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Coiffeuses et esthéticiennes manifestent pour la réouverture des salons

Plusieurs travailleurs autonomes disent que l'aide offerte par le gouvernement n'est pas suffisante.

Shelley McAnespy, qui a son propre salon de coiffure à Riverview, a organisé une manifestation contre les mesures sanitaires dans son industrie à Moncton, jeudi.

Shelley McAnespy, qui a son propre salon de coiffure à Riverview, a organisé une manifestation contre les mesures sanitaires dans son industrie à Moncton, jeudi.

Photo : Alexandre Silberman/CBC

Radio-Canada

Les travailleurs autonomes du Nouveau-Brunswick qui ont dû cesser d’offrir leurs services en raison des restrictions sanitaires en vigueur auront finalement droit à une aide financière provinciale. Toutefois, ils doivent répondre à des critères bien précis, trop stricts selon plusieurs intervenants.

Une quarantaine de coiffeuses, esthéticiennes et d'autres travailleuses de l'industrie ont d'ailleurs unis leurs voix, jeudi devant le palais de justice à Moncton. Elles revendiquent le droit de travailler et demandent au gouvernement du Nouveau-Brunswick de changer les règles du confinement.

Elles affirment qu'elles respectent toutes les mesures sanitaires et que leur travail est « essentiel » pour boucler leurs fins de mois.

Le gouvernement provincial offre des subventions aux travailleurs autonomes, mais certains se retrouvent entre deux chaises. S’ils font moins de 30 000 $ brut par année, ils ne sont pas admissibles à la subvention unique de 2000 $ annoncé jeudi. Et s’ils n’ont pas au moins deux employés, ils n'ont pas droit à la subvention de 10 000 $.

Une quarantaine de personnes ont participé à la manifestation, jeudi.

Une quarantaine de personnes ont participé à la manifestation, jeudi à Moncton.

Photo : Radio-Canada / Maria-Isabelle Noël

C'est facile de dire : ne pensez pas aux deux prochaines semaines. Mais quand travailler te permet de vivre, c'est long de rester à la maison à pleurer et à s'inquiéter de ses finances personnelles. Personne ne veut mendier auprès de la famille ou des amis. On m'a dit d'ouvrir une page de collecte de fonds, non! Je veux seulement travailler, explique l'organisatrice de la manifestation Shelley McAnespy.

Certains propriétaires de petites entreprises comptent défier les règles et poursuivre leurs activités. L’Association de cosmétologie du Nouveau-Brunswick a mis ses membres en garde en leur disant que s'ils agissent ainsi, leurs permis pourraient être suspendus ou même révoqués.

Un effort  qui ne va pas assez loin 

La Chambre de commerce Cap-Pelé/Beaubassin-Est s'est elle aussi dite déçue de l’annonce du gouvernement de Blaine Higgs quant à la subvention de 2000 $ offerte aux travailleurs autonomes, mercredi.

Selon le secrétaire de la chambre de commerce, Gilles Cormier, le gouvernement n’en fait pas assez, et surtout, a décidé d’exclure un bon nombre de travailleurs en établissant des critères d’admissibilité à l’aide financière trop sévères. Il affirme que le salaire de plusieurs travailleurs autonomes de sa région ne s’élève pas à ce montant.

On s’aperçoit que beaucoup de gens n’entrent pas dans les critères, surtout dans notre coin de Cap-Pelé, Beaubassin, la région de Shediac, on est plutôt une région rurale, dit-il.

Nathalie Legresley en entrevue zoom.

Nathalie Legresley est propriétaire d'un salon de soins au laser de Tracadie et affirme que plusieurs de ses collègues du milieu n'auront pas droit à cette subvention provinciale, car leur revenu annuel brut est plus bas que 30 000 $.

Photo : Radio-Canada

Un problème qui est aussi soulevé par Nathalie Legresley, une propriétaire d’un salon de traitements au laser à Tracadie. Elle souligne qu’un bon nombre de travailleurs ne sont pas admissibles à cette subvention.

Je vais te dire que si je parle pour moi c’est bon, mais si je parle pour les gens dans mon secteur en général, c’est pas une bonne nouvelle, parce qu’eux ne font pas 30 000 $ et plus par année, c’est ça le problème.

Gilles Cormier se questionne à savoir pourquoi le gouvernement a choisi d’exclure une partie de la population, plus vulnérable financièrement, du programme de subvention.

Si on va offrir de l’aide, il faut s'assurer que l’aide est pour tous les gens. Malheureusement, encore une fois, il paraît que c’est les plus pauvres qui en souffrent, et l’aide devrait venir en premier pour les personnes dans le besoin, lance-t-il.

« On est content de l’effort, mais on pense que l’effort ne va pas assez loin. »

— Une citation de  Gilles Cormier, secrétaire de la Chambre de commerce Cap-Pelé/Beaubassin-Est

Gilles Cormier affirme que la chambre de commerce appuiera ses membres et continuera de faire pression auprès du gouvernement dans ce dossier. Il espère que le gouvernement reverra ses critères d’admissibilité à la subvention.

Comme rapporté plus tôt cette semaine, certains travailleurs autonomes dans la province ont choisi de défier les règles et de ne pas fermer leur entreprise.

À cela, la Chambre de commerce Cap-Pelé/Beaubassin-Est affirme qu’elle n’encourage pas ce genre d’action. Gilles Cormier affirme cependant comprendre le désespoir des gens.

C’est bien facile de dire qu’on fait tous notre part quand on peut mettre du manger dans le frigo et qu’on peut payer nos factures, mais quand on ne peut pas….. Je prends toujours l’exemple de la famille monoparentale. [...] On n’encourage pas ce genre d’actions, mais on comprend d'où ça vient, dit Gilles Cormier.

Avec des informations de Pascal Raiche-Nogue, Maria-Isabelle Noël et de l’émission La matinale

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