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Moscou multiple les exercices militaires, tandis que Kiev reçoit plus d’armes

Un homme portant un uniforme blanc tachetée de noir fume une cigarette. En arrière-plan, trois autres soldats sortent d'une tranchée

Un soldat ukrainien prend une pause pour fumer, alors que des collègues sortent d'une tranchée, à Pisky, en Ukraine.

Photo : Getty Images / Brendan Hoffman

Radio-Canada

Alors que les diplomates s’échinent partout en Europe pour tenter d'empêcher une possible invasion de l’Ukraine par la Russie, Moscou a annoncé jeudi la tenue d’exercices navals de grande envergure, tandis que Washington a autorisé des pays baltes à livrer des armes américaines à Kiev.

Au total, plus de 140 navires de guerre et navires de soutien, plus de 60 avions, 1000 pièces d'équipement militaire et environ 10 000 militaires doivent prendre part aux exercices navals, a indiqué le ministère de la Défense, cité par les agences de presse russes.

Ces exercices auront lieu tant dans les eaux et les mers adjacentes au territoire russe et dans des zones océaniques à travers le monde importantes sur le plan opérationnel que dans les eaux de la Méditerranée, de la mer du Nord, de la mer d'Okhotsk, dans la partie nord-est de l'océan Atlantique et dans l'océan Pacifique.

L'objectif principal est de mettre en pratique les forces navales, aériennes et spatiales pour protéger les intérêts nationaux russes dans les océans du monde et pour contrer les menaces militaires contre la Russie depuis les mers et les océans, a expliqué le ministère de la Défense.

Moscou a également annoncé de prochaines manœuvres navales conjointes avec l'Iran et la Chine. Selon un responsable de la marine iranienne, elles se mettront en branle vendredi dans le nord de l'océan Indien sur une superficie couvrant 17 000 km2.

Il s’agira d’exercices de trois jours avec la participation de 11 unités maritimes de l'armée de l'Iran, 3 unités de la marine des Gardiens de la révolution, 3 unités de la Russie et 2 unités de la Chine, a indiqué à la télévision d'État le porte-parole de ces manœuvres l'amiral Mostafa Tajeddini.

Plus tôt cette semaine, la Russie et le Bélarus ont aussi annoncé des exercices impromptus de préparation au combat aux frontières.

Des armes en route vers l’Ukraine

Washington a de son côté approuvé les demandes de pays baltes d'expédier des armes de fabrication américaine à l'Ukraine, a déclaré jeudi un responsable du département d'État depuis Berlin, où le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken a amorcé une série d’entretiens sur l'Ukraine avec des homologues européens.

Les États-Unis accélèrent les transferts autorisés d'équipements d'origine américaine provenant d'autres alliés, a indiqué ce responsable. Les alliés européens disposent de ce dont ils ont besoin pour faire avancer l'assistance sécuritaire supplémentaire (à) l'Ukraine dans les jours et semaines à venir.

Une source familière des autorisations a précisé que l'approbation concernait les demandes urgentes de l'Estonie, de la Lettonie et de la Lituanie. Les quantités exactes et les types d'armes n'ont pas été précisés, mais les arsenaux des pays baltes comprennent notamment des missiles antichars Javelin.

Nous avons décidé d'envoyer des armes et d'autres aides (à l'Ukraine), a confirmé à l'AFP le ministre lituanien de la Défense, Arvydas Anusauskas, selon lequel cette démarche vise à dissuader la Russie de toute attaque.

L'histoire nous montre que faire des concessions à l'agresseur finit par aboutir à une grande guerre. Nous ne voulons pas de cela. Tout pays qui se défend doit avoir la possibilité de le faire, a ajouté le ministre.

Son homologue letton Artis Pabriks avait indiqué dès mercredi que son pays allait livrer à l'Ukraine des équipements de défense létaux et non létaux.

La première ministre de l’Estonie, Kaja Kallas, a aussi confirmé mercredi le soutien absolu à l'Ukraine, à qui elle pourrait livrer des obusiers (canons courts) de 122 mm et des missiles antichars Javelin, ainsi qu'un hôpital de campagne et une assistance contre les cyberattaques.

Kiev recadre le président Biden

À Kiev, le président ukrainien a sèchement commenté des propos tenus du président américain laissant entendre que Washington pourrait moduler sa réponse à une éventuelle agression russe en fonction de son ampleur.

La Russie sera tenue pour responsable si elle envahit – et cela dépendra de ce qu'elle fera. Une incursion mineure est une chose [...], mais si elle fait ce qu'elle est capable de faire [...], ce sera un désastre pour la Russie, a déclaré Joe Biden.

Devant le malaise créé par ces propos, la porte-parole de la Maison-Blanche, Jen Psaki, a corrigé le tir peu après en indiquant que tout mouvement des troupes russes entraînerait une réponse ferme. Si les forces russes franchissent la frontière ukrainienne, il s'agira d'une nouvelle invasion, et les États-Unis et nos alliés y répondront de manière rapide, sévère et unie, a-t-elle assuré.

Nous voulons rappeler aux grandes puissances qu'il n'y a pas d'incursions mineures et de petites nations. Tout comme il n'y a pas de victimes mineures et de petit chagrin après la perte d'êtres chers, a rétorqué sur Twitter le président Zelensky.

Plus tôt dans la journée, le premier ministre britannique Boris Johnson avait semblé envoyer un message similaire à Joe Biden.

N'ayez aucun doute. Si la Russie lance une incursion en Ukraine, quelle que soit sa forme ou son envergure, je pense que ce serait un désastre non seulement pour l'Ukraine, mais aussi pour la Russie. Ce serait un désastre pour le monde, a-t-il déclaré à la presse.

Londres soutient de façon inébranlable la souveraineté de l'Ukraine, a-t-il assuré.

Joe Biden a lui-même rectifié le tir, jeudi, en affirmant que toute entrée de troupes russes sur le territoire ukrainien serait considérée comme une invasion.

Disant avoir été absolument clair avec le président russe Vladimir Poutine, le président américain a déclaré : Si un groupe d'unités russes traverse la frontière de l'Ukraine, c'est une invasion.

Blinken sur le point de rencontrer Lavrov

Nous avons toujours été très clairs : tout franchissement par des forces militaires russes de la frontière ukrainienne pour y commettre de nouveaux actes d'agression contre l'Ukraine entraînera une réponse rapide et sévère des États-Unis, de nos alliés, a aussi souligné jeudi le secrétaire d'État américain Antony Blinken à l'issue d'un entretien à Berlin avec son homologue allemande, Annalena Baerbock.

Les Occidentaux agissent ensemble d'une seule voix lorsqu'il s'agit de la Russie. Cette unité nous donne de la force – une force, pourrais-je ajouter, que la Russie n'a pas et ne peut pas égaler, a aussi dit M. Blinken.

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, et le secrétaire d'État au ministère des Affaires étrangères britannique, James Cleverly, étaient aussi présents à Berlin pour discuter avec M. Blinken et Mme Baerbock.

Le secrétaire d'État américain s'est lancé dans une tournée diplomatique éclair pour s'assurer du soutien des Européens face à la Russie. Le point d’orgue de ce séjour doit avoir lieu vendredi, à Genève, alors que le chef de la diplomatie américaine rencontrera son homologue russe, Sergueï Lavrov.

Avec les informations de Agence France-Presse, Associated Press, et Reuters

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