisse aller 37 employés en me demandant s'ils vont revenir. On ne les blâme pas, poursuit-il.

Le restaurateur croit que les autorités doivent comprendre les principales préoccupations du milieu de la restauration.

« Je pense que [...] les deux plus grosses préoccupations sont la stabilité et mes employés. Je crois qu’il faut apprendre à vivre avec le virus, puis mettre des règles strictes [et] claires qu’on va suivre. Mais arrêter de fermer, ouvrir, fermer [puis] ouvrir nous aiderait beaucoup économiquement. »

Déception et découragement en Outaouais

De l'autre côté de la rivière de Outaouais, plusieurs entrepreneurs aimeraient que Québec emboîte le pas à Queen's Park.

Élaine Dupras, directrice générale de la Sporthèque de l’Outaouais, déplore la décision de Québec de garder fermés les centres d’entraînement. On n’a même pas une date, pas même un simple espoir d'ouverture pour les prochains jours ou même les prochaines semaines.

Élaine Dupras devant la Sporthèque.

Élaine Dupras, la propriétaire de la Sporthèque de Gatineau (Archives)

Photo : Radio-Canada / Jean-François Poudrier

La femme d’affaires avance que les élus ne démontrent pas beaucoup de considération envers l’industrie de la mise en forme et les centres d’activité physique.

« C’est un peu aberrant pour nous de fermer des centres d'entraînement alors qu'on essaie d’améliorer la santé des gens et d’éviter qu’ils se retrouvent à l'hôpital. »

— Une citation de  Élaine Dupras, directrice générale de la Sporthèque de l’Outaouais

Elle martèle que les centres d’entraînement sont très sécuritaires et ne sont absolument pas source d’éclosion. À preuve, en 20 mois d’ouverture pendant la pandémie, la Sporthèque n’aurait eu aucune éclosion, dit-elle.

La directrice avance qu’il y a eu un seul cas problématique dans l'industrie. C’était à Québec, et l’événement a été hautement médiatisé.

Stéphane Bisson, président chambre de commerce de Gatineau, est aussi déçu. « On est en train de dire aux citoyens de Gatineau : "Allez faire vos emplettes ou consommer vos repas de l'autre côté [de la rivière] plutôt que de le consommer à Gatineau" », lance-t-il.

Portait de l'homme devant un tableau illustrant des chapeaux et des feuilles d'érable.

Stéphane Bisson, président de la Chambre de commerce de Gatineau (Archives)

Photo : Radio-Canada

L’homme d'affaires est aussi préoccupé par l'endettement supplémentaire auquel des entreprises ont été confrontées pendant les derniers confinements. Il se dit sensible aux immenses défis du réseau de la santé, mais croit que le gouvernement devrait accorder un peu plus de latitude aux personnes vaccinées.

Avec les informations de Stéphane Leclerc, d'Ismaël Sy et de Denis Babin

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